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La métamédecine au service des souffrances émotionnelles de la personne âgée

Mardi 10 juin 2008

Qu’est la métamédecine® ?

Le mot métamédecine® est formé du préfixe grec « méta » qui signifie «aller au-delà ».
Au-delà du conscient, il y a l’inconscient.
Au-delà de la peur, il y a l’amour.
Au-delà de du connu, il y a l’inconnu.
Au-delà de la mort, il y a la vie.
Au-delà de la souffrance, il y a le bonheur.
Au-delà de la médecine, il y a la métamédecine®.

Comparant l’individu à un iceberg, la médecine serait le soignant de la partie visible de l’iceberg qui traite les symptômes, les douleurs et les anomalies telles les infections, par des traitements sur l’agent causal (tels les virus, les microbes)… La métamédecine® quand à elle, serait le soignant de la partie immergée de l’iceberg, qui traite ce que l’on ne voit pas, ce qui est bien souvent inconnu, de l’ordre de l’inconscient niché dans la mémoire émotionnelle. Elle tente de découvrir ce qui a donné naissance à la maladie, aux troubles, à l’inconfort de vie.
Claudia Rainville docteur en microbiologie médicale est la créatrice de la métamédecine®. Conférencière internationale et psychothérapeute chevronnée, elle a bénéficié des enseignements des plus grands maîtres.
Pour avoir elle-même expérimenté la souffrance et la maladie elle navigue avec aisance au milieu de la plus grande souffrance humaine… Pédagogue hors pair elle partage à ses apprenants ses expériences de vie en toute simplicité et avec beaucoup de compassion pour l’humain.

La métamédecine® ne fait pas de diagnostic, ne prescrit pas de médicament et ne propose aucun traitement.
Elle axe son intervention sur le domaine émotionnel en aidant les personnes qui le désirent à se libérer d’émotions qui les font souffrir par le biais du développement de désordres d’ordre psychosomatiques.

La médecine traditionnelle n’hésite pas à reconnaître que 80% des maladies sont d’origine psychosomatique. C’est sur cette facette de la maladie que la métamédecine® intervient.

Ces deux approches sont complémentaires. En rejeter une par rapport à l’autre reviendrait à sacrifier un hémisphère de notre cerveau au profit de l’autre.

La spécificité de l’approche de le métamédecine® est qu’elle travaille de façon inductive, sans donner d’interprétation à ce que vit la personne mais en l’aidant à découvrir d’elle-même, à son rythme ce qui, au-delà de son conscient, lui crée de la souffrance.

Cette approche thérapeutique amène les individus à se reconnecter avec des émotions profondément enfouies qui, crues oubliées, dirigent encore leur comportement de vie depuis de très longues années. La personne est invitée à aller « retrouver  son enfant intérieur » qui est (ou à cru être) blessé, à accueillir cette part de soi blessée pour, tel un petit enfant, la rassurer, l’apaiser, la guérir et l’aider à grandir. Le thérapeute, en aidant au déroulement de ce processus, amène la personne à se guérir elle-même des maux, qu’elle a pu mettre en place en remplacement des mots, dans sa psyché et/ou dans son corps.

J’ai effectué de nombreux stages de métamédecine® et suis devenue aujourd’hui « personne ressource ». Dans mon travail quotidien, j’ai tenté d’expérimenter ces principes auprès des personnes âgées. je me suis demandé comment cette approche pouvait être d’une utilité thérapeutique chez les personnes âgées et en particulier institutionnalisées.
Comment la métamédecine® peut aider ces personnes à se délester de ces poids qu’elles traînent parfois depuis si longtemps.

J’ai pu expérimenter cette approche auprès de personnes souffrant de mal être profond et ayant encore toutes leurs facultés mentales.

Des personnes traînant un mal de vivre, souvent réactivé par le placement en institution, ont pu découvrir que ce mal profond était lié à une émotion forte déjà vécue par le passé et souvent occultée.

Je vous partage deux expériences relevées parmi d’autres.

