Archive pour la catégorie ‘Bien-être’

Le bien-être du résident selon différentes perspectives

Lundi 22 juin 2009

Le point de vue du directeur.

Récemment, quelques témoignages de directeurs de maisons de retraites m’ont replongée trois ans en arrière, lorsque mon quotidien était de veiller à ce que tout se passe pour le mieux dans mon home.

Et des images se sont bousculées, chargées d’émotions…

J’ai revu les moments de joie : satisfaction du travail bien accompli, remerciements des familles, sourires des résidents, félicitations des médecins et gratitude du personnel content de travailler pour et avec nous.
J’ai revu les fêtes, notamment les barbecues géants, qui rassemblaient résidents et familles, personnel et direction.

J’ai revécu le stress des périodes de facturations INAMI ou de préparation de contrôles…
J’ai revécu l’inquiétude des jours où des épidémies étaient menaçantes, et où ma seule préoccupation était de rencontrer les médecins et de suivre avec attention les actes infirmiers et l’évolution de l’état de santé des résidents.
A ces moments-là, la charge de stress était si lourde qu’il ne m’était pas possible d’écouter les plaintes du quotidien… Il m’arrivait même alors d’entrer par le garage ou le sous-sol afin de ne pas rencontrer les résidents ou les familles.

Chacun des actes posés était un acte chargé d’émotion…

Depuis le 20/12/1990, le rôle du directeur de maison de repos a été fixé légalement.
La loi a « mis en mots » notre vécu de chaque jour, elle a posé des cadres, elle a limité le temps d’empathie.
Elle prévoit une formation à l’issue de laquelle le Directeur est « formé » à faire face à de multiples tâches et responsabilités.
Appliquer la réglementation spécifique au secteur des maisons de repos. Assurer le respect des normes de sécurité et d’hygiène.
Proposer un projet de vie d’établissement qui repose sur la qualité de vie et l’épanouissement du résident en appréhendant les spécificités de la personne âgée.
Organiser les tâches, encadrer le personnel et stimuler sa motivation et veiller à sa formation continuée.
Mettre au point toutes les procédures administratives utiles, élaborer les budgets de fonctionnement de l’établissement (prix d’hébergement et services offerts).
Cette liste, incomplète, montre combien est complexe la tâche du directeur.

Se pose alors la question : Comment, alors qu’il est submergé par une charge administrative très lourde, le directeur arrive-t-il encore à gérer le bien-être du résident et l’atmosphère qui règne dans la maison ? Et cela en s’efforçant de ne pas tout « déléguer », afin que le patient puisse le rencontrer de temps à autre dans la maison ; afin, aussi, en faisant son tour, de reconnaître l’ambiance qui règne dans les couloirs : conversations sereines, silences éloquents mais aussi, parfois, cris, plaintes auxquels le personnel ne trouve pas toujours le temps de répondre sont les baromètres du bon fonctionnement de l’établissement.

L’harmonie de la maison dépend aussi de l’état émotionnel du personnel qui parfois se montre débordé, fatigué, voire démotivé … Et à qui il convient de rendre le sourire…par des sensibilisations au souci de l’autre, aux soins relationnels, par la mise en place de la Validation® Naomi Feil dans les contacts apportés aux personnes dites démentes….

Lorsque tout « tourne » et que l’on est secondé par du personnel motivé et content de se trouver là, on ressent une sérénité qui se répercute sur l’atmosphère de toute la maison.

D’une manière générale, le Directeur sait que, pour que règne dans sa maison l’harmonie et le bien être, il faut que les besoins des résidents soient satisfaits.
Besoins fondamentaux : être bien soignés, bien nourris, hydratés… afin d’éviter des hospitalisations pour déshydratations, fécalomes… ; bénéficier d’une alimentation saine et variée : les mets « comme à la maison » rassurent et accentuent souvent le bien-être des résidents.
Besoins de sécurité physique (les chutes sont fréquentes, la personne âgée perdant facilement l’équilibre, il est très important de veiller à sa sécurité corporelle afin d’éviter des interventions orthopédiques dont le post-opératoire est souvent très invalidant).
Besoins de reconnaissance.
Etre connu et reconnu : il est important pour le confort du résident d’être connu et reconnu par le directeur de la maison. Lorsqu’un résident est salué par son nom ou reçoit une visite personnalisée du directeur cela contribue fortement à le renarcissiser. On peut espérer qu’aujourd’hui, ils deviennent de plus en plus rares, les directeurs qui n’arrivent pas à mettre un nom sur un visage, pire, qui ne connaissent leurs résidents que sous un numéro de facturation ou par l’intermédiaire de la personne responsable des paiements.
Etre entendu – et aimé – est également une des priorités de la personne âgée : l’attention et la patience du personnel permettent d’éviter les comportements perturbateurs qui trouvent souvent écho chez les personnes dites « encore bien » qui se mettent elles aussi à se plaindre…
Besoins d’être informés : la bonne organisation du travail, la cohérence et l’information ont une répercussion sur le confort des résidents (ils se sentent rassurés lorsqu’ils connaissent, par exemple, le jour du bain, l’heure où on viendra les laver …).
Besoin de donner un sens à sa vie en participant au projet de vie de l’établissement.

Je reste convaincue que le bien-être du résident repose sur l’ambiance chaleureuse, respectueuse et conviviale qui anime la maison de repos où il est hébergé.
Ce bien-être sera souvent généré par l’attitude du directeur.
Véritable chef d’orchestre, il traite toute personne qu’il rencontre, âgée ou non, avec humanité et respect.

Un vieil adage ne dit-il pas que l’on récolte ce que l’on sème ? En matière de relations bienveillante entre personnes, le fait de montrer l’exemple par une attitude d’écoute et de respect entraînera des émules à la fois dans le personnel mais aussi entre les résidents et les familles.

Solange GOFFIN
Formatrice en Validation® et en soins relationnels.
Accompagnatrice de soignants en institution.

Le bien-être en maison de repos selon différentes perspectives (III)

Mercredi 11 mars 2009

Le bien-être du résident vu par personnel 

Si l’on pose, aux personnes soignantes, la question « A votre avis quel est le facteur le plus important qui intervient dans le bien-être du résident ? », on obtient sans conteste la notion de respect des besoins… Et si l’on s’interroge sur les besoins, très vite, il est fait référence à la pyramide de Maslow.

