Archive pour la catégorie ‘Psychologie’

Le bien-être en maison de repos depuis différentes perspectives II

Lundi 24 novembre 2008

II. Le bien-être du personnel soignant 

« S’il est encore tabou aujourd’hui de parler du « bien-être des soignants » cela tient au long parcours d’un chemin enfoui dans les ombres de notre passé de soignants. 
Passé empreint de culture religieuse, où la soignante était souvent considérée comme un être « inférieur »,  incapable d’initiatives, ne pouvant qu’exécuter des ordres, servir et même, dans l’inconscient collectif, en tant que femme, associée au péché.  Cette fonction de « pécheresse devant racheter ses fautes » justifierait le port du  tablier blanc signe de pureté, du sacrifice, du rachat des péchés… »
(Extrait du livre « Humanitude
 » Y.Ginest et G.Pellissier)

Jusqu’à la fin du XIXème siècle, la formation des soignantes était plus morale que technique, ce qui les mettait entièrement sous l’autorité du médecin. Elles avaient surtout un rôle spirituel : aider l’autre à supporter ses douleurs, sa déchéance, sa mort, lui épongeant le front et en veillant surtout au salut de son âme…
Etre soignante -soi-niante- n’était-ce pas être soumise, nier ses émotions, ses sentiments, son soi profond ?… 
Le monde a évolué. Le monde des soignantes a changé peu à peu : à l’héritage émotionnel qui est lié au « don de soi », sont venues s’ajouter des techniques de « savoir-faire » : gestes précis élaborés selon des conduites déterminées et des protocoles à mettre en place. De l’idée de sauver les âmes, on est passé peu à peu à l’idée de sauver les corps malades, souvent même au-delà du respect de la personne. 
En outre, tâches et formations se sont diversifiées… Dans l’équipe des soignants, on rencontre aujourd’hui les infirmiers(ères), les aide-soignant(e)s, les agents d’accompagnement, et, au somment de la hiérarchie, la direction.
Il y a l’infirmière dont le rôle, par le passé, n’était que de « servir », « d’être au service de » Il se traduit, actuellement, par l’aptitude à offrir « des services », parce que l’infirmière a acquis des compétences qui lui sont propres,  qui lui donnent les responsabilités dans l’entretien de la vie et la réparation. C’est elle également qui fait le lien entre les différents prestataires de service, pour ne pas disperser les actions et pour leur donner un sens…
Il y a les aides soignants qui restent avant tout des exécutants, soumis au médecin, à l’infirmière en chef, comme jadis elles l’étaient à Dieu. Ne sont-elles pas trop souvent considérées comme des instruments destinés à effectuer des gestes techniques précis, élaborés selon des conduites à tenir et des protocoles à mettre en place.
En effet, hier encore, les aides-soignantes exécutaient des actes de soins (insulines,  prises de paramètres,  injections) qui relèvent aujourd’hui des compétences infirmières. Différents décrets ont été signés afin de remettre à plat les compétences de chacun. Depuis lors, beaucoup d’aides-soignantes plus âgées se sont vu « retirer » des actes qu’elles avaient toujours effectués (avec beaucoup de conscience et de compétences).
Ces modifications des responsabilités  n’ont fait qu’amplifier une image dévalorisée au niveau d’exécutantes! 
Il y a également les agents de service ou d’accompagnement qui appartiennent au personnel soignant même s’ils ne sont pas chargés des soins.
Il s’agit de personnes qui rendent des services qui sont nécessaires à la vie quotidienne des résidents.  Ceci va de l’entretien des locaux à celui du linge (rôle plus spécifique de la lingère), de la préparation des repas (rôle du cuisinier) à des actes plus proches de la personne âgée, comme lui faire une course, l’aider à s’habiller ou à couper sa viande …  Ce sont des services que rendrait la famille ou le voisin si la personne âgée était à son domicile.
Ces actes ne demandent pas de qualifications particulières, mais nécessitent des compétences orientées vers la connaissance de la personne âgée et des règles qui prennent en compte tout travail en collectivité.   
Au sommet de la hiérarchie, la direction dont le rôle primordial est de veiller au bien-être, au « savoir-être » de son personnel. Parce qu’elle sait que c’est la condition première au bien-être des résidents…
J’emprunte à Bernadette Cuisinier* la métaphore évoquant le réajustement de la démarche de soin pour insister sur le remise en question nécessaire au directeur confronté aux réalités du terrain, dans le domaine de la gestion du personnel.

