Archive pour la catégorie ‘Communication’

Clown Thérapie

Mardi 11 mars 2008

Une aventure clownesque !

Il y a quelques années, attirée par ce jeu de mot « le clown gai rit », je me suis inscrite à un atelier de clown-thérapie.
Il s’agissait d’un stage résidentiel d’une semaine en juillet, dans un cloître près de Malmédy.

L’idée d’apprendre de nouvelles « méthodes » relationnelles me séduisait beaucoup.
D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours eu une réputation de clown et mes punitions scolaires étaient très souvent motivées par le fait que je « faisais le clown » en classe !
Quelques décennies plus tard, mon tempérament clownesque n’ayant pas beaucoup changé ce stage était pour moi une aubaine : j’allais enfin pouvoir faire le clown dans ma vie professionnelle de manière autorisée !

Dés mon arrivée au cloître, un vendredi soir, tout me semblait gris : il pleuvait, le bâtiment me paraissait austère et les chambrettes peu accueillantes. De plus j’étais rongée par une grosse culpabilité d’avoir abandonné pour une semaine, mari, enfants, maison et boulot !

Après un maigre repas, le groupe de personnes inscrites au stage s’est retrouvé dans la chapelle aménagée en salle de travail.
Assis en cercle sur des petits tapis ronds, chaque personne était invitée à se présenter, expliquer ses motivations à sa venue au stage et « déposer » au groupe ce qu’elle souhaitait… C’est après deux heures de présentations, de partages et de dépôts d’émotions diverses, que j’ai vraiment pris conscience que j’avais des ischions, je ne pensais qu’à cela !

Tout cela me semblait étrange, moi qui était venue pour apprendre de « nouvelles méthodes » je ne comprenais pas très bien pourquoi il fallait tant parler de soi!
Il m’intéressait surtout de savoir quel « certificat », « attestation », voir « diplôme » me serait remis en fin de stage et comment étaient organisées les « évaluations »… Est-ce que j’allais pouvoir faire le clown dans mon service dès la semaine suivante ?
En effet, en tant qu’infirmière responsable habituée à tout bien gérer, j’avais déjà programmé d’aller m’acheter un beau costume bariolé !
Il ne m’importait guère de « déposer » quoi que ce soit, puisque je n’avais pas de problème, mais bien de connaître le QQCQ de ce groupe particulier (entendez : Qui fait Quoi ? Comment ? Quand ?)
Excédée par toutes les larmes, les colères, et les dépôts de misères des autres participants, j’ai demandé au thérapeute de me dire clairement quelles seraient les nouvelles compétences que je pourrais appliquer dès la fin du stage ?
Et là avec beaucoup d’empathie et de respect j’ai reçu ma première douche froide en entend le thérapeute me répondre gentiment: « ici, il n’y a pas de « méthodes », « de recettes », de « compétences » ni de « savoir-faire » ou encore de « techniques » il y a juste à apprendre à « être » ! « Accueillir ce qui vient, comme ça devient, laisser l’effet se faire » ! Trop perturbée que pour bien entendre, j’avais compris : « laisser les fesses faire »… Cela me semblait vraiment trop compliqué ! Le cœur rempli de rancœur, des larmes de colère dans la voix, j’ai quand même insisté : « Oui, mais… Je ne comprends pas ! Quand est ce que je serai clown thérapeute alors, si ce n’est pas à la fin du stage ? Et le thérapeute de me répondre avec plein de compassion et de tendresse dans le regard : « Est ce que dans une dizaine d’année cela te conviendrait-il? »
C’est à ce moment très précis que je n’ai plus eu besoin de mots pour déposer moi aussi mes larmes, ma tristesse si profondément enfouie, que j’étais étonnée d’en avoir en moi ! Moi, si forte, sachant toujours tout gérer, tout diriger, dominer…j’étais là, assise par terre sur un petit tapis rouge pleurant je ne savais même pas pourquoi ! Deux heures seulement s’étaient écoulées et en reprenant conscience que j’étais venue pour une semaine, une incroyable envie de fuir m’envahissait !