Rappelons qu’Abraham Maslow représente les besoins sous la forme hiérarchisée d’une pyramide en 5 étages. Les besoins fondamentaux sont les besoins physiologiques. La satisfaction d’un type de besoin ne peut être réalisée que si les besoins de niveau inférieur sont eux-mêmes satisfaits. Par exemple, un individu ne peut se sentir en sécurité (niveau 2) que si sa première préoccupation, trouver à boire et à manger (niveau 1) est satisfaite.
Ainsi, pour atteindre l’état de bien-être supérieur et de réalisation de soi, il faut avoir franchi 3 autres étapes : la sécurité, l’affection et l’estime de soi et d’autrui.

Soins

Les soignants, dans une maison de repos, devraient constamment se référer à cette pyramide et se rappeler le chemin à parcourir pour atteindre l’étage supérieur.

On peut penser qu’il est évident que la maison de repos satisfait les deux premiers étages et offre à ses résidents la satisfaction de ses besoins physiologiques ainsi que la sécurité. Et pourtant…
N’arrive-t-il pas que le résident puisse avoir faim ou soif ?
N’arrive-t-il pas qu’il soit incommodé par un fécalome ou qu’il baigne dans une couche souillée ?
Et comment une personne peut-elle dormir sereinement si elle ne se sent pas en sécurité au moment où sa compagne de chambre est délirante, agitée, liée au lit ou encore fait des apnées pré-mortem ?
Comment peut-elle se sentir en sécurité lorsqu’une personne différente se présente chaque jour pour réaliser ses soins ? Ou encore lorsque l’on ne respecte pas son intimité ou simplement sa « bulle » de sécurité ?
Ces besoins physiologiques et de sécurité pourraient néanmoins être satisfaits assez facilement.

Il n’en est pas de même au 3e niveau, appartenance et amour, qui exige des soignants plus d’attention et plus d’investissement personnel.
Pour se sentir bien le résident doit se sentir aimé et respecté dans son intégrité, dans ses émotions, dans ses valeurs et dans son processus de vieillissement. Le mot « respect » vient du verbe latin « rescipere » qui signifie « voir l’autre tel qu’il est » et, au-delà de cela, le reconnaître dans sa différence.
Et pourtant…
N’arrive-t-il pas que les émotions que la personne ressent soient niées ?
N’arrive-t-il pas qu’elle doive se sous-mettre aux soins, aux horaires, aux habitudes qui ne sont pas les siennes.
N’arrive-t-il pas qu’on décide tout à sa place, jusqu’aux vêtements qu’elle doit porter ou même la quantité d’aliments qu’elle doit ingérer ?
N’arrive-t-il pas que la douleur omniprésente, dont elle nous fait part, ne soit pas reconnue, soulagée mais au contraire, passée sous silence sous le prétexte qu’elle se plaint tout le temps ou perd la tête?
N’arrive-t-il pas qu’elle soit l’objet de moqueries et de brimade de la part de soignants qui la croient « déphasée » ?
Comment peut-elle encore croire à ses valeurs quand les siennes sont bafouées et que ses journées sont ponctuées d’aquabonisme et de résiliations ?

Et que devient son estime de soi si elle ne se sent pas reconnue, si elle se sent abandonnée ? Pas ou peu de visites… Mais le personnel soignant peut leur offrir, avec le respect qui leur est dû, les regards touchants, les touchers aimants, ces touchers qui réchauffent l’intérieur?

Cependant, nous les rencontrons souvent, qui se promènent dans les couloirs, ces personnes âgées qui rayonnent, qui nous offrent un sourire ou une parole aimable, qui disent « se sentir bien » dans leur âge. Celles-là ont atteint le sommet de la pyramide… et l’on pourrait rêver d’un « sweet home » où tous les résidents auraient pu dépasser les 4 étages de Maslow…

Et cela, grâce au personnel soignant, aux personnes qui savent se faire aimer parce qu’elles rayonnent dans un service par leur sourire, leur bonne humeur, leur humilité, leur patience, leur tolérance et leur respect.

La notion de bien-être chez le personnel soignant

On a observé que la notion de bien-être estimée par le personnel est liée aux images qu’il se fait au sujet de sa propre vieillesse.
Ces images s’accompagnent de jugements de valeur et parasitent la relation et il est important que les soignants en prennent conscience.
Je donnerai par quelques exemples des « résonnances » les plus couramment rencontrées et …avouées !

Si, pour moi soignant, vieillir c’est rester actif, indépendant et beau… je verrai la personne âgée qui participe à toutes les animations, qui assume seule ses soins et qui est soucieuse de son aspect extérieur comme une personne qui a atteint le stade de la « réalisation de soi ». Si, par contre, sa voisine, devenue grabataire et dépendante, se laisse aller ou se désintéresse de son apparence, je la considérerai probablement comme quelqu’un qui ne veut pas se battre, qui se laisse aller, sans force de caractère et probablement en mal-être…

Si encore, pour moi soignant, vieillir c’est être entouré de mes enfants, petits enfants, avec mon conjoint, j’imaginerai que les couples de résidents hébergés ensemble et entourés de leurs proches ont une vieillesse particulièrement réussie. Par contre, les personnes confrontées à la solitude, refusant les activités, en état de rempli sur soi, pourraient résonner en moi, soignant, comme vivant le pire des mal-être de la vieillesse !

Si pour moi, la solitude est la pire chose à vivre dans la vieillesse, jusqu’où vais-je « obliger » telle personne qui aime être seule, dans le calme de sa chambre à participer aux activités ?
Si, pour moi soignante, devenir dépendant et apathique est la pire évolution de la vieillesse, jusque dans quelle mesure vais-je infantiliser ce pauvre petit vieux qui est très certainement malheureux ? Ou au contraire jusqu’où vais-je l’obliger à aller dans ses possibilités physiques en le « stimulant » et en devenant ainsi maltraitant et irrespectueux ?

Si, pour moi soignante, le bien-être du résident passe par la notion de « bien-être financier» je penserai que le beau linge, les agréables parfums, les vêtements bien entretenus, la chambre élégamment garnie avec des accessoires de confort tels des coussins et des couvre-lits ou couettes confortables est le summum de la réalisation de soi… Je passerai dès lors certainement à côté des besoins d’amour de la personne…

Il est important que les soignants se rendent compte que l’état de bien-être d’un résident dépend de SON ressenti et de SES besoins et non de nos ressentis fluctuant au gré de nos projections personnelles ! Il convient donc, pour le soignant, de prendre conscience que ce qu’il imagine être le meilleur pour son bien-être personnel ne correspond pas nécessairement aux besoins de la personne qui se trouve devant lui…

Le risque de « mal soigner », né pourtant de bonnes intentions, peut entraîner un véritable mal-être de vie chez les personnes âgées.