« Il y a à s’adapter tels des paysans cultivant une terre avec un temps pour tout :
- un temps pour défricher
- un temps pour labourer
- un temps pour ensemencer
- un temps pour aérer
- un temps pour réparer les dégâts, les intempéries, les imprévisibles
- et enfin, le temps de la récolte…
 »

Bernadette CUISINIER, Accroître le soin relationnel, Ed.Chronique Sociale, 2002, P.31

Défricher…

C’est d’abord sélectionner, parmi les candidatures, celles qui répondront au « projet de vie » de l’institution… Reconnaître l’émergence d’une conscience professionnelle et d’une bonne intégration dans l’équipe, dans le respect de chacun.

Labourer… ensemencer…

C’est bien définir les profils des postes en élaborant un cahier des charges en précisant le rôle, les fonctions, le champ d’intervention de chacun… En un mot, définir clairement les postes et les responsabilités de chacun.

C’est aussi être à l’écoute… C’est offrir des outils de formation. C’est donner la possibilité de trouver, dans des ateliers extérieurs, les bonnes semences qui ressourceront…
C’est aussi soutenir, reconnaître et soutenir les bonnes actions.

Aérer

C’est être attentif au bien-être de chacun.  C’est respecter ce que chacun est, vit et ressent…C’est reconnaître en chacun la personne et non l’objet de travail ou de rentabilité. C’est donner à chacun la possibilité de se sentir autre chose qu’une croix dans des cases horaires, qu’un pion  manipulé sur un échiquier.
C’est reconnaître l’importance des moments de récréation (n’y a-t-il pas encore des maisons de retraite où, même au cours de la pause-café-repas- qui n’est pas rémunérée- le personnel doit répondre aux appels ?)… 
C’est apporter l’allègement aux équipes de travail afin de ne pas travailler dans le lourd, chaussé de semelles de plomb.
C’est aussi offrir une infrastructure de travail, du mobilier adapté, du matériel adéquat et en suffisance, permettant aux soignants de pouvoir mener à bien leur mission de « bien soigner » 

Et puis parfois réparer les dégâts, les intempéries 

« Distinguer le bon grain de l’ivraie » afin de préserver le bon fonctionnement des équipes. Sans sombrer dans l’excès comme ces institutions qui pour un oui, pour un non, virent leur personnel créant la pression de la menace suspendue. En effet l’ « aquaboniste » n’est-il pas celui qui, démotivé insidieusement, vit dans l’incertitude permanente de ne pas garder sa place ?
Sans culpabiliser celui qui a commis des erreurs, mais en l’aidant, en l’écoutant davantage… En lui permettant de mettre à profit les erreurs pour évoluer, s’améliorer, parfois même se construire.
Mais avant tout,  l’attitude première du directeur, celle qui conditionne sans doute toutes les autres n’est-elle pas le respect ?
Respecter la personne en tant que personne – avec ce qu’elle vit et ce qu’elle ressent – avec la conscience qu’il s’agit le plus souvent de femmes, mères de famille, avec tous les aléas de peurs et de troubles qu’ont à gérer les mamans.

Enfin, Récolter !

En échange de tous ces témoignages de reconnaissance positifs, le personnel peut offrir à son tour, aux résidents la qualité de l’accueil, tant dans le faire que dans l’être. Répondre aux demandes sans être agacé ou dérangé. Donner la priorité à la personne, non à la tâche…
Accorder à la personne âgée la qualité de personne pensant et décidant.  On sait que c’est au moment où les facultés s’altèrent qu’il est le plus important de maintenir à tout prix la participation dans le choix des décisions.
Permettre au personnel de mettre à profit et en œuvre ce qu’il aura pu apprendre en formation et lui permettre de mettre en place des projets motivant et valorisants comme la création d’espaces snoezelen, l’organisation de festivités ou d’animations « extraordinaires » incluant la participation des familles et des aides extérieures.
Autoriser tout ce qui peut faire grandir la motivation du personnel.  Ainsi, le home deviendrait une grande maison où « donner » et « recevoir » prendraient tout leur sens. Où tous se sentiraient reconnus, en offrant à chacun la possibilité de grandir et s’épanouir parce que porté, respecté, aimé, apaisé et devenant à son tour portant, respectant, aimant et apaisant.
Après tout ce travail de la terre, l’ensemble du personnel pourra rayonner de bien-être dans de grands jardins fleuris grâce à toutes les petites graines semées et arrosées chaque jour.
Jardins où la joie serait le support de la vie nourrie d’un terreau « essence de sens »!