Madame J. née en 1920, se trouve régulièrement confrontée à un terriblement état de tristesse et de colère pour « des détails de rien du tout » dit elle.
Aujourd’hui elle a 88 ans, placée en maison de repos, elle semble satisfaite de ce placement car dit-elle : « C’est moi qui ai décidé de me placer après avoir mûrement réfléchi à la question, c’est une aubaine de pouvoir m’offrir ce luxe, je n’aurais jamais voulu être à la charge de mes enfants… Je suis en bonne santé, à part ces vieux genoux qui me font souffrir trop souvent ».
Et pourtant, elle se sent souvent triste, très triste et à la question de savoir si c’est le fait de vieillir qui la perturbe elle répond : « Oh, non, ce n’est pas vieillir qui me rend triste car je suis encore bien pour mon âge et je ne me sens pas vieille du tout » !
Bien qu’entourée affectueusement par ses deux filles et ses trois arrières petits enfants, elle se met parfois en colère sans raisons apparentes, le personnel la qualifie de lunatique, de soupe au lait et d’éternelle insatisfaite tant elle sait parfois se montrer exécrable avec son entourage !
Madame J. surfe ainsi entre des accès de colère incompréhensibles et de profonds moments de grande tristesse…Serait-ce un début de démence  ou simplement les aléas du grand âge avec ses ambivalences de sentiments ? La question est posée ! Au médecin d’en décider…

C’est devant ce « tableau » que je rencontre madame J…
Je l’écoute avec compassion et empathie, présente à elle, sans jugement, sans interprétation. Ensuite, comme à la fin de chacune de nos rencontres elle se lâche dans un profond soupir, son regard déconnecté du mien, comme plongée dans le vague.
« Voilà…Chaque fois que je suis un peu contrariée, je me retrouve dans cette colère contre tous et puis je ressens une grande détresse qui ne me quitte pas facilement, je pleure beaucoup…Je n’étais pas comme cela avant, moi si douce, calme, gentille, toujours d’accord avec tout le monde » dit elle.
Nous nous revoyons plusieurs fois et lorsque le lien de confiance fut créé, nous découvrons que ces émotions se sont déjà manifestées par le passé avec la même intensité !
Avec l’aide des clés de la métamédecine®, la vieille dame se reconnecte à ce moment de vie où cela avait été très dur et si douloureux pour elle.
Après un moment de relaxation, nous « retournons » au moment de la libération en 1945, elle visualise le retour des soldats sur la place du village cherchant désespérément son amoureux parti depuis 4 ans… Elle réalise combien aujourd’hui, 63 ans plus tard, elle a gardé en elle cette colère envers ce fiancé jamais revenu d’Allemagne après la guerre, combien elle lui en veut encore du fond de ses tripes ne n’être pas revenu et de l’avoir abandonnée et laissée seule sans aucune nouvelle avec tout cet amour qu’elle avait à lui donner! Cette tristesse ravalée à l’époque et gardée enfouie durant de nombreuses années est aujourd’hui régulièrement « ravivée » par des détails de la vie courante repoussant sur le  bouton « abandon » !
Elle a pu faire le chemin : Retrouver ce fiancé, lui dire tout ce qui la meurtrit depuis tout ce temps pour enfin lui pardonner et le laisser partir…
Madame J. m’a dit avoir ressenti au plus profond d’elle-même presque instantanément, combien elle avait porté ce poids en elle toutes ces années, combien elle avait enfoui ces émotions de tristesse et de colère et combien aujourd’hui, elle éprouve le besoin vital de s’en libérer.
Garder toutes ces émotions risque d’entraîner la personne dans un de glissement dépressif si dangereux chez les personnes de cet âge.
Un vieil adage dit que ce qui est dit fleurit…et ce qui n’est pas dit pourrit !
Aujourd’hui, ses filles me rapportent que depuis peu, leur maman a changé :  «Maman se met moins souvent en colère pour des riens, elle nous semble moins triste et elle a même demandé une photo de son petit fils para commando pour garnir sa chambre (!) … Je ne comprends pas, maman qui était si « anti-armée » elle qui n’avait jamais approuvé, Dieu sait pourquoi, que son petit fils soit militaire de carrière voilà maintenant qu’elle voulait une photo de lui et en uniforme militaire en plus … Comme on change en vieillissant, hein, madame! »

J’ignore si on change…ce qui change, c’est « le film imprimé dans la mémoire émotionnelle » il change en lui donnant une nouvelle compréhension !
Et qui sait ? Peut-être que ses vieux « je-nous » se feront sentir eux aussi moins douloureux à l’avenir !