Une semaine plus tard, j’ai échangé mon nez rosé (névrosé) contre un beau nez rouge ! Quelle aventure jusqu’à ce nouveau nez ! Rentrée chez moi, je ne pouvais que sourire lorsqu’on me demandait «Et alors, quand est ce que tu nous fais le clown ? »

Quelques années plus tard….
Comme « je n’avais pas de problème ni de « misères » à déposer », j’ai juste fait deux années de groupe régulier de clown thérapies, un cursus complet de formation au Clown Relationnel®, quelques séminaires et autres stages intensifs !

L’approche Clown relationnel® est un mode de relation qui s’inscrit dans le courant de l’Art thérapie et des soins relationnels, il s’agit d’un art de la rencontre. Un art à la fois simple et complexe, car une fois encore sans recette, abécédaire, méthode ou technique. Il n’existe aucun mode d’emploi, tout se vit dans l’instant, dans la sensation.

Etre clown…

Clown | thérapie | Solange Goffin

Se mettre « en état d’être clown » c’est s’ouvrir pleinement aux émotions dans la sensation, les amplifier et les partager pour trouver la porte d’entrée de l’Etre essentiel de l’autre.
Le clown, avec le plus petit masque du monde va oser les rires, les pleurs, les colères, les peurs au-delà des tabous, des conventions et des règles.
Il va se laisser « toucher » et laisser grandir l’état émotionnel du moment avec ce qui vient comme il vient et comme il devient.
Cette rencontre relationnelle se fait sans projet, c’est le principe de la non productivité, on n’attend aucun résultat, rien n’est programmé. L’autre sera sujet et non l’objet d’un projet ou encore d’une technique.

Aujourd’hui, si je ne devais retenir qu’une leçon de cette merveilleuse expérience ce serait : la conscience de la différence entre « faire le clown » et « être clown ». C’est cet apprentissage qui m’a rendu « vivante » présente à moi et à mes sensations. Cà n’est qu’à cette condition, de présence à moi dans l’instant, que je peux me rendre disponible à l’autre dans la relation.

Je remercie Christian Moffart* et Françoise Camus* d’avoir créé cette approche relationnelle singulière et humanisante.
Grâce à cette approche, nombreux soignants devenus apaisés sont à leur tour apaisants et vivifiants dans leur accompagnement de soins. Preuve en est que l’on ne fait pas l’économie de s’occuper de soi pour pouvoir s’occuper de l’autre !

Solange Goffin.

*Christian Moffart et *Françoise Camus sont les créateurs liégeois de l’Institut du Clown Relationnel® et de la Clown Thérapie.
Avenue des Cotteaux, 94 à 4000 Liège

La validation | Alimentation émotionnelle » | de la personne âgée ?

Vendredi 7 mars 2008

La théorie de Madame Feil repose sur la conviction que derrière tout comportement se cache un sentiment.

Exprimés, les sentiments douloureux sont reconnus et diminuent. Par contre, lorsqu’ils sont niés, ils ne font qu’augmenter.

L’intervenant en validation, développant l’empathie, va porter son intérêt sur le vécu de la personne âgée en perte d’autonomie psychique. (intérêt de l’utilisation du génosociogramme). Il ouvre ainsi une porte de communication plus consciente et construit une relation sécurisée et chaleureuse avec ces personnes.

N. Feil appuie sa méthode sur l’échelle des différents stades de vie d’Erikson.
En effet, à chaque stade correspond une tâche à accomplir. Le non accomplissement de cette tâche entraîne un sentiment négatif qui est une « perte » dans le développement de la personne.

Elle ajoute un dernier stade qu’elle appelle : stade de résolution/végétation. Toute personne doit pouvoir accomplir cette dernière tâche au crépuscule de sa vie afin de pouvoir mourir en paix.

1. Petite enfance

Tâche : Apprendre à faire confiance quand il y a frustration.

Non accomplissement de la tâche : Défiance. Je ne suis pas aimé.

2. Enfance

Tâche : Apprendre à contrôler ses sphincters. Suivre les règles. Joie d’y parvenir.