Le bien-être du résident jusqu’à sa mort…

Mourir dignement et sans souffrance est pour chacun une des priorités. Le personnel soignant, particulièrement attentif au bien-être des résidents en fin de vie, se trouve face à plusieurs exigences. Il doit d’abord disposer du matériel adapté au confort et des médications palliatifs. A cela s’ajoute des exigences de temps : temps à consacrer à ce patient qui s’éteint et nous quitte doucement, temps à consacrer aussi à son entourage en dehors des actes posés, juste par une présence de quelques instants… un toucher bien-être, ou encore une écoute du silence « ensemble ».

Le personnel soignant reconnaît qu’il est encore trop peu formé à ces approches relationnelles et que souvent il se sent impuissant face aux patients en fin de vie. Ils évoquent les difficultés qu’ils éprouvent à mettre en place ce bien-être de fin de vie. Il ne s’agit pas d’incompétence, mais force est de constater que lorsque des équipes palliatives viennent en aide au personnel des maisons de repos celui-ci dit « se sentir soutenu et touché par cette qualité de présence des infirmières des équipes ».

Même face à la fin de vie la question primordiale reste la même : « De quoi a besoin cette personne » ?

En conclusion :

Un vieil adage dit que « donner c’est aussi recevoir ». Pourrait-on imaginer que « s’occuper de personnes âgées c’est aussi s’occuper de soi » ?
Les soignants pourraient-ils prendre conscience que l’on n’est apaisant que si on est apaisé.
Et ne pas oublier, dans ce cas, la question toujours fondamentale : De quoi ai-je moi-même besoin ?

Solange GOFFIN
Formatrice en soins relationnels, Validation®, et « Soins aux soignants »

Au-delà de nos frontières, visite d’une maison de repos au Liban

Mercredi 11 mars 2009

Une maison de repos dans un pays où on ne place pas ses vieux car « avoir une personne âgée à la maison protège du malheur et apporte bonheur »

Liban | photo 1

Lors de mes « voyages curiosités », il m’a été permis de vivre une semaine dans une maison de repos d’exception, à Bhersaf, dans le canton de Bikfaya, à quelques kilomètres à peine du centre de Beyrouth.

Nichée à 900 mètres d’altitude au milieu des pins sauvages, face à la méditerranée, sur une superficie d’un hectare et demi, la maison de repos « Longue Vie » a été conçue dans une architecture sobre et élégante. Il s’agit d’une association laïque privée sans but lucratif C’est une maison à dimension humaine et familiale qui héberge 60 résidents et ne bénéficie d’aucun subside de l’Etat. Il n’y a, là-bas, ni sécurité sociale ni INAMI : tous les soins et frais sont supportés par les pensionnaires.

La plupart d’entre eux sont les parents de personnes qui se sont expatriées en Europe ou aux Etats-Unis mais qui souhaitent que les « anciens » restent là où se trouvent leurs racines.

Dès mon arrivée, j’ai été accueillie par le directeur, monsieur Riad Fikani, et son assistante. Nous prenons le rituel café Arabe, dégusté dans le bureau du directeur. Meublé simplement, ce bureau est situé dans le couloir de l’entrée principale au rez-de-chaussée, face à la salle à manger des résidents et non loin des cuisines : il est facilement accessible à tous…Les murs sont garnis des photos d’activités diverses, excursions, repas de fêtes accueillant les familles. Toutes ces photos de résidents aux yeux rieurs sont un peu à l’image de ce directeur souriant et attentionné, qui a pour chacun un petit mot, une attention particulière.

Nous visitons la maison. Le hall d’entrée donne le ton : accueil, simplicité, convivialité et sourires !
Dans l’entrée principale, un salon avec téléviseur, piano, vidéothèque et un petit bureau d’accueil où de 7h à 19h se relaient deux hôtesses polyvalentes. Jean d’arc et Leila sont à la fois réceptionniste et téléphoniste. Tout en surveillant l’entrée de la maison, elles accueillent les visiteurs, saluent les résidents qui se rendent à la salle à manger et, lorsqu’il fait calme, jouent une partie de cartes ou de domino avec l’un ou l’autre pensionnaire (Il arrive même qu’elles offrent un brushing aux visiteurs étrangers !) La nuit, de 19h à 07h, le poste est partagé par deux gardes de nuit qui assurent la sécurité et prêtent main forte à la veilleuse.

La salle à manger est proche de la cuisine, ce qui permet à chacun de se délecter des odeurs culinaires les plus alléchantes avant même de prendre place à table, seul ou entre amis.
Décorée de tableaux champêtres et de petites tables fraîchement fleuries, la salle à manger est un endroit où règne calme et ambiance feutrée. La convivialité est de mise : tout le monde se connaît. Certains d’entre eux jouissent en permanence de la présence d’une dame de compagnie qui prend ses repas en même temps que le résident, ce qui met une touche apaisante de « comme à la maison ».
Les mets servis relèvent d’une cuisine typique et adaptée au grand âge. L’équilibre alimentaire et le respect des régimes prescrits sont vérifiés par une diététicienne.
Les menus, élaborés par le chef de cuisine, sont supervisés par madame Rokka, adjointe de direction. La cuisine libanaise est composée surtout de mets raffinés demandant parfois de longues préparations, cela explique le nombre important de cuisiniers. On servira des mezzés servis avec le pain typique arabe : mezzés vient du mot arabe « tamazzaza » qui signifie : « déguster en petites bouchées en prenant le temps de savourer les saveurs »  C’est dire si s’alimenter au Liban est essentiel et prend du temps !
On servira aussi du taboulé (plat typique original), des chich-taouk (petites brochettes de poulet marinées aux épices), des kaftas (boulettes d’agneau haché avec persil et oignons), des Youkneh (plat de riz à la viande avec ail et coriandre), du houmous (purée de pois chiche au cumin et sésame) ou encore les baklavas (petits gâteaux de pâtes feuilletées farcis de purée de fruits secs) : tous ces plats sont confectionnés sur place.
Au petit déjeuner, les petits pains dorés tout chauds, préparés au jour le jour dans la maison, sont accompagnés d’une délicieuse compote de pommes du terroir : j’en garderai longtemps le souvenir !