Solange GOFFIN
Formatrice en soins relationnels
Teacher en Validation® Naomi Feil

Le bien-être en maison de repos selon différentes perspectives

Samedi 13 septembre 2008

I. Le bien-être du résident

« En matière d’hébergement gériatrique, raisonner en termes de cadre d’épanouissement, et de cadre d’épanouissement réel, pas artificiel est une façon de raisonner qui nous est à ce jour totalement étrangère ».* L. Ploton, La personne âgée, son accompagnement médical et psychologique et la question de la démence ».

Comment définir, pour un résident en maison de retraite | repos, la notion de bien-être ? S’agit-il seulement, comme on le croit le plus souvent, de la satisfaction de besoins premiers : une nourriture acceptable, des témoignages affectueux du personnel ?

La notion de bien-être ne porte-t-elle pas un sens beaucoup plus large ? Même s’ils ne trouvent pas les mots pour le dire, nos résidents n’expriment-ils par, dans leurs regards, d’autres besoins et demandes ?

Bien sûr, le bien-être passe par un accueil chaleureux, des chambres spacieuses et bien décorées, un cadre de vie agréable, du personnel efficace… Mais au-delà de la sécurité, de l’hygiène, de la santé corporelle…et aussi de la gentillesse du personnel et de la bonne nourriture, comment alimenter le « goût de vivre » de la personne âgée ? Comment lui donner le désir, la force de poursuivre son épanouissement au cours de cette dernière tranche de vie ?

Attardons-nous un instant à tenter de comprendre le ressenti de la personne qui entre en institution et, pour cela, faisons le bilan de toutes ses pertes.

La première des choses que perd la personne âgée est son univers familier, c’est-à-dire son foyer, même si la maison de retraite a accepté une partie de son mobilier … Il a fallu abandonner – avec la certitude que c’est sans retour – les odeurs, l’atmosphère, la lumière de la maison. Les senteurs du jardin et le spectacle du temps qui marque les saisons. L’espace aussi… et tous ces menus objets laissés derrière soi… Que faire devant cette déchirure ?

Autre perte importante, la notion apparente de « citoyenneté ». La personne ne paye plus ses taxes, elle ne va plus acheter son journal, elle n’a plus d’échanges avec ses concitoyens (voisins de rue, de quartier, de village, de palier…) Elle a perdu les repères qui marquaient sa vie de tous les jours.

Ajoutons à cela le fait que, prise en charge par le personnel, elle n’a plus à se préoccuper des problèmes d’ordre matériel qui donnaient un rythme à sa vie. En se fondant dans l’institution, n’en perd-elle pas un peu la notion de « Soi »? N’est-elle pas amenée à penser « nous », pire « on », plutôt que « moi » ?

C’est tout cela qui fait qu’au fil des temps se figent les masques séniles d’indifférence et de non-communication.

Notre rôle est alors de décoder la détresse psychologique cachée derrière ces boucliers de survie mis en place par certaines personnes âgées. Et, après le bilan des pertes, tenter d’accumuler les gains pour faire, de la maison de retraite, un lieu où l’humain est la préoccupation essentielle.

« Humaniser »

Humaniser, c’est se donner pour objectif l’épanouissement de la personne.
C’est permettre à chacun, quel que soit son âge, d’exprimer ce qu’il est, c’est rendre la communication la plus vraie et la plus fluide possible. C’est ne jamais oublier qu’on s’adresse à une personne, fût-elle âgée, et non à un état, la vieillesse.
C’est, sans doute, souvent, changer le « souffle » de la maison de retraite.

Favoriser les relations entre les personnes

La maison de retraite est un lieu de vie, une ville en miniature où se croisent des personnes d’âges différents, de statuts différents.
Elle doit donc être faite de lieux de rencontres, de zones de convivialité où chacun peut se dire, où chacun peut écouter l’autre.
Il convient donc d’éviter de « ghettoïser » les personnes dépendantes ou grabataires dans ces beaux salons parfois cachés du public où, seuls les cris, les bruits incongrus, les frappements ponctuent les longs moments de solitude des journées.
Il convient d’éviter de rendre les personnes dites non-communicantes encore plus « désincarnées » en ne leur donnant que quelques minutes par jour d’attention, de regard, de toucher, la plupart du temps au seul moment des soins.