Non accomplissement de la tâche : Honte. Culpabilité. Reproche. Je souille tout.

3. Adolescence

Tâche : Trouver sa propre identité. Révolte. Séparation de l’autorité parentale.

Non accomplissement de la tâche : Insécurité. Délégation du rôle. Je ne suis quelqu’un que si je suis aimé.

4. Adulte

Tâche : Intimité. Partage des premiers sentiments. Etre responsable de ses émotions, de ses erreurs et de ses succès.

Non accomplissement de la tâche : Isolement. Dépendance.

5. Age mûr

Tâche : Produire des nouvelles activités quand les anciennes sont dépassées. Se tourner vers quelque chose de nouveau.

Non accomplissement de la tâche : Stagnation. Fixation sur des rôles dépassés.

6. Age avancé

Tâche : Boucler sa vie. Trouver la force intérieure, l’intégrité. Mélanger le passé au présent. Se donner de nouveaux buts.

Non accomplissement de la tâche : Désespoir. « Je ferais mieux d’être mort ».

7. Très grand âge

Tâche : Résolution du passé.

Non accomplissement de la tâche : Etat végétatif.

La validation porte sur le stade 7. Elle aura donc pour objet d’aider la personne très âgée à accomplir sa tâche de résolution de vie.

Quelle attitude juste adopter, quel comportement adéquat pourrait les aider ?

Que faire pour ne pas sombrer dans la tentation de déshumaniser les patients difficiles en niant leurs souffrances émotionnelles à grands coups de médicaments?

L’attitude à adopter en validation

Le personnel soignant ou non, devra revoir certains « conforts » acquis (voir l’exemple de Mme Rubis) pour adopter des attitudes d’écoute et d’empathie.
En effet, valider c’est avant tout reconnaître les émotions d’une personne, en reconnaissant la personne. C’est la prendre par la main pour faire un bout de chemin avec elle en l’acceptant là où elle est. C’est mettre tout en œuvre pour éviter à ces personnes le repli sur soi et le glissement vers un état végétatif.
C’est prendre conscience que tous ces comportements dits « déments » sont en réalité la preuve d’une grande sagesse et sont également tout ce qu’il reste à la personne pour accomplir ses dernières tâches de vie.
Etre à l’écoute des besoins dans le non jugement et le respect et entendre les messages qu’elle essaie de transmettre au-delà des mots.
Comprendre pourquoi telle personne adopte tel comportement et accepter qu’il soit le sien afin de renforcer le sentiment de sécurité ce qui permettra de faire régresser le stress qui l’habite.
Et tout cela en identifiant le canal préférentiel de communication de la personne (auditif, visuel, kinestésique) pour entrer en empathie avec elle et parler le « même langage ».

Les différents stades de la désorientation

La fuite dans l’état végétatif passe par différents stades de désorientation :

Stade 1 : la malorientation

Stade 2 : la confusion temporelle

Stade 3 : les mouvements répétitifs

Stade 4 : L’état végétatif

Certains patients peuvent parfois « surfer » du stade 1 au stade 2, mais en principe, lorsqu’un patient se trouvant dans un stade n’est pas validé, il « s’enfonce » dans le stade suivant jusqu’au non-retour de l’état végétatif.
Prisonnier dans ce dernier stade, pendant parfois des années, il se retrouve dans l’impossibilité de « lâcher prise ».

Les « techniques » utilisées en validation

Selon le stade de désorientation dans lequel se trouve la personne, différentes attitudes « validantes » sont recommandées.

Il s’agit le plus souvent de :

- Interroger la personne en la questionnant : Qui ? Quoi ? Comment ? Où ? (jamais pourquoi car cela invite à la justification, ce qui est impossible pour le patient)

• Utilisation de mots visuels : « Comment était cet homme ? grand ? petit ? Quelle était sa couleur de cheveux ? »…

• Utilisation de mots auditifs : « Faisait-il du bruit ? Qu’avez-vous entendu quand il est entré dans votre chambre ? »…

• Utilisation du canal kinestésique :« Que ressentiez-vous à ce moment là ? Aviez-vous peur ? froid ? » …