Liban | photo 2

La visite se poursuit. Au rez-de-chaussée, un salon de coiffure coquet et agréablement équipé accueille les résidents qui le désirent.
Une grande salle d’ergothérapie garnie de tables et de salons permet les différentes activités récréatives.

Un lieu de prière se situe au cœur de la maison où toutes les confessions sont bienvenues : nous apprenons ainsi qu’au Liban il existe plus de dix-huit communautés religieuses différentes (chrétiens, musulmans, chiites, sunnites, druzes…) : les résidents sont respectés dans leurs croyances philosophiques.

Des chambres spacieuses individuelles ou communes accueillent des résidents en courts ou longs séjours ou encore en convalescence.

Les résidents seront accompagnés quel que soit leur devenir c’est ainsi que personnes grabataires, désorientées ou autonomes vivent en parfaite harmonie. Les soins sont assurés par du personnel réalisant le nursing de base (au Liban, les études d’aides-soignantes n’existent pas !) et supervisés par une infirmière chef diplômée.
Chaque étage possède sa pharmacie, la préparation des médicaments étant gérée par l’unique infirmière.

Les soins de kinésithérapie sont prodigués par un kinésithérapeute indépendant attaché à la maison. Il reçoit ses patients soit dans le lieu de vie de la personne, soit, selon les besoins spécifiques, dans la grande salle de physiothérapie équipée du matériel le plus sophistiqué.

Située à l’extérieur du bâtiment, la morgue est équipée de 4 frigos.

Lors de l’admission d’un résident, la maison de repos met à sa disposition gratuitement un camion de déménagement.
La maison de repos dispose également d’une ambulance personnelle pour le transfert de ses pensionnaires vers les hôpitaux les plus proches.

Les lessives sont faites dans la maison et occupent deux personnes. La maison réalise aussi la lessive de couvertures pour la Croix Rouge locale en échange de sang.

A l’extérieur de la résidence, une belle aire de repos équipée de barbecues est à la disposition des résidents et des familles qui souhaitent profiter d’un moment de « rencontres » à l’extérieur.
Un parcours vital a été crée dans la pinède à l’attention des résidents valides ou les personnes en rééducation.
Un potager ponctue les saisons de beaux légumes frais. Un atelier de jardinage est mis à disposition des résidents. Nombreuses plantes y sont bouturées et rempotées afin de renouveler les parterres de plantes et de fleurs qui bordent la résidence.

Un centre de formation « Mont Joli » est attaché à la maison de repos. Il y comporte de nombreuses salles de séminaires ainsi que des chambres pouvant héberger les participants. Il m’a été demandé d’effectuer une formation de sensibilisation aux soins relationnels. J’ai été étonnée par la motivation du personnel à y répondre « présent ».

C’est là qu’est née l’idée de la création d’une école d’aides soignantes à laquelle je pourrais collaborer. Lorsque l’on sait que ce type d’école n’existe pas au Liban, on pense que cette création pourrait donner à la profession une meilleure reconnaissance par plus de compétences et de professionnalisme. Inch Allah !

Me voici aujourd’hui rentrée chez nous, avec des images et des projets plein la tête… Je garde précieusement en souvenir, parmi tant d’autres, la chaleur de l’accueil, la convivialité, le confort de la maison, la qualité des services, le souci d’aller de l’avant… et surtout, les sourires…

Des encouragements de directeurs de maison de repos belges à un collègue Libanais seront certainement encourageants et bienvenus. Vous pouvez contacter la maison de repos Longue vie au Liban : longvie@cyberia.net.lb

Solange GOFFIN
Formatrice
Soins relationnels
Soins aux soignants 
Teacher en Validation® Naomi Feil

Le bien-être en maison de repos depuis différentes perspectives II

Lundi 24 novembre 2008

II. Le bien-être du personnel soignant 

S’il est encore tabou aujourd’hui de parler du « bien-être des soignants » cela tient au long parcours d’un chemin enfoui dans les ombres de  notre passé de soignants. 

Passé empreint de culture religieuse, où la soignante était souvent considérée comme un être « inférieur »,  incapable d’initiatives, ne pouvant qu’exécuter des ordres, servir et même, dans l’inconscient collectif, en tant que femme, associée au péché.  Cette fonction de « pécheresse devant racheter ses fautes » justifierait le port du  tablier blanc signe de pureté, du sacrifice, du rachat des péchés…
(Extrait du livre « Humanitude » Y.Ginest et G.Pellissier)

Jusqu’à la fin du XIXème siècle, la formation des soignantes était plus morale que technique, ce qui les mettait entièrement sous l’autorité du médecin. Elles avaient surtout un rôle spirituel : aider l’autre à supporter ses douleurs, sa déchéance, sa mort, lui épongeant le front et en veillant surtout au salut de son âme…

Etre soignante -soi-niante- n’était-ce pas être soumise, nier ses émotions, ses sentiments, son soi profond ?… 

Le monde a évolué. Le monde des soignantes a changé peu à peu : à l’héritage émotionnel qui est lié au « don de soi », sont venues s’ajouter des techniques de « savoir-faire » : gestes précis élaborés selon des conduites déterminées et des protocoles à mettre en place. De l’idée de sauver les âmes, on est passé peu à peu à l’idée de sauver les corps malades, souvent même au-delà du respect de la personne. 

En outre, tâches et formations se sont diversifiées… Dans l’équipe des soignants, on rencontre aujourd’hui les infirmiers(ères), les aide-soignant(e)s, les agents d’accompagnement, et, au somment de la hiérarchie, la direction.

Il y a l’infirmière dont le rôle, par le passé, n’était que de « servir », « d’être au service de » Il se traduit, actuellement, par l’aptitude à offrir « des services », parce que l’infirmière a acquis des compétences qui lui sont propres,  qui lui donnent les responsabilités dans l’entretien de la vie et la réparation. C’est elle également qui fait le lien entre les différents prestataires de service, pour ne pas disperser les actions et pour leur donner un sens…

Il y a les aides soignants qui restent avant tout des exécutants, soumis au médecin, à l’infirmière en chef, comme jadis elles l’étaient à Dieu. ( je ne sais pas s’il faut laisser le féminin !!!)
Ne sont-elles pas trop souvent considérées comme des instruments destinés à effectuer des gestes techniques précis, élaborés selon des conduites à tenir et des protocoles à mettre en place.