Encourageons les rencontres, les dialogues, les joies partagées. Accueillons la famille, non seulement en visites de courtoisie autorisées par le règlement d’ordre intérieur, mais pour partager les repas, les activités et pourquoi pas les soins .
Faire de la maison de retraite un lieu ouvert

La maison de retraite se doit d’être, dans l’esprit, un milieu totalement ouvert où l’on entre et sort selon ses besoins et ses choix.
Il s’agit là de s’opposer à des habitudes du personnel qui, contrairement aux pratiques hospitalières, intègre le résident comme un élément devant rester jusqu’à son décès. Comment éviter l’impression que ce lieu de vie est parallèlement un lieu de mort ?
Et comment trouver le bien-être avec, dans la tête, de telles pensées négatives ?
Donner à chacun l’autonomie qu’il est capable d’assumer
Le collectif tend à standardiser les actes, pour les accomplir soit de façon uniforme, soit avec économie. On sait bien que, dans beaucoup de maisons de retraite, on préférera faire le ménage dans toutes les chambres plutôt que de s’interroger sur la capacité du résident qui l’occupe.
Donnons à chacun le plaisir de changer l’eau des fleurs, d’épousseter, de déplacer selon son inspiration, les objets qui font son univers.

Respecter la personnalité de chacun, fruit de son expérience de vie

Les personnes âgées ne sont pas des êtres « à part » mais des individus riches d’une expérience de vie qui explique leur comportement dans leur présent vécu.
Il y a la vieille dame, née en 1902, fille aînée de cinq petits frères et sœurs qu’il fallut élever… Il y a celle qui allait à l’école en sabots et qui avait 6 ans en 1914, au moment de la première guerre mondiale. Il y a celle que les deuils ont fouettée, un mari, un enfant, et qui pourtant ose encore regarder l’avenir.
Connaissons les personnes au-delà de leurs pathologies médicales et chirurgicales. Reconnaissons leurs différences et répondons à leur légitime besoin d’exister.

Reconnaître leur vie affective

Nos maisons de retraite peuvent parfois offrir à certains résidents la possibilité de vivre – sans doute pour une dernière fois – une vie affective.
Reconnaissons-leur le droit de garder précieusement, même dans leur grand âge, l’aptitude à aimer et à donner de l’amour. Reconnaissons-leur le droit d’exister.
Se sentir « exister » n’est ce pas là une notion fondamentale de bien-être ?

Respecter la notion du temps de chacun.

Le temps est au cœur de la vie de l’être humain. Chacun entretient un rapport différent avec les trois aspects du temps : le passé, le présent, le futur. Celui-ci ne vit que par le passé qu’il évoque sans cesse comme si sa vie s’était arrêtée un jour, voilà longtemps. Celui-là veut avoir tout oublié et s’inquiète de l’avenir… qui est souvent la mort plus ou moins proche avec les peurs métaphysiques qui l’environnent. Ces ceux-là vivent en quelque sorte étrangers à eux-mêmes car dépossédés de la réalité du moment présent.
Encourageons-les à vivre au mieux dans l’ici et maintenant en leur offrant des sujets de joies et satisfactions, en les encourageant à développer leur créativité et la fierté du « faire » réussi.

Conclusions

Toutes ces perspectives exigent sans doute une sensibilisation des soignants afin qu’ils soient capables de donner à leur maison de retraite ce souffle humaniste qui permet à la personne âgée de poursuivre dans le bien-être, jusqu’à la mort, son épanouissement

Solange GOFFIN
Formatrice en soins relationnels
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La métamédecine au service des souffrances émotionnelles de la personne âgée

Mardi 10 juin 2008

Qu’est la métamédecine® ?

Le mot métamédecine® est formé du préfixe grec « méta » qui signifie «aller au-delà ».
Au-delà du conscient, il y a l’inconscient.
Au-delà de la peur, il y a l’amour.
Au-delà de du connu, il y a l’inconnu.
Au-delà de la mort, il y a la vie.
Au-delà de la souffrance, il y a le bonheur.
Au-delà de la médecine, il y a la métamédecine®.

