Archive pour la catégorie ‘Personnes âgées’

Le bien-être en maison de repos selon différentes perspectives

Samedi 13 septembre 2008

I. Le bien-être du résident

« En matière d’hébergement gériatrique, raisonner en termes de cadre d’épanouissement, et de cadre d’épanouissement réel, pas artificiel est une façon de raisonner qui nous est à ce jour totalement étrangère ».* L. Ploton, La personne âgée, son accompagnement médical et psychologique et la question de la démence ».

Comment définir, pour un résident en maison de retraite | repos, la notion de bien-être ? S’agit-il seulement, comme on le croit le plus souvent, de la satisfaction de besoins premiers : une nourriture acceptable, des témoignages affectueux du personnel ?

La notion de bien-être ne porte-t-elle pas un sens beaucoup plus large ? Même s’ils ne trouvent pas les mots pour le dire, nos résidents n’expriment-ils par, dans leurs regards, d’autres besoins et demandes ?

Bien sûr, le bien-être passe par un accueil chaleureux, des chambres spacieuses et bien décorées, un cadre de vie agréable, du personnel efficace… Mais au-delà de la sécurité, de l’hygiène, de la santé corporelle…et aussi de la gentillesse du personnel et de la bonne nourriture, comment alimenter le « goût de vivre » de la personne âgée ? Comment lui donner le désir, la force de poursuivre son épanouissement au cours de cette dernière tranche de vie ?

Attardons-nous un instant à tenter de comprendre le ressenti de la personne qui entre en institution et, pour cela, faisons le bilan de toutes ses pertes.

La première des choses que perd la personne âgée est son univers familier, c’est-à-dire son foyer, même si la maison de retraite a accepté une partie de son mobilier … Il a fallu abandonner – avec la certitude que c’est sans retour - les odeurs, l’atmosphère, la lumière de la maison. Les senteurs du jardin et le spectacle du temps qui marque les saisons. L’espace aussi… et tous ces menus objets laissés derrière soi… Que faire devant cette déchirure ?

Autre perte importante, la notion apparente de « citoyenneté ». La personne ne paye plus ses taxes, elle ne va plus acheter son journal, elle n’a plus d’échanges avec ses concitoyens (voisins de rue, de quartier, de village, de palier…) Elle a perdu les repères qui marquaient sa vie de tous les jours.

Ajoutons à cela le fait que, prise en charge par le personnel, elle n’a plus à se préoccuper des problèmes d’ordre matériel qui donnaient un rythme à sa vie. En se fondant dans l’institution, n’en perd-elle pas un peu la notion de « Soi »? N’est-elle pas amenée à penser « nous », pire « on », plutôt que « moi » ?

C’est tout cela qui fait qu’au fil des temps se figent les masques séniles d’indifférence et de non-communication.

Notre rôle est alors de décoder la détresse psychologique cachée derrière ces boucliers de survie mis en place par certaines personnes âgées. Et, après le bilan des pertes, tenter d’accumuler les gains pour faire, de la maison de retraite, un lieu où l’humain est la préoccupation essentielle.

« Humaniser »

Humaniser, c’est se donner pour objectif l’épanouissement de la personne.
C’est permettre à chacun, quel que soit son âge, d’exprimer ce qu’il est, c’est rendre la communication la plus vraie et la plus fluide possible. C’est ne jamais oublier qu’on s’adresse à une personne, fût-elle âgée, et non à un état, la vieillesse.
C’est, sans doute, souvent, changer le « souffle » de la maison de retraite.

Favoriser les relations entre les personnes

La maison de retraite est un lieu de vie, une ville en miniature où se croisent des personnes d’âges différents, de statuts différents.
Elle doit donc être faite de lieux de rencontres, de zones de convivialité où chacun peut se dire, où chacun peut écouter l’autre.
Il convient donc d’éviter de « ghettoïser » les personnes dépendantes ou grabataires dans ces beaux salons parfois cachés du public où, seuls les cris, les bruits incongrus, les frappements ponctuent les longs moments de solitude des journées.
Il convient d’éviter de rendre les personnes dites non-communicantes encore plus « désincarnées » en ne leur donnant que quelques minutes par jour d’attention, de regard, de toucher, la plupart du temps au seul moment des soins.

Encourageons les rencontres, les dialogues, les joies partagées. Accueillons la famille, non seulement en visites de courtoisie autorisées par le règlement d’ordre intérieur, mais pour partager les repas, les activités et pourquoi pas les soins .
Faire de la maison de retraite un lieu ouvert

La maison de retraite se doit d’être, dans l’esprit, un milieu totalement ouvert où l’on entre et sort selon ses besoins et ses choix.
Il s’agit là de s’opposer à des habitudes du personnel qui, contrairement aux pratiques hospitalières, intègre le résident comme un élément devant rester jusqu’à son décès. Comment éviter l’impression que ce lieu de vie est parallèlement un lieu de mort ?
Et comment trouver le bien-être avec, dans la tête, de telles pensées négatives ?
Donner à chacun l’autonomie qu’il est capable d’assumer
Le collectif tend à standardiser les actes, pour les accomplir soit de façon uniforme, soit avec économie. On sait bien que, dans beaucoup de maisons de retraite, on préférera faire le ménage dans toutes les chambres plutôt que de s’interroger sur la capacité du résident qui l’occupe.
Donnons à chacun le plaisir de changer l’eau des fleurs, d’épousseter, de déplacer selon son inspiration, les objets qui font son univers.

Respecter la personnalité de chacun, fruit de son expérience de vie

Les personnes âgées ne sont pas des êtres « à part » mais des individus riches d’une expérience de vie qui explique leur comportement dans leur présent vécu.
Il y a la vieille dame, née en 1902, fille aînée de cinq petits frères et sœurs qu’il fallut élever… Il y a celle qui allait à l’école en sabots et qui avait 6 ans en 1914, au moment de la première guerre mondiale. Il y a celle que les deuils ont fouettée, un mari, un enfant, et qui pourtant ose encore regarder l’avenir.
Connaissons les personnes au-delà de leurs pathologies médicales et chirurgicales. Reconnaissons leurs différences et répondons à leur légitime besoin d’exister.

