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La métamédecine au service des souffrances émotionnelles de la personne âgée

Mardi 10 juin 2008

Qu’est la métamédecine® ?

Le mot métamédecine® est formé du préfixe grec « méta » qui signifie «aller au-delà ».
Au-delà du conscient, il y a l’inconscient.
Au-delà de la peur, il y a l’amour.
Au-delà de du connu, il y a l’inconnu.
Au-delà de la mort, il y a la vie.
Au-delà de la souffrance, il y a le bonheur.
Au-delà de la médecine, il y a la métamédecine®.

Comparant l’individu à un iceberg, la médecine serait le soignant de la partie visible de l’iceberg qui traite les symptômes, les douleurs et les anomalies telles les infections, par des traitements sur l’agent causal (tels les virus, les microbes)… La métamédecine® quand à elle, serait le soignant de la partie immergée de l’iceberg, qui traite ce que l’on ne voit pas, ce qui est bien souvent inconnu, de l’ordre de l’inconscient niché dans la mémoire émotionnelle. Elle tente de découvrir ce qui a donné naissance à la maladie, aux troubles, à l’inconfort de vie.
Claudia Rainville docteur en microbiologie médicale est la créatrice de la métamédecine®. Conférencière internationale et psychothérapeute chevronnée, elle a bénéficié des enseignements des plus grands maîtres.
Pour avoir elle-même expérimenté la souffrance et la maladie elle navigue avec aisance au milieu de la plus grande souffrance humaine… Pédagogue hors pair elle partage à ses apprenants ses expériences de vie en toute simplicité et avec beaucoup de compassion pour l’humain.

La métamédecine® ne fait pas de diagnostic, ne prescrit pas de médicament et ne propose aucun traitement.
Elle axe son intervention sur le domaine émotionnel en aidant les personnes qui le désirent à se libérer d’émotions qui les font souffrir par le biais du développement de désordres d’ordre psychosomatiques.

La médecine traditionnelle n’hésite pas à reconnaître que 80% des maladies sont d’origine psychosomatique. C’est sur cette facette de la maladie que la métamédecine® intervient.

Ces deux approches sont complémentaires. En rejeter une par rapport à l’autre reviendrait à sacrifier un hémisphère de notre cerveau au profit de l’autre.

La spécificité de l’approche de le métamédecine® est qu’elle travaille de façon inductive, sans donner d’interprétation à ce que vit la personne mais en l’aidant à découvrir d’elle-même, à son rythme ce qui, au-delà de son conscient, lui crée de la souffrance.

Cette approche thérapeutique amène les individus à se reconnecter avec des émotions profondément enfouies qui, crues oubliées, dirigent encore leur comportement de vie depuis de très longues années. La personne est invitée à aller « retrouver  son enfant intérieur » qui est (ou à cru être) blessé, à accueillir cette part de soi blessée pour, tel un petit enfant, la rassurer, l’apaiser, la guérir et l’aider à grandir. Le thérapeute, en aidant au déroulement de ce processus, amène la personne à se guérir elle-même des maux, qu’elle a pu mettre en place en remplacement des mots, dans sa psyché et/ou dans son corps.

J’ai effectué de nombreux stages de métamédecine® et suis devenue aujourd’hui « personne ressource ». Dans mon travail quotidien, j’ai tenté d’expérimenter ces principes auprès des personnes âgées. je me suis demandé comment cette approche pouvait être d’une utilité thérapeutique chez les personnes âgées et en particulier institutionnalisées.
Comment la métamédecine® peut aider ces personnes à se délester de ces poids qu’elles traînent parfois depuis si longtemps.

J’ai pu expérimenter cette approche auprès de personnes souffrant de mal être profond et ayant encore toutes leurs facultés mentales.

Des personnes traînant un mal de vivre, souvent réactivé par le placement en institution, ont pu découvrir que ce mal profond était lié à une émotion forte déjà vécue par le passé et souvent occultée.

Je vous partage deux expériences relevées parmi d’autres.