En effet, hier encore, les aides-soignantes exécutaient des actes de soins (insulines,  prises de paramètres,  injections) qui relèvent aujourd’hui des compétences infirmières. Différents décrets ont été signés afin de remettre à plat les compétences de chacun. Depuis lors, beaucoup d’aides-soignantes plus âgées se sont vu « retirer » des actes qu’elles avaient toujours effectués (avec beaucoup de conscience et de compétences).

Ces modifications des responsabilités  n’ont fait qu’amplifier une image dévalorisée au niveau d’exécutantes! 

Il y a également les agents de service ou d’accompagnement qui appartiennent au personnel soignant même s’ils ne sont pas chargés des soins.

Il s’agit de personnes qui rendent des services qui sont nécessaires à la vie quotidienne des résidents.  Ceci va de l’entretien des locaux à celui du linge (rôle plus spécifique de la lingère), de la préparation des repas (rôle du cuisinier) à des actes plus proches de la personne âgée, comme lui faire une course, l’aider à s’habiller ou à couper sa viande …  Ce sont des services que rendrait la famille ou le voisin si la personne âgée était à son domicile.

Ces actes ne demandent pas de qualifications particulières, mais nécessitent des compétences orientées vers la connaissance de la personne âgée et des règles qui prennent en compte tout travail en collectivité.   

Au sommet de la hiérarchie, la direction dont le rôle primordial est de veiller au bien-être, au « savoir-être » de son personnel. Parce qu’elle sait que c’est la condition première au bien-être des résidents…

Et pourtant, les tâches du directeur sont multiples. Bernadette Cuisinier dans son ouvrage « Accroître le soin relationnel » en exprime, sous forme imagée, les multiples facettes.

«  Il y a à s’adapter tels des paysans cultivant une terre avec un temps pour tout :
- un temps pour défricher
- un temps pour labourer
- un temps pour ensemencer
- un temps pour aérer
- un temps pour réparer les dégâts, les intempéries, les imprévisibles,
- et enfin, le temps de la récolte… »

Défricher…

C’est d’abord sélectionner, parmi toutes les candidatures, celles qui répondront au « projet de vie » de l’institution… Reconnaître l’émergence d’une conscience professionnelle et d’une bonne intégration dans l’équipe, dans le respect de chacun.

Labourer… ensemencer…

C’est bien définir les profils des postes en élaborant un cahier des charges en précisant le rôle, les fonctions, le champ d’intervention de chacun… En un mot, définir clairement les postes et les responsabilités de chacun.

C’est aussi être à l’écoute… C’est offrir des outils de formation. C’est donner la possibilité de trouver, dans des ateliers extérieurs, les bonnes semences qui ressourceront…

C’est aussi soutenir, reconnaître et soutenir les bonnes actions.

Aérer

C’est être attentif au bien-être de chacun.  C’est respecter ce que chacun est, vit et ressent…C’est reconnaître en chacun la personne et non l’objet de travail ou de rentabilité. C’est donner à chacun la possibilité de se sentir autre chose qu’une croix dans des cases horaires, qu’un pion  manipulé sur un échiquier.

C’est reconnaître l’importance des moments de récréation (n’y a-t-il pas encore des maisons de retraite où, même au cours de la pause-café-repas- qui n’est pas rémunérée- le personnel doit répondre aux appels ?)… 

C’est apporter l’allègement aux équipes de travail afin de ne pas travailler dans le lourd, chaussé de semelles de plomb.

C’est aussi offrir une infrastructure de travail, du mobilier adapté, du matériel adéquat et en suffisance, permettant aux soignants de pouvoir mener à bien leur mission de « bien soigner » 

Et puis parfois réparer les dégâts, les intempéries 

Déceler les pommes pourries, les éliminer du panier afin de préserver l’équipe de la contamination (combien de structures ne conservent pas du personnel inadéquat par soucis politique, hiérarchique, institutionnels et ce, au dépend du bon fonctionnement d’équipes entières ?).
..
Sans sombrer dans l’excès comme ces institutions qui pour un oui, pour un non, virent leur personnel créant la pression de la menace suspendue. En effet l’ « aquaboniste » n’est-il pas celui qui, démotivé insidieusement, vit dans l’incertitude permanente de ne pas garder sa place ?

Sans culpabiliser celui qui a commis des erreurs, mais en l’aidant, en l’écoutant davantage… En lui permettant de mettre à profit les erreurs pour évoluer, s’améliorer, parfois même se construire.

Mais avant tout,  l’attitude première du directeur, celle qui conditionne sans doute toutes les autres n’est-elle pas le respect ?

Respecter la personne en tant que personne – avec ce qu’elle vit et ce qu’elle ressent – avec la conscience qu’il s’agit le plus souvent de femmes, mères de famille, avec tous les aléas de peurs et de troubles qu’ont à gérer les mamans.

Enfin, Récolter !

En échange de tous ces témoignages de reconnaissance positifs, le personnel peut offrir à son tour, aux résidents la qualité de l’accueil, tant dans le faire que dans l’être. Répondre aux demandes sans être agacé ou dérangé. Donner la priorité à la personne, non à la tâche…

Accorder à la personne âgée la qualité de personne pensant et décidant.  On sait que c’est au moment où les facultés s’altèrent qu’il est le plus important de maintenir à tout prix la participation dans le choix des décisions.

Permettre au personnel de mettre à profit et en œuvre ce qu’il aura pu apprendre en formation et lui permettre de mettre en place des projets motivant et valorisants comme la création d’espaces snoezelen, l’organisation de festivités ou d’animations « extraordinaires » incluant la participation des familles et des aides extérieures.

Autoriser tout ce qui peut faire grandir la motivation du personnel.  Ainsi, le home deviendrait une grande maison où « donner » et « recevoir » prendraient tout leur sens. Où tous se sentiraient reconnus, en offrant à chacun la possibilité de grandir et s’épanouir parce que porté, respecté, aimé, apaisé et devenant à son tour portant, respectant, aimant et apaisant.

Après tout ce travail de la terre, l’ensemble du personnel pourra rayonner de bien-être dans de grands jardins fleuris grâce à toutes les petites graines semées et arrosées chaque jour.

Jardins où la joie serait le support de la vie nourrie d’un terreau « essence de sens »!

Solange GOFFIN
Formatrice en soins relationnels
Teacher en Validation® Naomi Feil  

Le bien-être en maison de repos selon différentes perspectives

Samedi 13 septembre 2008

I. Le bien-être du résident

« En matière d’hébergement gériatrique, raisonner en termes de cadre d’épanouissement, et de cadre d’épanouissement réel, pas artificiel est une façon de raisonner qui nous est à ce jour totalement étrangère ».* L. Ploton, La personne âgée, son accompagnement médical et psychologique et la question de la démence ».