Reconnaître leur vie affective

Nos maisons de retraite peuvent parfois offrir à certains résidents la possibilité de vivre – sans doute pour une dernière fois – une vie affective.
Reconnaissons-leur le droit de garder précieusement, même dans leur grand âge, l’aptitude à aimer et à donner de l’amour. Reconnaissons-leur le droit d’exister.
Se sentir « exister » n’est ce pas là une notion fondamentale de bien-être ?

Respecter la notion du temps de chacun.

Le temps est au cœur de la vie de l’être humain. Chacun entretient un rapport différent avec les trois aspects du temps : le passé, le présent, le futur. Celui-ci ne vit que par le passé qu’il évoque sans cesse comme si sa vie s’était arrêtée un jour, voilà longtemps. Celui-là veut avoir tout oublié et s’inquiète de l’avenir… qui est souvent la mort plus ou moins proche avec les peurs métaphysiques qui l’environnent. Ces ceux-là vivent en quelque sorte étrangers à eux-mêmes car dépossédés de la réalité du moment présent.
Encourageons-les à vivre au mieux dans l’ici et maintenant en leur offrant des sujets de joies et satisfactions, en les encourageant à développer leur créativité et la fierté du « faire » réussi.

Conclusions

Toutes ces perspectives exigent sans doute une sensibilisation des soignants afin qu’ils soient capables de donner à leur maison de retraite ce souffle humaniste qui permet à la personne âgée de poursuivre dans le bien-être, jusqu’à la mort, son épanouissement

Solange GOFFIN
Formatrice en soins relationnels
.

L’application du Feng-shui dans un service gériatrique.

Mercredi 2 avril 2008

Voici quelques années, sensible au bien-être et à l’harmonie en général,je me suis initiée aux prémices du Feng-shui et de la géobiologie.
Les quelques modifications que j’avais apportées à mon domicile ont eu des effets positifs sur ma vie privée et mon environnement.
J’ai alors observé avec plus d’attention les marques d’équilibre – ou de déséquilibre – à l’intérieur de la maison de reposdans laquelle je travaillais une grande partie de mon temps et, modifiant quelques détails, j’ai remarqué une amélioration de l’atmosphère mais aussi des modifications de comportement chez les résidants.

Qu’est-ce que le Feng-Shui ?

Le mot est à la mode! Littéralement, Feng-shui signifie en chinois «vent et eau». Il s’interprète à la fois une protection contre les vents et une meilleure intégration des bienfaits de l’eau.
Il repose sur l’idée – commune à beaucoup de peuples, d’ailleurs – que notre environnement est traversé d’ondes d’énergies.
Les unes, peuvent être favorables et mettent l’homme en accord et en harmonie avec la nature, améliorant ainsi son bien-être et sa santé. Ces ondes sont appelées CHI*.
Les autres ondes, appelées “flèches empoisonnées secrètes de l’environnement” seraient défavorables et mortifères.

Le Feng-shui nous enseigne comment éviter ces lignes d’énergies dangereuses et comment équilibrer
les lignes d’énergies bénéfiques en harmonie avec les forces de la nature qui nous entourent.
Il propose des pistes pour aider l’âme de notre lieu de vie et de travail à «grandir».

POURQUOI LE FENG-SHUI dans les structures de soins ?

«Le Feng-shui est à l’environnement ce que l’acupuncture est au corps”. (Van Minh)

En regardant vivre les patients de notre maison de repos, nous avons constaté différents phénomènes «rationnellement» inexplicables: similitudes dans les pathologies présentées en fin de vie par des résidants ayant occupé la même chambre (notamment des troubles vasculaires au niveau des membres inférieurs, alors que rien ne laissait présager ce type de pathologie), refus de s’alimenter de patients différents occupant successivement la même place
dans le restaurant, fin de vie paisible et en total lâcher prise dans la même chambre qui, d’ailleurs, n’a été occupée que par deux résidants différents en 15 ans!
Nous avons aussi découvert que certains endroits invitent au calme et à la sérénité ou, au contraire, à l’agitation et au désordre…
Il suffisait peut-être de faire appel aux règles fondamentales du Fengshui pour obtenir un changement du ressenti des personnes utilisant ces lieux.

QU’AVONS-NOUS FAIT ?

Laissant s’exprimer les lois de la nature, nous n’avons évidemment rien modifié à la chambre «d’amour», ni à la chambre de «la longévité».
Par contre, nous avons apporté quelques changements dans les autres endroits. Les troubles vasculaires au niveau des jambes ont été désormais évités: une arête saillante du mur qui générait des ondes de forme sur le pied du lit a été corrigée par l’application de pochoirs de lierres, minimisant ainsi l’onde néfaste émise par l’arête murale.

La table du restaurant invite désormais à la convivialité: nous avons ôté le superbe trophée de chasse qui la surplombait et dégageait une énergie des plus mortifères. Nous avons également, dans les chambres, proposé d’ôter certains objets – et notamment des objets amenés par les résidants – qui pouvaient faire chuter l’énergie.
Nous en avons apporté d’autres, cadres, bouquets de fleurs, petites tables,points lumineux; permettant une meilleure circulation de l’énergie, ils ont amélioré le ressenti des personnes utilisant les lieux.
C’est ainsi que chaque fois que nous recevions une visite dans la maison de repos, nous constations avec plaisir que, spontanément, les visiteurs s’accordaient à dire «Dès l’entrée dans le bâtiment, on ressent quelque chose d’apaisant, d’agréable, il se dégage une atmosphère de sérénité que l’on ne peut pas expliquer»…

Tout ceci peut paraître «étrange», et, pourtant, force est de constater que l’application de quelques grands principes de base de Feng-shui a influencé l’énergie vitale et amélioré la qualité de vie sur notre lieu de travail.