Laissez moi vous partager encore l’histoire de monsieur E. :
Veuf, sans enfant, institutionnalisé depuis de nombreuses années. Toujours calme, gentil, serviable et attentionné il est apprécié de tout le monde. Il ne souffre d’aucune pathologie particulière, à part un vieil eczéma suintant au niveau des mains et du front.
Il présente depuis quelques semaines un comportement un peu « déplacé » à l’égard des jeunes soignantes qui viennent faire sa toilette. Il est méprisant parfois insultant, il dit qu’elles n’ont que des idées vicieuses à son égard et que derrière son dos, elles rient de lui… il refuse qu’on le lave et promet qu’il se plaindra à son médecin. Le médecin émettra l’hypothèse d’un début de syndrome démentiel sénile et lui administrera quelques petites gouttes pour le calmer avant de faire sa toilette.

Sensibilisée par cet « évènement », je propose de rencontrer monsieur E. avant de mettre en place ce traitement de neuroleptiques, ce qui m’est accordé sans grande conviction « Quel est l’intérêt d’aller parler avec un vieux qui commence à perdre ses bois et têtu de surcroît…Mais, si cela peut lui faire du bien et se réconcilier avec les tabliers blancs…pourquoi pas » ?

Après avoir écouté ses revendications avec beaucoup de compréhension et de respect, monsieur E. m’a confié qu’il ne supporte pas être touché car à son âge il trouve que c’est franchement dégradant !
Ensemble et avec les clés de la métamédecine®, nous relions ce ressenti, qui lui faisait dire et poser des actes regrettables auprès du personnel de soins, à une équation qu’il avait gravé dans sa mémoire émotionnelle alors qu’il était petit garçon et qui ressemblait un peu à : Bain en public = dégradant.

Il se souvient d’une situation dégradante où, à l’âge de 7 ans, sa mère l’obligeait régulièrement à se laisser laver nu dans la grande bassine en zinc devant le poêle et cela devant ses frères et sœurs passés au bain avant lui… Il me confia qu’il se sentait à chaque fois dégradé et humilié car les grands se moquaient de son « petit kiki ». Mais la plus grande frustration dont il se souvienne qui lui fait monter de la colère encore aujourd’hui : c’est que sa mère, au lieu de le défendre, l’exhibait de plus belle pour faire rire la fratrie. Elle lui écartait de force ses petites mains qui tentaient de cacher son intimité et lui mettait du savon dans les yeux… Ses pleurs et ses pertes d’équilibre dans l’eau faisaient rire de plus belle les aînés !
« Je me souviens, dit il, avec une voix remplie d’émotion, que si j’avais osé émettre le moindre signe de rébellion, j’aurais été battu et grandement secoué » !

Il me confie encore, les larmes plein la voix, qu’il n’a pas pu avoir d’enfant et que, depuis toujours, sans même passer d’examen médicaux, il avait eu l’intime conviction que c’était lui qui ne savait pas en avoir !

Aujourd’hui, à 92 ans, confronté à ces regards de femmes sur son anatomie, il reconnecte inconsciemment cette blessure enfouie au fond de lui comme un mécanisme automatique.

Grâce aux clés de la métamédecine®, nous avons pu aller retrouver ce petit garçon dans la bassine, humilié devant ses frères et sœurs, et leur dire TOUT ce qui lui tenait à coeur et surtout dire à la maman combien il était en colère et déçu d’elle d’avoir agi de la sorte avec lui.
L’étape suivante a été de redonner une nouvelle compréhension à cet épisode du film de sa vie imprimé dans sa mémoire émotionnelle pour pardonner et se libérer de ce poids devenu si lourd à porter aujourd’hui…

Depuis quelques jours monsieur E. accepte de se laisser laver par les soignantes qui, sensibilisées à cette blessure ancienne, sont particulièrement attentives au respect de son intégrité. C’est avec beaucoup de tact et de douceur qu’elles parviennent à lui faire prendre une douche de temps en temps… sans gouttes neuroleptiques apéritives !
Son eczéma qui s’amplifiait en période de « crise de refus » et qui, probablement était un signal du corps qui disait « ne me touchez pas », a lui aussi régressé significativement…

Voici deux exemples où la métamédecine® mise au service des souffrances émotionnelles des personnes âgées a pu soulager ces souffrances et entraîner des améliorations du comportement.

En effet, tant que l’on n’est pas conscient de ce qui crée nos souffrances, il est bien difficile de s’en libérer pour vivre en paix et en harmonie et comme dit le vieil adage « mieux vaut tard que jamais ! »

Pour conclure, on peut affirmer que la métamédecine® est un outil privilégié qui permet aux personnes âgées aussi de vivre en conscience et en harmonie.

Solange GOFFIN
Mai 2008