Comparant l’individu à un iceberg, la médecine serait le soignant de la partie visible de l’iceberg qui traite les symptômes, les douleurs et les anomalies telles les infections, par des traitements sur l’agent causal (tels les virus, les microbes)… La métamédecine® quand à elle, serait le soignant de la partie immergée de l’iceberg, qui traite ce que l’on ne voit pas, ce qui est bien souvent inconnu, de l’ordre de l’inconscient niché dans la mémoire émotionnelle. Elle tente de découvrir ce qui a donné naissance à la maladie, aux troubles, à l’inconfort de vie.
Claudia Rainville docteur en microbiologie médicale est la créatrice de la métamédecine®. Conférencière internationale et psychothérapeute chevronnée, elle a bénéficié des enseignements des plus grands maîtres.
Pour avoir elle-même expérimenté la souffrance et la maladie elle navigue avec aisance au milieu de la plus grande souffrance humaine… Pédagogue hors pair elle partage à ses apprenants ses expériences de vie en toute simplicité et avec beaucoup de compassion pour l’humain.

La métamédecine® ne fait pas de diagnostic, ne prescrit pas de médicament et ne propose aucun traitement.
Elle axe son intervention sur le domaine émotionnel en aidant les personnes qui le désirent à se libérer d’émotions qui les font souffrir par le biais du développement de désordres d’ordre psychosomatiques.

La médecine traditionnelle n’hésite pas à reconnaître que 80% des maladies sont d’origine psychosomatique. C’est sur cette facette de la maladie que la métamédecine® intervient.

Ces deux approches sont complémentaires. En rejeter une par rapport à l’autre reviendrait à sacrifier un hémisphère de notre cerveau au profit de l’autre.

La spécificité de l’approche de le métamédecine® est qu’elle travaille de façon inductive, sans donner d’interprétation à ce que vit la personne mais en l’aidant à découvrir d’elle-même, à son rythme ce qui, au-delà de son conscient, lui crée de la souffrance.

Cette approche thérapeutique amène les individus à se reconnecter avec des émotions profondément enfouies qui, crues oubliées, dirigent encore leur comportement de vie depuis de très longues années. La personne est invitée à aller « retrouver  son enfant intérieur » qui est (ou à cru être) blessé, à accueillir cette part de soi blessée pour, tel un petit enfant, la rassurer, l’apaiser, la guérir et l’aider à grandir. Le thérapeute, en aidant au déroulement de ce processus, amène la personne à se guérir elle-même des maux, qu’elle a pu mettre en place en remplacement des mots, dans sa psyché et/ou dans son corps.

J’ai effectué de nombreux stages de métamédecine® et suis devenue aujourd’hui « personne ressource ». Dans mon travail quotidien, j’ai tenté d’expérimenter ces principes auprès des personnes âgées. je me suis demandé comment cette approche pouvait être d’une utilité thérapeutique chez les personnes âgées et en particulier institutionnalisées.
Comment la métamédecine® peut aider ces personnes à se délester de ces poids qu’elles traînent parfois depuis si longtemps.

J’ai pu expérimenter cette approche auprès de personnes souffrant de mal être profond et ayant encore toutes leurs facultés mentales.

Des personnes traînant un mal de vivre, souvent réactivé par le placement en institution, ont pu découvrir que ce mal profond était lié à une émotion forte déjà vécue par le passé et souvent occultée.

Je vous partage deux expériences relevées parmi d’autres.

Madame J. née en 1920, se trouve régulièrement confrontée à un terriblement état de tristesse et de colère pour « des détails de rien du tout » dit elle.
Aujourd’hui elle a 88 ans, placée en maison de repos, elle semble satisfaite de ce placement car dit-elle : « C’est moi qui ai décidé de me placer après avoir mûrement réfléchi à la question, c’est une aubaine de pouvoir m’offrir ce luxe, je n’aurais jamais voulu être à la charge de mes enfants… Je suis en bonne santé, à part ces vieux genoux qui me font souffrir trop souvent ».
Et pourtant, elle se sent souvent triste, très triste et à la question de savoir si c’est le fait de vieillir qui la perturbe elle répond : « Oh, non, ce n’est pas vieillir qui me rend triste car je suis encore bien pour mon âge et je ne me sens pas vieille du tout » !
Bien qu’entourée affectueusement par ses deux filles et ses trois arrières petits enfants, elle se met parfois en colère sans raisons apparentes, le personnel la qualifie de lunatique, de soupe au lait et d’éternelle insatisfaite tant elle sait parfois se montrer exécrable avec son entourage !
Madame J. surfe ainsi entre des accès de colère incompréhensibles et de profonds moments de grande tristesse…Serait-ce un début de démence  ou simplement les aléas du grand âge avec ses ambivalences de sentiments ? La question est posée ! Au médecin d’en décider…