Dans un sevice pour personnes âgées,quelle serait la chambre feng-shui idéale?
Essayons, en nous appuyant sur nos lectures et notre expérience, d’imaginer la chambre «Feng-shui» idéale.
L’entrée dans la chambre est séparée du lieu de vie par un espace «sas» style petit hall d’entrée, de manière à ne pas «surprendre» le résidant en pénétrant directement dans son espace vital en laissant le temps de quelques pas aux visiteurs pour s’annoncer…
Une grande baie vitrée «habillée» de voilages et/ou de rideaux de couleurs agréables (comme des tons de rouge, orange, jaune, vert): ils laissent entrer la lumière naturelle et l’énergie solaire mais gardent, d’autre part, le «chi» le plus possible dans la chambre. Une boule de cristal pourra être suspendue devant la fenêtre pour faire «vibrer» la
lumière sur les murs. Le lit est placé tête au nord et de manière à ce que le patient voie de son lit qui entre dans la chambre et ne soit pas surpris durant son sommeil.
Cependant, la tête du lit ne doit pas être placée contre le mur des sanitaires (lieu où on élimine les déchets et où il y a la moins bonne énergie), ni les pieds du lit vers la porte d’entrée (position du mort que l’on visite!).
Autant que possible, le contact trop proche avec les prises de courant près du lit sera évité.

Une jolie nappe colorée habille la table, créant une atmosphère conviviale, accueillante et plus personnalisée.
Des petites plantes vertes bien nourries garnissent les appuis de fenêtre.

Des décorations faciles à l’entretien ornent les murs: photos rappelant des souvenirs «heureux» comme des visages d’enfants, plutôt que des photos d’ancêtres à la mine sévère et aux regards perçants dont les résidents ne gardent pas toujours un souvenir heureux !
Les arêtes de mur saillantes et menaçantes, dirigées vers le corps du résidant, sont corrigées par des applications de guirlandes de lierres peints au pochoir. On bannit les armes, les sabres ou les épées suspendues au-dessus du lit.
On évitera également de laisser les chaises percées avec des excréments dans la chambre et surtout pas à la tête du patient, même pour la nuit.

On bannit les fleurs séchées, les animaux empaillés, les décors de chasse ou encore les images de la passion du Christ ensanglanté… tout ce qui, dans l’inconscient collectif, éveille des sentiments de souffrance ou de mort.
Afin de vivifier la chambre, le soir, on laisse plusieurs points d’éclairage indirects, particulièrement dans les petits coins sombres.
Un aquarium avec quelques poissons rouges sera toujours intéressant dans l’apport d’énergie vitale d’une chambre, à condition qu’il soit très bien entretenu.

LES REMEDES DU FENG-SHUI

Il existe des «remèdes» fondamentaux pour corriger certaines situations qui ne sont pas harmonieuses ou qui créent des obstacles à la fluidité du «chi» et au bien-être.
Ces remèdes peuvent être utilisés à l’intérieur comme à l’extérieur d’un bâtiment.
On peut citer: les objets brillants, les sons, les choses vivantes, les objets mobiles, les objets inertes, les appareils électriques, les couleurs.

1. Les objets brillants ou réfléchissants

A. Les miroirs

Surnommés «l’aspirine du Fengshui», les miroirs sont utilisés à l’intérieur, dans des endroits exigus, pour favoriser la circulation du «chi», en créant une impression de grandeur, d’espace et de luminosité.

A l’extérieur, ils servent soit à détourner de la maison le «chi» menaçant (funérarium, grand route à voie rapide), soit à refléter vers l’intérieur une belle vue comme un massif de fleurs ou un plan d’eau attirant le «chi» positif de la beauté du paysage.

B. Les boules de cristal à facettes

Les cristaux ont la propriété d’activer l’énergie.
Suspendue devant une fenêtre orientée à l’ouest, une boule de cristal capte les rayons du soleil pour les refléter en un arc-en-ciel vivifiant dans la pièce. On les utilise aussi pour freiner l’énergie dans un couloir trop long ou encore pour émousser l’angle d’un mur. Sources de force et d’énergie positive, les boules de cristal donneraient aux habitants le don de clairvoyance et d’optimisme.

C. Les éclairages

Les éclairages sont très utilisés en Feng-shui car ce sont des remèdes efficaces.
Dans n’importe quel environnement, la lumière est un atout important dans la diffusion de l’énergie car elle représente le soleil et enrichit le «chi» intérieur des habitations.
A l’extérieur, l’éclairage permet, par exemple, de corriger le «morceau manquant» d’une maison construite en L.

2. L’utilisation des sons: carillons, clochettes…

Les carillons éoliens ont la faculté de ralentir le courant du «chi».
On les utilise plus particulièrement dans les endroits où l’énergie «file», comme les longs couloirs, les pièces très hautes… afin d’éviter de laisser cette énergie se disperser.
Des carillons suspendus à une porte d’entrée protègent symboliquement des intrusions malsaines dans la maison.

3. Les choses vivantes

A. Les plantes, les fleurs…

Elles représentent la nature et symbolisent la vie, la croissance: elles répandent le «chi» nourrissant dans la pièce, à condition d’être bien entretenues, vertes, dans une eau claire et propre, elles attirent l’énergie vitale.
Pour résoudre des problèmes de déséquilibre, on les place devant des angles trop vifs, dans des endroits non occupés où domine le vide.

B. Les aquariums, les poissons…

Ils sont la représentation réduite de la source vitale de la mer,de l’eau,source de vie.
Un aquarium bien entretenu, avec une petite pompe ou des jets d’eau, génère de l’énergie positive.

4. Les objets mobiles

Les objets actionnés par le vent ont la faculté de faire circuler l’énergie et stimuler ainsi le «chi». On pensera aux mobiles ou, encore, aux moulins à vent comme objets de décoration.