- Utiliser le toucher de la validation : par exemple, le toucher de la mère se traduira par des petits mouvements circulaires avec la paume de la main sur la joue, celui du père sera plutôt la main posée sur le dessus de la tête…

- Utiliser les contraires : « Y-a-t’il des nuits où cet homme ne vient pas ? »

- Utiliser les extrêmes : « Vient-il toujours, toutes les nuits? Qu’arriverait-il si cet homme ne venait plus jamais? Qu’ y-a-t’il de plus grave quand il est sous le lit ? »

- Utiliser la technique du miroir : C’est en quelque sorte en « mimant » exactement la posture et les attitudes de la personne que l’on se met en position d’empathie à travers tout le corps.

- Utiliser la réminiscence : « Quand vous étiez petite, c’était comment ? Et votre papa, comment était–il ? décrivez-le moi ? Aimait-il chanter ? Et que chantait-il ? Ah, le petit vin blanc! Et, si on le chantait ensemble ce petit vin blanc ? ….

Le chant est porteur de grande énergie chez ces patients. Il est curieux de constater combien une personne qui vit dans la confusion la plus complète parvient à chanter, avec émotion, une chanson sans en oublier un seul couplet.

Les effets de la validation

Nous nous sommes rendu compte que le fait d’avoir des relations authentiques avec les patients désorientés change tout à fait notre façon de voir ces patients.
Les membres du personnel qui réservent une part de temps de travail aux soins relationnels retrouvent confiance et motivation.
Ne plus être dans le jugement ou la critique disqualifiante nous donne beaucoup plus de satisfaction dans notre prise en charge thérapeutique.
Le patient dit dément d’une part, redevient une personne de qui on a envie de s’occuper et avec qui on a envie de communiquer et, d’autre part, il a besoin de beaucoup moins de médications calmantes et de contentions qu’autrefois.

Un vieil adage dit que le temps c’est de l’argent… En matière de relation, je suis profondément convaincue que le fait de donner du temps permet, presque toujours et sur bien des « postes », d’en gagner.

©Solange GOFFIN

(1) Les formations agréées par le « validation training institue » sont dispensées par le centre Rhapsodie à 1180 Bruxelles Chaussée de Waterloo, 282.

(2) Extrait du livre : « Validation mode d’emploi », Naomi Feil,Ed.. Pradel 1997.

Analyse transactionnelle | A.T | outil de communication dans la relation de soins .

Dimanche 2 mars 2008

Nageant à longueur de journée dans les eaux troubles de la communication, je me suis rendu compte combien il est nécessaire d’être informé, voire aidé, dans la gestion des échanges relationnels que nous entretenons avec le personnel (infirmières | aides soignantes…), les résidents et les familles qui nous entourent. Ces gens, avec qui nous passons une partie importante de notre temps, ont
des modes de fonctionnement qui ne correspondent pas toujours aux nôtres. Il est intéressant de (re)connaître quels mécanismes sont mis en place par l’autre pour communiquer avec nous. La méconnaissance de ces mécanismes peut en effet nous entraîner dans des « jeux psychologiques » d’où il est difficile de « sortir ».
Ces jeux sont d’importants destructeurs d’énergie et ont l’étrange pouvoir de nous réduire à l’état d’éponge ou de citron pressé, de façon insidieuse et parfois pour longtemps…

Plusieurs formations en analyse transactionnelle m’ont permis d’avoir un regard plus clair sur mon propre mode de fonctionnement dans la communication avec les autres. Je comprends mieux les dispositifs et les jeux de manipulation mis en place dans la relation.
L’analyse transactionnelle donne ces outils de connaissance de soi qui permettent de prendre de la hauteur pour analyser ce qui se passe dans la relation et décider ainsi librement d’entrer ou non dans ces jeux.

Définition

transactions

Les relations entre les individus sont la somme d’échanges, de marchandages, de négociations que l’on appelle aussi «transactions ».
L’analyse transactionnelle observe et étudie ces transactions. Elle a été mise au point par le psychologue américain Eric Berne.
Elle repose sur le principe que la personne est constituée de trois états.
Elle met en évidence le fonctionnement du comportement et des relations interpersonnelles.