Madame J. née en 1920, se trouve régulièrement confrontée à un terriblement état de tristesse et de colère pour « des détails de rien du tout » dit elle.
Aujourd’hui elle a 88 ans, placée en maison de repos, elle semble satisfaite de ce placement car dit-elle : « C’est moi qui ai décidé de me placer après avoir mûrement réfléchi à la question, c’est une aubaine de pouvoir m’offrir ce luxe, je n’aurais jamais voulu être à la charge de mes enfants… Je suis en bonne santé, à part ces vieux genoux qui me font souffrir trop souvent ».
Et pourtant, elle se sent souvent triste, très triste et à la question de savoir si c’est le fait de vieillir qui la perturbe elle répond : « Oh, non, ce n’est pas vieillir qui me rend triste car je suis encore bien pour mon âge et je ne me sens pas vieille du tout » !
Bien qu’entourée affectueusement par ses deux filles et ses trois arrières petits enfants, elle se met parfois en colère sans raisons apparentes, le personnel la qualifie de lunatique, de soupe au lait et d’éternelle insatisfaite tant elle sait parfois se montrer exécrable avec son entourage !
Madame J. surfe ainsi entre des accès de colère incompréhensibles et de profonds moments de grande tristesse…Serait-ce un début de démence  ou simplement les aléas du grand âge avec ses ambivalences de sentiments ? La question est posée ! Au médecin d’en décider…

C’est devant ce « tableau » que je rencontre madame J…
Je l’écoute avec compassion et empathie, présente à elle, sans jugement, sans interprétation. Ensuite, comme à la fin de chacune de nos rencontres elle se lâche dans un profond soupir, son regard déconnecté du mien, comme plongée dans le vague.
« Voilà…Chaque fois que je suis un peu contrariée, je me retrouve dans cette colère contre tous et puis je ressens une grande détresse qui ne me quitte pas facilement, je pleure beaucoup…Je n’étais pas comme cela avant, moi si douce, calme, gentille, toujours d’accord avec tout le monde » dit elle.
Nous nous revoyons plusieurs fois et lorsque le lien de confiance fut créé, nous découvrons que ces émotions se sont déjà manifestées par le passé avec la même intensité !
Avec l’aide des clés de la métamédecine®, la vieille dame se reconnecte à ce moment de vie où cela avait été très dur et si douloureux pour elle.
Après un moment de relaxation, nous « retournons » au moment de la libération en 1945, elle visualise le retour des soldats sur la place du village cherchant désespérément son amoureux parti depuis 4 ans… Elle réalise combien aujourd’hui, 63 ans plus tard, elle a gardé en elle cette colère envers ce fiancé jamais revenu d’Allemagne après la guerre, combien elle lui en veut encore du fond de ses tripes ne n’être pas revenu et de l’avoir abandonnée et laissée seule sans aucune nouvelle avec tout cet amour qu’elle avait à lui donner! Cette tristesse ravalée à l’époque et gardée enfouie durant de nombreuses années est aujourd’hui régulièrement « ravivée » par des détails de la vie courante repoussant sur le  bouton « abandon » !
Elle a pu faire le chemin : Retrouver ce fiancé, lui dire tout ce qui la meurtrit depuis tout ce temps pour enfin lui pardonner et le laisser partir…
Madame J. m’a dit avoir ressenti au plus profond d’elle-même presque instantanément, combien elle avait porté ce poids en elle toutes ces années, combien elle avait enfoui ces émotions de tristesse et de colère et combien aujourd’hui, elle éprouve le besoin vital de s’en libérer.
Garder toutes ces émotions risque d’entraîner la personne dans un de glissement dépressif si dangereux chez les personnes de cet âge.
Un vieil adage dit que ce qui est dit fleurit…et ce qui n’est pas dit pourrit !
Aujourd’hui, ses filles me rapportent que depuis peu, leur maman a changé :  «Maman se met moins souvent en colère pour des riens, elle nous semble moins triste et elle a même demandé une photo de son petit fils para commando pour garnir sa chambre (!) … Je ne comprends pas, maman qui était si « anti-armée » elle qui n’avait jamais approuvé, Dieu sait pourquoi, que son petit fils soit militaire de carrière voilà maintenant qu’elle voulait une photo de lui et en uniforme militaire en plus … Comme on change en vieillissant, hein, madame! »

J’ignore si on change…ce qui change, c’est « le film imprimé dans la mémoire émotionnelle » il change en lui donnant une nouvelle compréhension !
Et qui sait ? Peut-être que ses vieux « je-nous » se feront sentir eux aussi moins douloureux à l’avenir !