5. Les objets lourds

L’utilisation d’un objet lourd peut donner «plus de poids» à une ambiance, comme par exemple mettre un éléphant en pierre à l’endroit où règne la sérénité peut entretenir et renforcer l’atmosphère de cet l’endroit.

6. L’électricité

Dans les locaux de vie, la radio et la télévision introduisent la vie par les vibrations des sons. Tout objet fonctionnant à l’électricité utilise des vibrations universelles qui créent et favorisent une circulation active du «chi».

7. Les couleurs

L’emploi judicieux des couleurs peut améliorer certains aspects de la vie.
Le blanc sera être évité car pour les chinois, c’est la couleur du deuil…
Le jaune, couleur du soleil, est symbole de longévité…
Le vert, couleur du printemps, représente la croissance, la fraîcheur, la tranquillité…
Le rouge, couleur de l’amour, représente la prospérité.

CONCLUSION

Mis à part le phénomène de mode que sous-tend le mot «Feng-shui», il faut reconnaître qu’à partir du moment où l’on oeuvre avec enthousiasme pour une décoration belle et harmonieuse, l’ordre et la propreté de notre lieu de vie,on contribue inévitablement à l’équilibre des forces vitales.

Aérer. Parfumer d’effluves de fleurs. Laisser entrer les arômes des mets cuisinés. Ranger. Placer les bons objets aux bons endroits. Choisir des couleurs vivifiantes. Eviter de laisser à vue ce qui rappelle la maladie (chaises roulantes, brancards, chariots de pansements ou à médicaments, odeurs de fèces ou de désinfectant).
Voilà autant de pistes de réussite pour contribuer à grandir «l’âme de la maison».

L’amélioration du «chi» par petites touches correctives sera aussi bénéfique que précieuse à l’épanouissement de chacun: les résidants, le personnel, les visiteurs et nous-mêmes.

Solange Goffin

La validation | Alimentation émotionnelle » | de la personne âgée ?

Vendredi 7 mars 2008

La théorie de Madame Feil repose sur la conviction que derrière tout comportement se cache un sentiment.

Exprimés, les sentiments douloureux sont reconnus et diminuent. Par contre, lorsqu’ils sont niés, ils ne font qu’augmenter.

L’intervenant en validation, développant l’empathie, va porter son intérêt sur le vécu de la personne âgée en perte d’autonomie psychique. (intérêt de l’utilisation du génosociogramme). Il ouvre ainsi une porte de communication plus consciente et construit une relation sécurisée et chaleureuse avec ces personnes.

N. Feil appuie sa méthode sur l’échelle des différents stades de vie d’Erikson.
En effet, à chaque stade correspond une tâche à accomplir. Le non accomplissement de cette tâche entraîne un sentiment négatif qui est une « perte » dans le développement de la personne.

Elle ajoute un dernier stade qu’elle appelle : stade de résolution/végétation. Toute personne doit pouvoir accomplir cette dernière tâche au crépuscule de sa vie afin de pouvoir mourir en paix.

1. Petite enfance

Tâche : Apprendre à faire confiance quand il y a frustration.

Non accomplissement de la tâche : Défiance. Je ne suis pas aimé.

2. Enfance

Tâche : Apprendre à contrôler ses sphincters. Suivre les règles. Joie d’y parvenir.

Non accomplissement de la tâche : Honte. Culpabilité. Reproche. Je souille tout.

3. Adolescence

Tâche : Trouver sa propre identité. Révolte. Séparation de l’autorité parentale.

Non accomplissement de la tâche : Insécurité. Délégation du rôle. Je ne suis quelqu’un que si je suis aimé.

4. Adulte

Tâche : Intimité. Partage des premiers sentiments. Etre responsable de ses émotions, de ses erreurs et de ses succès.

Non accomplissement de la tâche : Isolement. Dépendance.

5. Age mûr

Tâche : Produire des nouvelles activités quand les anciennes sont dépassées. Se tourner vers quelque chose de nouveau.

Non accomplissement de la tâche : Stagnation. Fixation sur des rôles dépassés.

6. Age avancé

Tâche : Boucler sa vie. Trouver la force intérieure, l’intégrité. Mélanger le passé au présent. Se donner de nouveaux buts.

Non accomplissement de la tâche : Désespoir. « Je ferais mieux d’être mort ».

7. Très grand âge

Tâche : Résolution du passé.

Non accomplissement de la tâche : Etat végétatif.

La validation porte sur le stade 7. Elle aura donc pour objet d’aider la personne très âgée à accomplir sa tâche de résolution de vie.

Quelle attitude juste adopter, quel comportement adéquat pourrait les aider ?

Que faire pour ne pas sombrer dans la tentation de déshumaniser les patients difficiles en niant leurs souffrances émotionnelles à grands coups de médicaments?

L’attitude à adopter en validation

Le personnel soignant ou non, devra revoir certains « conforts » acquis (voir l’exemple de Mme Rubis) pour adopter des attitudes d’écoute et d’empathie.
En effet, valider c’est avant tout reconnaître les émotions d’une personne, en reconnaissant la personne. C’est la prendre par la main pour faire un bout de chemin avec elle en l’acceptant là où elle est. C’est mettre tout en œuvre pour éviter à ces personnes le repli sur soi et le glissement vers un état végétatif.
C’est prendre conscience que tous ces comportements dits « déments » sont en réalité la preuve d’une grande sagesse et sont également tout ce qu’il reste à la personne pour accomplir ses dernières tâches de vie.
Etre à l’écoute des besoins dans le non jugement et le respect et entendre les messages qu’elle essaie de transmettre au-delà des mots.
Comprendre pourquoi telle personne adopte tel comportement et accepter qu’il soit le sien afin de renforcer le sentiment de sécurité ce qui permettra de faire régresser le stress qui l’habite.
Et tout cela en identifiant le canal préférentiel de communication de la personne (auditif, visuel, kinestésique) pour entrer en empathie avec elle et parler le « même langage ».