L’A.T. permet d’éviter les conflits par une communication efficace et fertile entre les intervenants. Elle utilise un modèle en trois parties qui représente le fondement de l’analyse: LE DIAGRAMME DES ETATS DU MOI.

Trois état du Moi

L’état du Moi-parent (P) est l’état dans lequel on se trouve lorsque l’on se comporte, ressent et pense «en parents » (persécuteur, sauveur, normatif, donnant). Il s’agit surtout des comportements de nos parents (ou figure parentale ex: professeur ….) adoptés et rejoués par nous dans notre vie d’aujourd’hui.

L’état du Moi-adulte (A) est l’état dans lequel on se trouve lorsque l’on se comporte, ressent et pense en utilisant nos propres ressources d’adulte c’est-à-dire notre raison, notre rationalité …

L’état du Moi-enfant (E) est l’état dans lequel on se trouve lorsque l’on se comporte, ressent, et pense «en enfant » (rebelle, soumis, libre, adapté). Il s’agit surtout de sentiments, pensées ou comportements que l’on utilisait lorsque l’on était nous-mêmes enfants.
C’est le siège des émotions (joie, tristesse, colère, peur).

Lorsque nous avons pris conscience de notre fonctionnement, nous pouvons choisir de communiquer à partir de n’importe quel état du moi. L’interlocuteur peut à son tour, répondre de n’importe quel «état du moi ». C’est cet échange de communication qu’Eric Berne nomme transaction. Schématiquement, cette transaction est représentée par une flèche marquant le sens de la relation en partant de l’état du Moi utilisé par l’intervenant.

Les trois états du Moi dans la transaction.

Certaines transactions sont bonnes, d’autres « moins ».

1. Les transactions parallèles.

Une transaction est dite parallèle quand les états du Moi des intervenants s’échangent de façon naturelle ou attendue. Les flèches sont parallèles, partant du même état du Moi et la transaction est complémentaire. Ces transactions peuvent être agréables ou non, positives ou négatives et peuvent durer longtemps soit parce qu’elles répondent bien à la demande de l’intervenant (qui atteint son but), soit parce que les personnes tournent en rond (et que, inconsciemment cela les arrange bien).

Exemples :


analyse transactionnelle | parallèle


analyse transactionnelle | parallèles | 2


analyse transactionnelle | parallèles | 3

2. Les transactions croisées

Une transaction est dite croisée quand les états du Moi des intervenants s’échangent de façon inattendue, inespérée ou surprenante. Le croisement peut être positif ou négatif selon l’état positif ou négatif du Moi utilisé.

Exemples :


analyse transactionnelle | croisées | 1


analyse | transactionnelle | croisées | 2


analyse | transactionnelle | croisées | 3

3. Les transactions cachées.

Une transaction peut en cacher une autre… La transaction visible est exprimée mais elle cache une transaction invisible (représentée ci-dessous par une flèche discontinue) qui relève elle, du vécu ou du ressenti intérieur de la personne et qui n’est pas exprimée. Il existe un grand nombre de combinaisons de transactions cachées.

Exemples :


analyse | transactionnelle | cachées | 1


analyse | transactionnelle | cachées | 2


analyse | transactionnelle | cachées | 3

4. Les transactions tangentielles.

L’interlocuteur ne répond pas clairement, voire tout à fait hors propos pour éviter le problème : c’est la transaction de la fuite.

Exemple:

On observe que :

- Tant que la transaction demeure parallèle, la communication dure.
- Dès que la transaction se croise, la communication initiale s’interrompt et change de type.
- La transaction cachée permet les jeux de la communication.

Remarque :

Il est intéressant d’utiliser les transactions parallèles lors des premiers contacts interpersonnels mais elles peuvent devenir routinières et bloquer ou verrouiller rapidement toute communication.
Il est bon de croiser au plus vite une transaction infructueuse mais si la réponse est inattendue et surprend, il vaut mieux ne pas rester dans le verrouillage et continuer à croiser de nouveau.
On peut obtenir des réponses qui nous conviennent bien et d’autres pas du tout.