C’est devant ce « tableau » que je rencontre madame J…
Je l’écoute avec compassion et empathie, présente à elle, sans jugement, sans interprétation. Ensuite, comme à la fin de chacune de nos rencontres elle se lâche dans un profond soupir, son regard déconnecté du mien, comme plongée dans le vague.
« Voilà…Chaque fois que je suis un peu contrariée, je me retrouve dans cette colère contre tous et puis je ressens une grande détresse qui ne me quitte pas facilement, je pleure beaucoup…Je n’étais pas comme cela avant, moi si douce, calme, gentille, toujours d’accord avec tout le monde » dit elle.
Nous nous revoyons plusieurs fois et lorsque le lien de confiance fut créé, nous découvrons que ces émotions se sont déjà manifestées par le passé avec la même intensité !
Avec l’aide des clés de la métamédecine®, la vieille dame se reconnecte à ce moment de vie où cela avait été très dur et si douloureux pour elle.
Après un moment de relaxation, nous « retournons » au moment de la libération en 1945, elle visualise le retour des soldats sur la place du village cherchant désespérément son amoureux parti depuis 4 ans… Elle réalise combien aujourd’hui, 63 ans plus tard, elle a gardé en elle cette colère envers ce fiancé jamais revenu d’Allemagne après la guerre, combien elle lui en veut encore du fond de ses tripes ne n’être pas revenu et de l’avoir abandonnée et laissée seule sans aucune nouvelle avec tout cet amour qu’elle avait à lui donner! Cette tristesse ravalée à l’époque et gardée enfouie durant de nombreuses années est aujourd’hui régulièrement « ravivée » par des détails de la vie courante repoussant sur le  bouton « abandon » !
Elle a pu faire le chemin : Retrouver ce fiancé, lui dire tout ce qui la meurtrit depuis tout ce temps pour enfin lui pardonner et le laisser partir…
Madame J. m’a dit avoir ressenti au plus profond d’elle-même presque instantanément, combien elle avait porté ce poids en elle toutes ces années, combien elle avait enfoui ces émotions de tristesse et de colère et combien aujourd’hui, elle éprouve le besoin vital de s’en libérer.
Garder toutes ces émotions risque d’entraîner la personne dans un de glissement dépressif si dangereux chez les personnes de cet âge.
Un vieil adage dit que ce qui est dit fleurit…et ce qui n’est pas dit pourrit !
Aujourd’hui, ses filles me rapportent que depuis peu, leur maman a changé :  «Maman se met moins souvent en colère pour des riens, elle nous semble moins triste et elle a même demandé une photo de son petit fils para commando pour garnir sa chambre (!) … Je ne comprends pas, maman qui était si « anti-armée » elle qui n’avait jamais approuvé, Dieu sait pourquoi, que son petit fils soit militaire de carrière voilà maintenant qu’elle voulait une photo de lui et en uniforme militaire en plus … Comme on change en vieillissant, hein, madame! »

J’ignore si on change…ce qui change, c’est « le film imprimé dans la mémoire émotionnelle » il change en lui donnant une nouvelle compréhension !
Et qui sait ? Peut-être que ses vieux « je-nous » se feront sentir eux aussi moins douloureux à l’avenir !

Laissez moi vous partager encore l’histoire de monsieur E. :
Veuf, sans enfant, institutionnalisé depuis de nombreuses années. Toujours calme, gentil, serviable et attentionné il est apprécié de tout le monde. Il ne souffre d’aucune pathologie particulière, à part un vieil eczéma suintant au niveau des mains et du front.
Il présente depuis quelques semaines un comportement un peu « déplacé » à l’égard des jeunes soignantes qui viennent faire sa toilette. Il est méprisant parfois insultant, il dit qu’elles n’ont que des idées vicieuses à son égard et que derrière son dos, elles rient de lui… il refuse qu’on le lave et promet qu’il se plaindra à son médecin. Le médecin émettra l’hypothèse d’un début de syndrome démentiel sénile et lui administrera quelques petites gouttes pour le calmer avant de faire sa toilette.