Les différents stades de la désorientation

La fuite dans l’état végétatif passe par différents stades de désorientation :

Stade 1 : la malorientation

Stade 2 : la confusion temporelle

Stade 3 : les mouvements répétitifs

Stade 4 : L’état végétatif

Certains patients peuvent parfois « surfer » du stade 1 au stade 2, mais en principe, lorsqu’un patient se trouvant dans un stade n’est pas validé, il « s’enfonce » dans le stade suivant jusqu’au non-retour de l’état végétatif.
Prisonnier dans ce dernier stade, pendant parfois des années, il se retrouve dans l’impossibilité de « lâcher prise ».

Les « techniques » utilisées en validation

Selon le stade de désorientation dans lequel se trouve la personne, différentes attitudes « validantes » sont recommandées.

Il s’agit le plus souvent de :

- Interroger la personne en la questionnant : Qui ? Quoi ? Comment ? Où ? (jamais pourquoi car cela invite à la justification, ce qui est impossible pour le patient)

• Utilisation de mots visuels : « Comment était cet homme ? grand ? petit ? Quelle était sa couleur de cheveux ? »…

• Utilisation de mots auditifs : « Faisait-il du bruit ? Qu’avez-vous entendu quand il est entré dans votre chambre ? »…

• Utilisation du canal kinestésique :« Que ressentiez-vous à ce moment là ? Aviez-vous peur ? froid ? » …

- Utiliser le toucher de la validation : par exemple, le toucher de la mère se traduira par des petits mouvements circulaires avec la paume de la main sur la joue, celui du père sera plutôt la main posée sur le dessus de la tête…

- Utiliser les contraires : « Y-a-t’il des nuits où cet homme ne vient pas ? »

- Utiliser les extrêmes : « Vient-il toujours, toutes les nuits? Qu’arriverait-il si cet homme ne venait plus jamais? Qu’ y-a-t’il de plus grave quand il est sous le lit ? »

- Utiliser la technique du miroir : C’est en quelque sorte en « mimant » exactement la posture et les attitudes de la personne que l’on se met en position d’empathie à travers tout le corps.

- Utiliser la réminiscence : « Quand vous étiez petite, c’était comment ? Et votre papa, comment était–il ? décrivez-le moi ? Aimait-il chanter ? Et que chantait-il ? Ah, le petit vin blanc! Et, si on le chantait ensemble ce petit vin blanc ? ….

Le chant est porteur de grande énergie chez ces patients. Il est curieux de constater combien une personne qui vit dans la confusion la plus complète parvient à chanter, avec émotion, une chanson sans en oublier un seul couplet.

Les effets de la validation

Nous nous sommes rendu compte que le fait d’avoir des relations authentiques avec les patients désorientés change tout à fait notre façon de voir ces patients.
Les membres du personnel qui réservent une part de temps de travail aux soins relationnels retrouvent confiance et motivation.
Ne plus être dans le jugement ou la critique disqualifiante nous donne beaucoup plus de satisfaction dans notre prise en charge thérapeutique.
Le patient dit dément d’une part, redevient une personne de qui on a envie de s’occuper et avec qui on a envie de communiquer et, d’autre part, il a besoin de beaucoup moins de médications calmantes et de contentions qu’autrefois.

Un vieil adage dit que le temps c’est de l’argent… En matière de relation, je suis profondément convaincue que le fait de donner du temps permet, presque toujours et sur bien des « postes », d’en gagner.

©Solange GOFFIN

(1) Les formations agréées par le « validation training institue » sont dispensées par le centre Rhapsodie à 1180 Bruxelles Chaussée de Waterloo, 282.

(2) Extrait du livre : « Validation mode d’emploi », Naomi Feil,Ed.. Pradel 1997.

L’alimentation « émotionnelle » de la personne âgée par l’approche snoezelen

Dimanche 2 mars 2008

Lors de notre balade dans l’univers diététique ( le mot diététique qui vient du grec « diaïta » qui signifie « art de vivre »), nous avons tenté d’apporter des réponses à plusieurs questions. Nous nous sommes demandés pourquoi certaines personnes âgées refusent de manger, ensuite, lorsqu’elles mangent, comment équilibrer leur alimentation et lorsqu’elles sont au régime, comment gérer cette alimentation particulière. Enfin, la prise en charge spécifique du patient dément au sein d’une structure « cantous » nous a fait découvrir qu’il existe, au-delà du plateau repas traditionnel, une autre prise en charge du patient désorienté.Je crois aujourd’hui profondément que le patient âgé a aussi besoin de se nourrir émotionnellement. C’est la raison pour laquelle je propose ici quelques pistes pour une diététique de l’émotion qui permet au patient âgé de vivre dans une institution sans être déconnecté de ses sensations, de sa mémoire. C’est, à mon sens, en développant cette diététique particulière que l’on évitera les pièges de l’insidieuse maltraitance dont sont parfois la proie les institutions de soins.

De même, chez les résidents désorientés, la communication verbale n’existe plus ou est, la plupart du temps, très pauvre. Ces patients ont d’autant plus besoin de s’exprimer par le langage du corps à travers des moments de perception et de relation de vie authentique.

Dans notre maison de repos, nous avons organisé différents espaces et activités de soins destinés à nourrir émotionnellement nos résidents. Nous nous sommes appuyés pour cela sur les techniques du snoezelen.

Le terme « snoezelen » est la contraction de deux mots néerlandais : « snuffelen » qui signifie renifler et « doezelen » voulant dire somnoler. Ces mots suggèrent un état de langueur et une sensation de bien-être.

Au départ, le snoezelen était une technique d’approche de la personne handicapée mentale. Le concept s’est aujourd’hui étendu : il s’adresse aux personnes démentes et en traitement psychiatrique.

Chez nous, il est proposé à tous les résidents qui le souhaitent mais plus particulièrement aux patients en perte d’autonomie verbale.