Comment définir, pour un résident en maison de retraite | repos, la notion de bien-être ? S’agit-il seulement, comme on le croit le plus souvent, de la satisfaction de besoins premiers : une nourriture acceptable, des témoignages affectueux du personnel ?

La notion de bien-être ne porte-t-elle pas un sens beaucoup plus large ? Même s’ils ne trouvent pas les mots pour le dire, nos résidents n’expriment-ils par, dans leurs regards, d’autres besoins et demandes ?

Bien sûr, le bien-être passe par un accueil chaleureux, des chambres spacieuses et bien décorées, un cadre de vie agréable, du personnel efficace… Mais au-delà de la sécurité, de l’hygiène, de la santé corporelle…et aussi de la gentillesse du personnel et de la bonne nourriture, comment alimenter le « goût de vivre » de la personne âgée ? Comment lui donner le désir, la force de poursuivre son épanouissement au cours de cette dernière tranche de vie ?

Attardons-nous un instant à tenter de comprendre le ressenti de la personne qui entre en institution et, pour cela, faisons le bilan de toutes ses pertes.

La première des choses que perd la personne âgée est son univers familier, c’est-à-dire son foyer, même si la maison de retraite a accepté une partie de son mobilier … Il a fallu abandonner – avec la certitude que c’est sans retour – les odeurs, l’atmosphère, la lumière de la maison. Les senteurs du jardin et le spectacle du temps qui marque les saisons. L’espace aussi… et tous ces menus objets laissés derrière soi… Que faire devant cette déchirure ?

Autre perte importante, la notion apparente de « citoyenneté ». La personne ne paye plus ses taxes, elle ne va plus acheter son journal, elle n’a plus d’échanges avec ses concitoyens (voisins de rue, de quartier, de village, de palier…) Elle a perdu les repères qui marquaient sa vie de tous les jours.

Ajoutons à cela le fait que, prise en charge par le personnel, elle n’a plus à se préoccuper des problèmes d’ordre matériel qui donnaient un rythme à sa vie. En se fondant dans l’institution, n’en perd-elle pas un peu la notion de « Soi »? N’est-elle pas amenée à penser « nous », pire « on », plutôt que « moi » ?

C’est tout cela qui fait qu’au fil des temps se figent les masques séniles d’indifférence et de non-communication.

Notre rôle est alors de décoder la détresse psychologique cachée derrière ces boucliers de survie mis en place par certaines personnes âgées. Et, après le bilan des pertes, tenter d’accumuler les gains pour faire, de la maison de retraite, un lieu où l’humain est la préoccupation essentielle.

« Humaniser »

Humaniser, c’est se donner pour objectif l’épanouissement de la personne.
C’est permettre à chacun, quel que soit son âge, d’exprimer ce qu’il est, c’est rendre la communication la plus vraie et la plus fluide possible. C’est ne jamais oublier qu’on s’adresse à une personne, fût-elle âgée, et non à un état, la vieillesse.
C’est, sans doute, souvent, changer le « souffle » de la maison de retraite.

Favoriser les relations entre les personnes

La maison de retraite est un lieu de vie, une ville en miniature où se croisent des personnes d’âges différents, de statuts différents.
Elle doit donc être faite de lieux de rencontres, de zones de convivialité où chacun peut se dire, où chacun peut écouter l’autre.
Il convient donc d’éviter de « ghettoïser » les personnes dépendantes ou grabataires dans ces beaux salons parfois cachés du public où, seuls les cris, les bruits incongrus, les frappements ponctuent les longs moments de solitude des journées.
Il convient d’éviter de rendre les personnes dites non-communicantes encore plus « désincarnées » en ne leur donnant que quelques minutes par jour d’attention, de regard, de toucher, la plupart du temps au seul moment des soins.

Encourageons les rencontres, les dialogues, les joies partagées. Accueillons la famille, non seulement en visites de courtoisie autorisées par le règlement d’ordre intérieur, mais pour partager les repas, les activités et pourquoi pas les soins .
Faire de la maison de retraite un lieu ouvert

La maison de retraite se doit d’être, dans l’esprit, un milieu totalement ouvert où l’on entre et sort selon ses besoins et ses choix.
Il s’agit là de s’opposer à des habitudes du personnel qui, contrairement aux pratiques hospitalières, intègre le résident comme un élément devant rester jusqu’à son décès. Comment éviter l’impression que ce lieu de vie est parallèlement un lieu de mort ?
Et comment trouver le bien-être avec, dans la tête, de telles pensées négatives ?
Donner à chacun l’autonomie qu’il est capable d’assumer
Le collectif tend à standardiser les actes, pour les accomplir soit de façon uniforme, soit avec économie. On sait bien que, dans beaucoup de maisons de retraite, on préférera faire le ménage dans toutes les chambres plutôt que de s’interroger sur la capacité du résident qui l’occupe.
Donnons à chacun le plaisir de changer l’eau des fleurs, d’épousseter, de déplacer selon son inspiration, les objets qui font son univers.

Respecter la personnalité de chacun, fruit de son expérience de vie

Les personnes âgées ne sont pas des êtres « à part » mais des individus riches d’une expérience de vie qui explique leur comportement dans leur présent vécu.
Il y a la vieille dame, née en 1902, fille aînée de cinq petits frères et sœurs qu’il fallut élever… Il y a celle qui allait à l’école en sabots et qui avait 6 ans en 1914, au moment de la première guerre mondiale. Il y a celle que les deuils ont fouettée, un mari, un enfant, et qui pourtant ose encore regarder l’avenir.
Connaissons les personnes au-delà de leurs pathologies médicales et chirurgicales. Reconnaissons leurs différences et répondons à leur légitime besoin d’exister.

Reconnaître leur vie affective

Nos maisons de retraite peuvent parfois offrir à certains résidents la possibilité de vivre – sans doute pour une dernière fois – une vie affective.
Reconnaissons-leur le droit de garder précieusement, même dans leur grand âge, l’aptitude à aimer et à donner de l’amour. Reconnaissons-leur le droit d’exister.
Se sentir « exister » n’est ce pas là une notion fondamentale de bien-être ?

Respecter la notion du temps de chacun.