Sensibilisée par cet « évènement », je propose de rencontrer monsieur E. avant de mettre en place ce traitement de neuroleptiques, ce qui m’est accordé sans grande conviction « Quel est l’intérêt d’aller parler avec un vieux qui commence à perdre ses bois et têtu de surcroît…Mais, si cela peut lui faire du bien et se réconcilier avec les tabliers blancs…pourquoi pas » ?

Après avoir écouté ses revendications avec beaucoup de compréhension et de respect, monsieur E. m’a confié qu’il ne supporte pas être touché car à son âge il trouve que c’est franchement dégradant !
Ensemble et avec les clés de la métamédecine®, nous relions ce ressenti, qui lui faisait dire et poser des actes regrettables auprès du personnel de soins, à une équation qu’il avait gravé dans sa mémoire émotionnelle alors qu’il était petit garçon et qui ressemblait un peu à : Bain en public = dégradant.

Il se souvient d’une situation dégradante où, à l’âge de 7 ans, sa mère l’obligeait régulièrement à se laisser laver nu dans la grande bassine en zinc devant le poêle et cela devant ses frères et sœurs passés au bain avant lui… Il me confia qu’il se sentait à chaque fois dégradé et humilié car les grands se moquaient de son « petit kiki ». Mais la plus grande frustration dont il se souvienne qui lui fait monter de la colère encore aujourd’hui : c’est que sa mère, au lieu de le défendre, l’exhibait de plus belle pour faire rire la fratrie. Elle lui écartait de force ses petites mains qui tentaient de cacher son intimité et lui mettait du savon dans les yeux… Ses pleurs et ses pertes d’équilibre dans l’eau faisaient rire de plus belle les aînés !
« Je me souviens, dit il, avec une voix remplie d’émotion, que si j’avais osé émettre le moindre signe de rébellion, j’aurais été battu et grandement secoué » !

Il me confie encore, les larmes plein la voix, qu’il n’a pas pu avoir d’enfant et que, depuis toujours, sans même passer d’examen médicaux, il avait eu l’intime conviction que c’était lui qui ne savait pas en avoir !

Aujourd’hui, à 92 ans, confronté à ces regards de femmes sur son anatomie, il reconnecte inconsciemment cette blessure enfouie au fond de lui comme un mécanisme automatique.

Grâce aux clés de la métamédecine®, nous avons pu aller retrouver ce petit garçon dans la bassine, humilié devant ses frères et sœurs, et leur dire TOUT ce qui lui tenait à coeur et surtout dire à la maman combien il était en colère et déçu d’elle d’avoir agi de la sorte avec lui.
L’étape suivante a été de redonner une nouvelle compréhension à cet épisode du film de sa vie imprimé dans sa mémoire émotionnelle pour pardonner et se libérer de ce poids devenu si lourd à porter aujourd’hui…

Depuis quelques jours monsieur E. accepte de se laisser laver par les soignantes qui, sensibilisées à cette blessure ancienne, sont particulièrement attentives au respect de son intégrité. C’est avec beaucoup de tact et de douceur qu’elles parviennent à lui faire prendre une douche de temps en temps… sans gouttes neuroleptiques apéritives !
Son eczéma qui s’amplifiait en période de « crise de refus » et qui, probablement était un signal du corps qui disait « ne me touchez pas », a lui aussi régressé significativement…

Voici deux exemples où la métamédecine® mise au service des souffrances émotionnelles des personnes âgées a pu soulager ces souffrances et entraîner des améliorations du comportement.

En effet, tant que l’on n’est pas conscient de ce qui crée nos souffrances, il est bien difficile de s’en libérer pour vivre en paix et en harmonie et comme dit le vieil adage « mieux vaut tard que jamais ! »

Pour conclure, on peut affirmer que la métamédecine® est un outil privilégié qui permet aux personnes âgées aussi de vivre en conscience et en harmonie.

Solange GOFFIN
Mai 2008