1. Le local snoezelen

L’activité « snoezelen » est individuelle et proposée par une animatrice formée en snoezelen-thérapie. Les séances se pratiquent dans un local ou un espace aménagé de divers objets et instruments pouvant stimuler la vue, l’odorat, le goût, le toucher, l’ouïe. Il règne une atmosphère de détente apportée par de la musique douce et un éclairage tamisé.

Voici comment se présente le local snoezelen au sein de notre maison de repos.

La pièce de petites dimensions est meublée d’un fauteuil relax très moelleux, au dossier duquel des enceintes acoustiques orientent la musique le plus près possible des oreilles du résident.

Le local est peint en blanc. Une boule à facettes (type discothèque) dépose sur les murs et le plafond de petites bulles mouvantes. Des étoiles fluorescentes donnent au local une atmosphère presque céleste et féerique.
De plus, une colonne à bulles à variations de couleurs ainsi que des jeux de lumières d’intensité et de couleurs différentes permettent de stimuler la vue.

Différents panneaux tactiles réalisés à l’ergothérapie par les résidents, quelques peluches traînant cà et là, des sacs de noix, d’ouate, de graines…stimulent le toucher tandis qu’une collection importante de senteurs (lavande, vanille, cannelle, mais aussi poivre, ail, oignon, eau de javel, savon de Marseille) ..titilleront l’odorat.

Un pédiluve, des huiles essentielles, des laits de massage corporel permettent un toucher relationnel invitant au bien-être et à la redécouverte du schéma corporel.

Devant les résultats obtenus par ce local snoezelen, nous avons décidé d’adopter ces mêmes principes dans un espace ouvert.

2. L’espace snoezelen ouvert

Au-delà du local snoezelen , nous avons créé au sein du cantous un espace snoezelen ouvert et libre d’accès à tout moment, de façon autonome ou accompagnée, par les résidents qui déambulent en quête de « perceptions »… Il s’agit ici d’un bout de couloir aménagé en parcours de découvertes tactiles. Le patient traverse des rideaux de portes de différentes textures colorées (fleurs en tissu, en papier, perles en plastique, en bois, décors en bouchons…). Au cours de sa promenade, il peut effleurer sur les murs, à hauteur de mains, des panneaux sensoriels amovibles (papier émeri, éponge, paille en plastique, capsules de bouteilles en métal, ouate…). L’espace débouche sur une « coiffeuse » avec un grand miroir, où le patient peut essayer des chapeaux, des écharpes, des gants, des bijoux, des perruques, du maquillage, emprunter une sacoche, un cabat, une poupée…Emerveillement des souvenirs d’enfance…

3. La pièce d’eau « snoezelen »

Après la réalisation du local et de l’espace ouvert « snoezelen »nous avons transformé la salle de bains en pièce d’eau « snoezelen »…

La décoration a été repensée pour que le bain soit davantage un moment de détente et de bien-être : la pièce a été divisée en deux par un rideau au décor marin, qui isole ainsi l’espace bain de la porte d’entrée.
La baignoire est équipée d’un bain à bulles permettant des massages de différentes intensités à différents endroits du corps. Une chaîne hifi diffuse une musique de fond tout en douceur tandis que des projecteurs à bain d’huiles répandent leurs décors psychédéliques sur les carrelages blancs.
Des petites colonnes d’eau garnies de poissons multicolores encadrent la baignoire. La lumière du jour est filtrée par un jeu de superposition de voilages aux couleurs tendres.
Dans ce local on jouera plus particulièrement avec les senteurs : huiles parfumées, encens d’ambiance…

4. La formation du personnel à l’esprit snoezelen

Très vite, nous nous sommes rendu compte qu’il était important de sensibiliser l’ensemble du personnel à « la philosophie snoezelen » afin que chacun puisse l’appliquer dans son travail de chaque instant.
Il est clair que dans cette perspective de nombreuses situations doivent être revisitées. Par exemple, les frictions de siège étaient effectuées de façon vigoureuse toujours dans le même sens, avec une méthode et une énergie sans faille. Aujourd’hui, on massera les fesses en douceur et on profitera de ce moment pour allonger le massage par un effleurement des lombes, si bienvenu chez les patients courbatus.

Les frictions de talons seront, elles aussi, étendues au pied tout entier et plus particulièrement aux orteils, qui, s’ils n’ont pas besoin d’être frictionnés ont surtout besoin d’être relaxés….

Le massage des mains et du visage aura un effet anxiolytique chez les personnes insomniaques.
Des attitudes de soins telles que faire humer l’eau de Cologne avant de la répandre dans le dos, faire apprécier la douceur du savon sur la peau, le ruissellement de l’eau chaude sur les jambes, masser un peu le cuir chevelu avec la pulpe des doigts au cours du coiffage, permettent d’avoir une relation plus proche avec le patient que l’on soigne.

Au moment du repas, la règle des trois petits tas respectée pour les régimes mixés (séparer viande, légumes, pommes de terre), chaque instant peut devenir un moment de découverte avec le patient: c’est chaud : c’est le potage, c’est froid : c’est le dessert, c’est sucré, c’est salé, c’est doux, c’est fibreux….ce sont autant de sensations à re-découvrir qu’il y a d’aliments, autant d’occasions de travailler sur la réminiscence.
Appliquer le finger-food aux patients qui en ressentent le besoin rendra confiance et revalorisation.

Dans la même perspective, il est aussi important d’enseigner au personnel comment faire pour rester en empathie avec les patients, en gardant parfois simplement le « contact regard », un contact de vérité, d’amour, un contact que l’on donne sans projet, sans rien attendre en retour.

Nous demandons à notre personnel (infirmières | aides soignantes…) de ne jamais oublier que, au delà du savoir et du savoir- faire, il y a surtout le savoir- être que chacun doit développer et valoriser dans sa relation à l’autre et à la personne âgée en particulier.