Le temps est au cœur de la vie de l’être humain. Chacun entretient un rapport différent avec les trois aspects du temps : le passé, le présent, le futur. Celui-ci ne vit que par le passé qu’il évoque sans cesse comme si sa vie s’était arrêtée un jour, voilà longtemps. Celui-là veut avoir tout oublié et s’inquiète de l’avenir… qui est souvent la mort plus ou moins proche avec les peurs métaphysiques qui l’environnent. Ces ceux-là vivent en quelque sorte étrangers à eux-mêmes car dépossédés de la réalité du moment présent.
Encourageons-les à vivre au mieux dans l’ici et maintenant en leur offrant des sujets de joies et satisfactions, en les encourageant à développer leur créativité et la fierté du « faire » réussi.

Conclusions

Toutes ces perspectives exigent sans doute une sensibilisation des soignants afin qu’ils soient capables de donner à leur maison de retraite ce souffle humaniste qui permet à la personne âgée de poursuivre dans le bien-être, jusqu’à la mort, son épanouissement

Solange GOFFIN
Formatrice en soins relationnels
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L’application du Feng-shui dans un service gériatrique.

Mercredi 2 avril 2008

Voici quelques années, sensible au bien-être et à l’harmonie en général,je me suis initiée aux prémices du Feng-shui et de la géobiologie.
Les quelques modifications que j’avais apportées à mon domicile ont eu des effets positifs sur ma vie privée et mon environnement.
J’ai alors observé avec plus d’attention les marques d’équilibre – ou de déséquilibre – à l’intérieur de la maison de reposdans laquelle je travaillais une grande partie de mon temps et, modifiant quelques détails, j’ai remarqué une amélioration de l’atmosphère mais aussi des modifications de comportement chez les résidants.

Qu’est-ce que le Feng-Shui ?

Le mot est à la mode! Littéralement, Feng-shui signifie en chinois «vent et eau». Il s’interprète à la fois une protection contre les vents et une meilleure intégration des bienfaits de l’eau.
Il repose sur l’idée – commune à beaucoup de peuples, d’ailleurs – que notre environnement est traversé d’ondes d’énergies.
Les unes, peuvent être favorables et mettent l’homme en accord et en harmonie avec la nature, améliorant ainsi son bien-être et sa santé. Ces ondes sont appelées CHI*.
Les autres ondes, appelées « flèches empoisonnées secrètes de l’environnement » seraient défavorables et mortifères.

Le Feng-shui nous enseigne comment éviter ces lignes d’énergies dangereuses et comment équilibrer
les lignes d’énergies bénéfiques en harmonie avec les forces de la nature qui nous entourent.
Il propose des pistes pour aider l’âme de notre lieu de vie et de travail à «grandir».

POURQUOI LE FENG-SHUI dans les structures de soins ?

«Le Feng-shui est à l’environnement ce que l’acupuncture est au corps ». (Van Minh)

En regardant vivre les patients de notre maison de repos, nous avons constaté différents phénomènes «rationnellement» inexplicables: similitudes dans les pathologies présentées en fin de vie par des résidants ayant occupé la même chambre (notamment des troubles vasculaires au niveau des membres inférieurs, alors que rien ne laissait présager ce type de pathologie), refus de s’alimenter de patients différents occupant successivement la même place
dans le restaurant, fin de vie paisible et en total lâcher prise dans la même chambre qui, d’ailleurs, n’a été occupée que par deux résidants différents en 15 ans!
Nous avons aussi découvert que certains endroits invitent au calme et à la sérénité ou, au contraire, à l’agitation et au désordre…
Il suffisait peut-être de faire appel aux règles fondamentales du Fengshui pour obtenir un changement du ressenti des personnes utilisant ces lieux.

QU’AVONS-NOUS FAIT ?

Laissant s’exprimer les lois de la nature, nous n’avons évidemment rien modifié à la chambre «d’amour», ni à la chambre de «la longévité».
Par contre, nous avons apporté quelques changements dans les autres endroits. Les troubles vasculaires au niveau des jambes ont été désormais évités: une arête saillante du mur qui générait des ondes de forme sur le pied du lit a été corrigée par l’application de pochoirs de lierres, minimisant ainsi l’onde néfaste émise par l’arête murale.

La table du restaurant invite désormais à la convivialité: nous avons ôté le superbe trophée de chasse qui la surplombait et dégageait une énergie des plus mortifères. Nous avons également, dans les chambres, proposé d’ôter certains objets – et notamment des objets amenés par les résidants – qui pouvaient faire chuter l’énergie.
Nous en avons apporté d’autres, cadres, bouquets de fleurs, petites tables,points lumineux; permettant une meilleure circulation de l’énergie, ils ont amélioré le ressenti des personnes utilisant les lieux.
C’est ainsi que chaque fois que nous recevions une visite dans la maison de repos, nous constations avec plaisir que, spontanément, les visiteurs s’accordaient à dire «Dès l’entrée dans le bâtiment, on ressent quelque chose d’apaisant, d’agréable, il se dégage une atmosphère de sérénité que l’on ne peut pas expliquer»…

Tout ceci peut paraître «étrange», et, pourtant, force est de constater que l’application de quelques grands principes de base de Feng-shui a influencé l’énergie vitale et amélioré la qualité de vie sur notre lieu de travail.

Dans un sevice pour personnes âgées,quelle serait la chambre feng-shui idéale?
Essayons, en nous appuyant sur nos lectures et notre expérience, d’imaginer la chambre «Feng-shui» idéale.
L’entrée dans la chambre est séparée du lieu de vie par un espace «sas» style petit hall d’entrée, de manière à ne pas «surprendre» le résidant en pénétrant directement dans son espace vital en laissant le temps de quelques pas aux visiteurs pour s’annoncer…
Une grande baie vitrée «habillée» de voilages et/ou de rideaux de couleurs agréables (comme des tons de rouge, orange, jaune, vert): ils laissent entrer la lumière naturelle et l’énergie solaire mais gardent, d’autre part, le «chi» le plus possible dans la chambre. Une boule de cristal pourra être suspendue devant la fenêtre pour faire «vibrer» la
lumière sur les murs. Le lit est placé tête au nord et de manière à ce que le patient voie de son lit qui entre dans la chambre et ne soit pas surpris durant son sommeil.
Cependant, la tête du lit ne doit pas être placée contre le mur des sanitaires (lieu où on élimine les déchets et où il y a la moins bonne énergie), ni les pieds du lit vers la porte d’entrée (position du mort que l’on visite!).
Autant que possible, le contact trop proche avec les prises de courant près du lit sera évité.

