Le bien-être du résident selon différentes perspectives
Le point de vue du directeur.
Récemment, quelques témoignages de directeurs de maisons de retraites m’ont replongée trois ans en arrière, lorsque mon quotidien était de veiller à ce que tout se passe pour le mieux dans mon home.
Et des images se sont bousculées, chargées d’émotions…
J’ai revu les moments de joie : satisfaction du travail bien accompli, remerciements des familles, sourires des résidents, félicitations des médecins et gratitude du personnel content de travailler pour et avec nous.
J’ai revu les fêtes, notamment les barbecues géants, qui rassemblaient résidents et familles, personnel et direction.
J’ai revécu le stress des périodes de facturations INAMI ou de préparation de contrôles…
J’ai revécu l’inquiétude des jours où des épidémies étaient menaçantes, et où ma seule préoccupation était de rencontrer les médecins et de suivre avec attention les actes infirmiers et l’évolution de l’état de santé des résidents.
A ces moments-là, la charge de stress était si lourde qu’il ne m’était pas possible d’écouter les plaintes du quotidien… Il m’arrivait même alors d’entrer par le garage ou le sous-sol afin de ne pas rencontrer les résidents ou les familles.
Chacun des actes posés était un acte chargé d’émotion…
Depuis le 20/12/1990, le rôle du directeur de maison de repos a été fixé légalement.
La loi a « mis en mots » notre vécu de chaque jour, elle a posé des cadres, elle a limité le temps d’empathie.
Elle prévoit une formation à l’issue de laquelle le Directeur est « formé » à faire face à de multiples tâches et responsabilités.
Appliquer la réglementation spécifique au secteur des maisons de repos. Assurer le respect des normes de sécurité et d’hygiène.
Proposer un projet de vie d’établissement qui repose sur la qualité de vie et l’épanouissement du résident en appréhendant les spécificités de la personne âgée.
Organiser les tâches, encadrer le personnel et stimuler sa motivation et veiller à sa formation continuée.
Mettre au point toutes les procédures administratives utiles, élaborer les budgets de fonctionnement de l’établissement (prix d’hébergement et services offerts).
Cette liste, incomplète, montre combien est complexe la tâche du directeur.
Se pose alors la question : Comment, alors qu’il est submergé par une charge administrative très lourde, le directeur arrive-t-il encore à gérer le bien-être du résident et l’atmosphère qui règne dans la maison ? Et cela en s’efforçant de ne pas tout « déléguer », afin que le patient puisse le rencontrer de temps à autre dans la maison ; afin, aussi, en faisant son tour, de reconnaître l’ambiance qui règne dans les couloirs : conversations sereines, silences éloquents mais aussi, parfois, cris, plaintes auxquels le personnel ne trouve pas toujours le temps de répondre sont les baromètres du bon fonctionnement de l’établissement.
L’harmonie de la maison dépend aussi de l’état émotionnel du personnel qui parfois se montre débordé, fatigué, voire démotivé … Et à qui il convient de rendre le sourire…par des sensibilisations au souci de l’autre, aux soins relationnels, par la mise en place de la Validation® Naomi Feil dans les contacts apportés aux personnes dites démentes….
Lorsque tout « tourne » et que l’on est secondé par du personnel motivé et content de se trouver là, on ressent une sérénité qui se répercute sur l’atmosphère de toute la maison.
D’une manière générale, le Directeur sait que, pour que règne dans sa maison l’harmonie et le bien être, il faut que les besoins des résidents soient satisfaits.
Besoins fondamentaux : être bien soignés, bien nourris, hydratés… afin d’éviter des hospitalisations pour déshydratations, fécalomes… ; bénéficier d’une alimentation saine et variée : les mets « comme à la maison » rassurent et accentuent souvent le bien-être des résidents.
Besoins de sécurité physique (les chutes sont fréquentes, la personne âgée perdant facilement l’équilibre, il est très important de veiller à sa sécurité corporelle afin d’éviter des interventions orthopédiques dont le post-opératoire est souvent très invalidant).
Besoins de reconnaissance.
Etre connu et reconnu : il est important pour le confort du résident d’être connu et reconnu par le directeur de la maison. Lorsqu’un résident est salué par son nom ou reçoit une visite personnalisée du directeur cela contribue fortement à le renarcissiser. On peut espérer qu’aujourd’hui, ils deviennent de plus en plus rares, les directeurs qui n’arrivent pas à mettre un nom sur un visage, pire, qui ne connaissent leurs résidents que sous un numéro de facturation ou par l’intermédiaire de la personne responsable des paiements.
Etre entendu – et aimé – est également une des priorités de la personne âgée : l’attention et la patience du personnel permettent d’éviter les comportements perturbateurs qui trouvent souvent écho chez les personnes dites « encore bien » qui se mettent elles aussi à se plaindre…
Besoins d’être informés : la bonne organisation du travail, la cohérence et l’information ont une répercussion sur le confort des résidents (ils se sentent rassurés lorsqu’ils connaissent, par exemple, le jour du bain, l’heure où on viendra les laver …).
Besoin de donner un sens à sa vie en participant au projet de vie de l’établissement.
Je reste convaincue que le bien-être du résident repose sur l’ambiance chaleureuse, respectueuse et conviviale qui anime la maison de repos où il est hébergé.
Ce bien-être sera souvent généré par l’attitude du directeur.
Véritable chef d’orchestre, il traite toute personne qu’il rencontre, âgée ou non, avec humanité et respect.
Un vieil adage ne dit-il pas que l’on récolte ce que l’on sème ? En matière de relations bienveillante entre personnes, le fait de montrer l’exemple par une attitude d’écoute et de respect entraînera des émules à la fois dans le personnel mais aussi entre les résidents et les familles.
Solange GOFFIN
Formatrice en Validation® et en soins relationnels.
Accompagnatrice de soignants en institution.
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