Je profite de cet espace qui m’est donné pour souhaiter mes vœux les plus chaleureux à tous les collègues gestionnaires, et surtout que l’année nouvelle apporte à chacun « un peu de temps pour soi…. »

Solange GOFFIN

La prise en charge de l’état nutritionnel du patient âgé et alimentation de régime

Dimanche 2 mars 2008

L’Alimentation de régime.

Avec les beaux jours, un flot de magazines présentent des régimes plus variés les uns que les autres. Cette période me paraît également propice, en gériatrie, pour aborder les problèmes de l’alimentation de régime.

En maison de repos, lorsqu’un patient est mis au régime, nous ne disposons généralement , comme outil de travail, que de l’ordonnance médicale et, à moins que d’être aidé par un service de diététiciennes, nous sommes souvent confrontés à de nombreux questionnements.

Avant de mettre en place un régime, se poser les bonnes questions est déjà gage de réussite.

1° Quels sont les buts du régime ?

Différentes situations, différentes pathologies vont inciter le médecin à prescrire un régime à une personne âgée.

S’agit-il d’un trouble pondéral (surcharge pondérale ou cachexie) ou d’un trouble métabolique (hypertension, diabète…) ?
S’agit-il de mettre un organe au repos (en vue d’une intervention chirurgicale intestinale ou d’un examen du colon) ?
S’agit-il de prévenir certaines maladies (hypercholestérolémie.. ) ou d’éviter des complications à long terme (diabète…) ?
S’agit-il de pallier à certaines intolérances (gluten, lactose…) ?

1. Je tiens à remercier les gestionnaires de maison de repos qui se sont servis de mon article précédent comme outil de travail en atelier discussion avec leurs résidents.
Quelle satisfaction d’apprendre que de nombreux résidents ont été fort intéressés, d’autres interpellés et certains, même, bien décidés à se faire soigner les dents ou à réviser leurs prothèses

2° Quelles doivent être les qualités d’un régime ?

Un bon régime repose sur cinq facteurs.

Il doit être adapté à la pathologie de la personne âgée.
Il doit être pratique et réaliste, lié au mode de vie du patient, à ses horaires et à ses loisirs.
Il doit posséder des qualités gastronomiques, préservant ainsi le plaisir de manger.
Il doit être détaillé et précis, permettant au patient d’effectuer, en toute sécurité, des choix alimentaires.
Il doit surtout, tout en restant adapté à la pathologie du sujet âgé, rester équilibré.

3° Quel régime pour quelles pathologies ?

Ceci étant précisé, il s’agit de choisir, dans les six grandes familles de régimes les plus couramment utilisés, celui qui sera le mieux adapté à la pathologie du patient et qui tentera de rester le plus possible équilibré et varié.

a) Régime hypercalorique, hyperprotéiné

Ce type de régime est recommandé aux personnes souffrant de malnutrition, de cachexie, d’hypoprotéinémie, de maladies infectieuses chroniques ou digestives chroniques. Dans les cas de brûlures étendues, d’escarres ou encore, chez les patients qui présentent une hyperthyroïdie ayant entraîné un amaigrissement et,enfin, comme complément des anémies, de l’ostéoporose ou du rachitisme.
Ce genre de régime s’adresse également aux patients souffrant de dénutrition liée à la démence. Dans ces cas, l’utilisation de compléments nutritionnels représente un intérêt appréciable.

b) Régime à texture modifiée

L’alimentation liquide est souvent recommandée aux malades devant rester étendus (fracture de la colonne, patients sub-comateux, ou en fin de vie..), aux personnes âgées souffrant d’anorexie ou refusant des mets solides dans le cas de maladie d’Alzheimer, aux patients atteints de lésions graves de la gorge ou de l’œsophage (cancer, radiothérapie…), aux patients souffrant de dysphagie (fausses routes, fausses déglutitions) et enfin, pour permettre le passage de l’alimentation par sonde à une alimentation par voie orale.

c) Régime diabétique

La tendance actuelle se veut plus « permissive » et logique dans l’application du régime diabétique chez le sujet âgé. En effet, on préférera parfois adapter le traitement médicamenteux et garder une « qualité de vie » en optant pour un régime plus large, plutôt que d’être trop « sévère » et entraîner des cas de dénutrition accompagnés de dépression si fréquent chez la personne âgée.

Le régime diabétique a deux fonctions : d’une part, à court terme, il doit permettre de maintenir la glycémie à un taux stable et normal, réduire les glycosuries et favoriser l’utilisation du glucose, et d’autre part, à long terme, éviter les complications graves de la maladie telles que gangrène, cataracte, cécité, athérosclérose, insuffisance rénale …

Ce régime, le plus couramment rencontré en maison de repos, doit être géré avec une attention particulière tout en n’étant pas trop restrictif afin d’éviter les pertes de poids.
Les repas doivent être pris à heure régulière en fonction des médicaments et du dosage de l’insuline.
Trois repas principaux et trois collations doivent être répartis sur la journée (la collation du soir souvent oubliée, revêt pourtant toute son importance pour éviter la chute de glycémie de fin de nuit).
Progressivement, on devra tenter de déshabituer le patient de la saveur sucrée.
On lui proposera une cuisine légère et digeste en évitant les excès de graisses saturées ou de sel, afin d’éviter les problèmes cardiovasculaires souvent associés au diabète.
On lui apprendra à reconnaître les signes d’hypoglycémies (tête vide, faim intense, sueur frontale, nervosité…).

On veillera à peser le patient de façon régulière.

d) Régimes désodés

Les régimes désodés stricts ne sont plus trop en vogue, en effet, on tentera de plus en plus à proposer des régimes désodés « larges » (si on propose le pain sans sel, on pourra par exemple « élargir » d’autres mets…).