Une jolie nappe colorée habille la table, créant une atmosphère conviviale, accueillante et plus personnalisée.
Des petites plantes vertes bien nourries garnissent les appuis de fenêtre.

Des décorations faciles à l’entretien ornent les murs: photos rappelant des souvenirs «heureux» comme des visages d’enfants, plutôt que des photos d’ancêtres à la mine sévère et aux regards perçants dont les résidents ne gardent pas toujours un souvenir heureux !
Les arêtes de mur saillantes et menaçantes, dirigées vers le corps du résidant, sont corrigées par des applications de guirlandes de lierres peints au pochoir. On bannit les armes, les sabres ou les épées suspendues au-dessus du lit.
On évitera également de laisser les chaises percées avec des excréments dans la chambre et surtout pas à la tête du patient, même pour la nuit.

On bannit les fleurs séchées, les animaux empaillés, les décors de chasse ou encore les images de la passion du Christ ensanglanté… tout ce qui, dans l’inconscient collectif, éveille des sentiments de souffrance ou de mort.
Afin de vivifier la chambre, le soir, on laisse plusieurs points d’éclairage indirects, particulièrement dans les petits coins sombres.
Un aquarium avec quelques poissons rouges sera toujours intéressant dans l’apport d’énergie vitale d’une chambre, à condition qu’il soit très bien entretenu.

LES REMEDES DU FENG-SHUI

Il existe des «remèdes» fondamentaux pour corriger certaines situations qui ne sont pas harmonieuses ou qui créent des obstacles à la fluidité du «chi» et au bien-être.
Ces remèdes peuvent être utilisés à l’intérieur comme à l’extérieur d’un bâtiment.
On peut citer: les objets brillants, les sons, les choses vivantes, les objets mobiles, les objets inertes, les appareils électriques, les couleurs.

1. Les objets brillants ou réfléchissants

A. Les miroirs

Surnommés «l’aspirine du Fengshui», les miroirs sont utilisés à l’intérieur, dans des endroits exigus, pour favoriser la circulation du «chi», en créant une impression de grandeur, d’espace et de luminosité.

A l’extérieur, ils servent soit à détourner de la maison le «chi» menaçant (funérarium, grand route à voie rapide), soit à refléter vers l’intérieur une belle vue comme un massif de fleurs ou un plan d’eau attirant le «chi» positif de la beauté du paysage.

B. Les boules de cristal à facettes

Les cristaux ont la propriété d’activer l’énergie.
Suspendue devant une fenêtre orientée à l’ouest, une boule de cristal capte les rayons du soleil pour les refléter en un arc-en-ciel vivifiant dans la pièce. On les utilise aussi pour freiner l’énergie dans un couloir trop long ou encore pour émousser l’angle d’un mur. Sources de force et d’énergie positive, les boules de cristal donneraient aux habitants le don de clairvoyance et d’optimisme.

C. Les éclairages

Les éclairages sont très utilisés en Feng-shui car ce sont des remèdes efficaces.
Dans n’importe quel environnement, la lumière est un atout important dans la diffusion de l’énergie car elle représente le soleil et enrichit le «chi» intérieur des habitations.
A l’extérieur, l’éclairage permet, par exemple, de corriger le «morceau manquant» d’une maison construite en L.

2. L’utilisation des sons: carillons, clochettes…

Les carillons éoliens ont la faculté de ralentir le courant du «chi».
On les utilise plus particulièrement dans les endroits où l’énergie «file», comme les longs couloirs, les pièces très hautes… afin d’éviter de laisser cette énergie se disperser.
Des carillons suspendus à une porte d’entrée protègent symboliquement des intrusions malsaines dans la maison.

3. Les choses vivantes

A. Les plantes, les fleurs…

Elles représentent la nature et symbolisent la vie, la croissance: elles répandent le «chi» nourrissant dans la pièce, à condition d’être bien entretenues, vertes, dans une eau claire et propre, elles attirent l’énergie vitale.
Pour résoudre des problèmes de déséquilibre, on les place devant des angles trop vifs, dans des endroits non occupés où domine le vide.

B. Les aquariums, les poissons…

Ils sont la représentation réduite de la source vitale de la mer,de l’eau,source de vie.
Un aquarium bien entretenu, avec une petite pompe ou des jets d’eau, génère de l’énergie positive.

4. Les objets mobiles

Les objets actionnés par le vent ont la faculté de faire circuler l’énergie et stimuler ainsi le «chi». On pensera aux mobiles ou, encore, aux moulins à vent comme objets de décoration.

5. Les objets lourds

L’utilisation d’un objet lourd peut donner «plus de poids» à une ambiance, comme par exemple mettre un éléphant en pierre à l’endroit où règne la sérénité peut entretenir et renforcer l’atmosphère de cet l’endroit.

6. L’électricité

Dans les locaux de vie, la radio et la télévision introduisent la vie par les vibrations des sons. Tout objet fonctionnant à l’électricité utilise des vibrations universelles qui créent et favorisent une circulation active du «chi».

7. Les couleurs

L’emploi judicieux des couleurs peut améliorer certains aspects de la vie.
Le blanc sera être évité car pour les chinois, c’est la couleur du deuil…
Le jaune, couleur du soleil, est symbole de longévité…
Le vert, couleur du printemps, représente la croissance, la fraîcheur, la tranquillité…
Le rouge, couleur de l’amour, représente la prospérité.

CONCLUSION

Mis à part le phénomène de mode que sous-tend le mot «Feng-shui», il faut reconnaître qu’à partir du moment où l’on oeuvre avec enthousiasme pour une décoration belle et harmonieuse, l’ordre et la propreté de notre lieu de vie,on contribue inévitablement à l’équilibre des forces vitales.

Aérer. Parfumer d’effluves de fleurs. Laisser entrer les arômes des mets cuisinés. Ranger. Placer les bons objets aux bons endroits. Choisir des couleurs vivifiantes. Eviter de laisser à vue ce qui rappelle la maladie (chaises roulantes, brancards, chariots de pansements ou à médicaments, odeurs de fèces ou de désinfectant).
Voilà autant de pistes de réussite pour contribuer à grandir «l’âme de la maison».

L’amélioration du «chi» par petites touches correctives sera aussi bénéfique que précieuse à l’épanouissement de chacun: les résidants, le personnel, les visiteurs et nous-mêmes.

Solange Goffin