Dans ce cas, il est préférable de ne pas entrer dans le jeu et rompre la transaction infructueuse en demandant l’heure à une autre personne !

Les signes de reconnaissance.

Lorsque des personnes sont dans une transaction, elles s’envoient mutuellement des signaux, verbaux ou non, au travers desquels elles se « reconnaissent ». Ces signes de reconnaissance que l’on reçoit nous permettent de savoir que nous existons pour les autres.
Les signes de reconnaissance peuvent être positifs: «c’est très bien ce que vous faites, je vous félicite… » (et on lève un pouce en l’air!) ou négatifs: « vous vous êtes encore trompé, vous êtes vraiment nul… » (avec ici, le pouce dirigé vers le bas!)
Les signes de reconnaissance sont vitaux: ils permettent aux personnes de maintenir leur niveau de confort tant physique que psychologique car elles ne se sentent pas seules : cela satisfait le besoin d’exister.

Chaque individu a besoin d’exister et d’être reconnu. Il sera donc toujours à la recherche de signes de reconnaissance. S’il n’en reçoit pas de positifs, il en recherchera à tout prix, même parfois, des négatifs. Ces derniers sont tout aussi importants que les positifs puisqu’ils ont au moins le mérite d’être.
Cela nous permet de mieux comprendre le «fonctionnement » de ces gens qui nous donnent l’impression de «toujours tout faire pour se faire engueuler » !

Conclusion

L’analyse transactionnelle est un outil précieux en maison de repos.

Dans nos relations avec les résidents, nous pouvons parfois être entraînés dans une transaction Parent-Enfant. Si certaines personnes âgées y trouvent un confort, d’autres se rebellent.
Cette façon de se comporter est souvent rencontrée dans les relations que le personnel entretient avec les patients souffrant de démence. En effet, le comportement des résidents confus peut rappeler le «Moi enfant » et nous faire entrer dans une transaction Parent-Enfant. C’est ce genre de relation qui amène à entretenir des comportements infantilisants avec les personnes dépendantes.
Nous devons être attentifs à maintenir une relation Adulte-Adulte chaque fois que nous trouvons une opportunité y compris et peut-être surtout avec les patients confus et désorientés.

Dans les relations avec le personnel, le style de directeur que nous sommes influencera très fort le type de relations que nous entretenons avec les autres personnes de l’entreprise. L’impact d’une direction autoritaire (relation Parent-Enfant), fondée sur des relations de pouvoir réduira les contacts vrais et les communications saines. Le personnel qui se réfugie dans son Moi-enfant, pourra aller jusqu’à dissimuler les problèmes et mentir pour camoufler ses erreurs. Le pouvoir (Parent) ne peut qu’engendrer ressentiment, hostilité (Enfant) car, pour être efficace, celui-ci exige la crainte et la dépendance de la part des autres et éloigne toute relation amicale.
En s’abstenant d’entrer dans une transaction Parent-Enfant au pouvoir coercitif, on permet à l’autre de satisfaire non seulement ses besoins mais également les nôtres car le pouvoir nuit autant à celui qui le subit qu’à celui qui l’exerce.
Exercer trop de pression sur une équipe de travail entraîne rébellion et résistance, les punitions et les récompenses sont inefficaces comme stimulation de la motivation. Par contre, nous l’avons vu plus haut, les signes de reconnaissance positifs sont aussi utiles que nécessaires. D’autre part, le laxisme, attitude du Moi-Parent (permissif) ne donne que des résultats médiocres et un sentiment de « lâcher prise » inapproprié.

Une participation active et consciente de la part de tous les intervenants dans le processus de communication nous permet d’avoir des relations fructueuses dans les deux sens.
De ces bonnes relations dépendent la réputation de notre entreprise, sa réussite parfois même, sa survie…

S. GOFFIN

Bibliographie :
Guide pratique pour l’encadrement, D. Chalvin et J.L Muller, E.S.F éditeur, Paris, 1995.
Manuel d’analyse transactionnelle, Ian Stewart et Vann Joines, Inter Edition, Paris, 1991