Les régimes désodés sont le plus souvent indiqués en cas d’hypertension artérielle, de cardiopathies décompensées ou non, d’oedèmes, de néphropathies, de cirrhose avec ascite ou encore, lors de traitements prolongés aux corticoïdes mais rappelons-nous qu’ils seront contre indiqués dans certaines formes de néphrites chroniques ou de néphroses, d’insuffisance surrénaliennes, et également en cas de transpiration importante, de vomissements ou de diarrhées.

Les habitudes alimentaires de nos aînés font que la suppression du sel dans l’alimentation représente souvent une difficulté supplémentaire, en effet, des mets non salés sont souvent d’un goût fade et lassent très vite les patients au point d’entraîner parfois de l’anorexie.

e) Les régimes d’épargne gastrique

Ce type de régime est le plus souvent prescrit aux patients souffrant de troubles gastriques, d’oesophagite, d’hernie hiatale avec reflux ou encore d’hypersécrétion chlorhydrique entre autres.

Il est important d’éviter les irritants de la muqueuse gastrique : tabac, alcool, coca, café, chocolat, épices, boissons gazeuses, fritures…

Ce régime d’épargne gastrique doit également être géré avec une attention particulière :

La nourriture doit être fractionnée en 5 ou 6 repas légers.
Les repas doivent être pris à horaires réguliers dans le calme et la détente.
Le patient doit être encouragé à entretenir une bonne hygiène dentaire et à porter régulièrement ses prothèses. Il doit éviter de « chiquer », de mastiquer dans le vide, mais par contre, bien mâcher les aliments.

f) Le régime d’épargne intestinale

- Dans le cadre de diverticulose, diverticulite, colon irritable, ce régime sera prescrit pour une plus longue durée. Il sera conseillé dans ce cas, d’éviter les fibres insolubles (légumes secs, pain complet, riz complet, pâtes complètes…), de limiter les apports en lactose et d’éviter les graisses.

- Dans le cadre de préparation à une intervention chirurgicale par exemple, au niveau de l’intestin, ce régime sera prescrit pour une courte durée.
On parlera alors de régime « sans déchets strict » dans lequel on évitera particulièrement les fibres insolubles mais également les fibres solubles (fruits et légumes cuits et crus), les graisses, et l’apport en lactose.
On aura parfois recours à des compléments nutritionnels sans lactose et sans fibre qui ont l’avantage de ne plus laisser le patient à jeun les jours qui précèdent l’intervention.

4° Comment procéder pour effectuer la réalisation pratique d’un régime ?

Il est essentiel, au départ, de disposer d’une anamnèse alimentaire (idéalement, nous l’avons déjà vu, l’anamnèse sera réalisée à l’entrée du résident, avant même la prescription d’un régime, ce qui simplifiera la démarche auprès du patient).

L’interrogatoire du patient portera surtout sur :

- son mode de vie, ses goûts alimentaires, la nature des aliments et des boissons les plus habituellement consommés
- ses troubles du comportement alimentaire (grignotage, téléphage.. )
- la fréquence des écarts
- les difficultés et les résistances rencontrées face au régime.

Il est également important d’impliquer le patient, le personnel et la famille dans la mise en place d’un régime.

S’il n’est pas habituel en maison de repos de faire appel à un service de diététique, il me semble important de faire confiance aux « professionnels ».
C’est ainsi qu’avec l’aide d’une diététicienne, on pourra élaborer un plan alimentaire clair et précis, ainsi qu’un tableau d’équivalence qui permettrait au patient de varier son alimentation sans transgresser aux règles du régime. On peut également demander au service de diététique de créer une liste détaillée des aliments autorisés et défendus, les recettes de préparation adaptées ainsi que la liste des produits de régime et leur point de vente, afin de disposer d’outils de travail concrets pour aider au mieux le patient dans l’observance de son régime.

5° Faut-il suivre le patient ?

Le suivi du patient revêt une importance capitale.

Les intervenants (infirmière | aides soignantes…) doivent rencontrer régulièrement le patient pour le féliciter et l’encourager, répondre à ses questions et lui prodiguer des conseils pratiques.
Dés qu’une difficulté apparaît, se faire conseiller par un service de diététique.
Dés que cela s’avérera nécessaire, le régime pourra être « remodelé » en fonction de l’état général du patient ou de l’évolution de sa maladie.

A propos des produits de régime….

On peut classer les différents produits de régimes en différentes catégories :

- les produits destinés à l’observance d’un régime (ex : lait sans lactose, produits sans glucose…)
- les produits utiles à la réalisation d’un régime (ex : poudres protéinées, farines sans gluten..)
- les produits améliorant l’alimentation du patient (ex : sel sans Na, produits désodés, produits pour diabétiques, produits pauvres ou riches en fibres…)

La société de consommation dans laquelle nous vivons nous propose une panoplie de produits au prix parfois élevé. Certains d’entre eux peuvent être efficacement remplacés par des recettes maison (une pomme cuite au four avec de la cannelle peut avantageusement remplacer une compote light sans sucre).

L’attention du patient doit être attirée sur les notices qui accompagnent les produits de régime (par exemple, la mention « light » peut avoir différentes significations : sans sucre ou allégé en graisse ou…).

Le régime alimentaire et l’incidence psychologique sur le patient âgé, institutionnalisé.

La personne qui est mise au régime présente parfois une attitude de gêne qu’elle cachera derrière des comportements de honte qui seront vécus souvent par les autres comme des « caprices ». Ces attitudes peuvent diminuer la convivialité, faire apparaître la personne comme asociale et uniquement focalisée sur son assiette.
Ce type de comportement ne reflète souvent que le besoin de cacher aux autres (et à soi même) sa « différence ». Plus le nombre de convives à une même table sera important et plus le malaise sera profond, les manifestations de ce malaise se traduiront par des apartés, des moqueries, des critiques, des délimitations de morceaux de tables, des réactions d’agressivité ou d’isolement.
Il sera très important de déceler ces comportements, en parler avec le résident afin de pouvoir les éviter.

Solange GOFFIN.