Laissez moi vous partager encore l’histoire de monsieur E. :
Veuf, sans enfant, institutionnalisé depuis de nombreuses années. Toujours calme, gentil, serviable et attentionné il est apprécié de tout le monde. Il ne souffre d’aucune pathologie particulière, à part un vieil eczéma suintant au niveau des mains et du front.
Il présente depuis quelques semaines un comportement un peu « déplacé » à l’égard des jeunes soignantes qui viennent faire sa toilette. Il est méprisant parfois insultant, il dit qu’elles n’ont que des idées vicieuses à son égard et que derrière son dos, elles rient de lui… il refuse qu’on le lave et promet qu’il se plaindra à son médecin. Le médecin émettra l’hypothèse d’un début de syndrome démentiel sénile et lui administrera quelques petites gouttes pour le calmer avant de faire sa toilette.

Sensibilisée par cet « évènement », je propose de rencontrer monsieur E. avant de mettre en place ce traitement de neuroleptiques, ce qui m’est accordé sans grande conviction « Quel est l’intérêt d’aller parler avec un vieux qui commence à perdre ses bois et têtu de surcroît…Mais, si cela peut lui faire du bien et se réconcilier avec les tabliers blancs…pourquoi pas » ?

Après avoir écouté ses revendications avec beaucoup de compréhension et de respect, monsieur E. m’a confié qu’il ne supporte pas être touché car à son âge il trouve que c’est franchement dégradant !
Ensemble et avec les clés de la métamédecine®, nous relions ce ressenti, qui lui faisait dire et poser des actes regrettables auprès du personnel de soins, à une équation qu’il avait gravé dans sa mémoire émotionnelle alors qu’il était petit garçon et qui ressemblait un peu à : Bain en public = dégradant.

Il se souvient d’une situation dégradante où, à l’âge de 7 ans, sa mère l’obligeait régulièrement à se laisser laver nu dans la grande bassine en zinc devant le poêle et cela devant ses frères et sœurs passés au bain avant lui… Il me confia qu’il se sentait à chaque fois dégradé et humilié car les grands se moquaient de son « petit kiki ». Mais la plus grande frustration dont il se souvienne qui lui fait monter de la colère encore aujourd’hui : c’est que sa mère, au lieu de le défendre, l’exhibait de plus belle pour faire rire la fratrie. Elle lui écartait de force ses petites mains qui tentaient de cacher son intimité et lui mettait du savon dans les yeux… Ses pleurs et ses pertes d’équilibre dans l’eau faisaient rire de plus belle les aînés !
« Je me souviens, dit il, avec une voix remplie d’émotion, que si j’avais osé émettre le moindre signe de rébellion, j’aurais été battu et grandement secoué » !

Il me confie encore, les larmes plein la voix, qu’il n’a pas pu avoir d’enfant et que, depuis toujours, sans même passer d’examen médicaux, il avait eu l’intime conviction que c’était lui qui ne savait pas en avoir !

Aujourd’hui, à 92 ans, confronté à ces regards de femmes sur son anatomie, il reconnecte inconsciemment cette blessure enfouie au fond de lui comme un mécanisme automatique.

Grâce aux clés de la métamédecine®, nous avons pu aller retrouver ce petit garçon dans la bassine, humilié devant ses frères et sœurs, et leur dire TOUT ce qui lui tenait à coeur et surtout dire à la maman combien il était en colère et déçu d’elle d’avoir agi de la sorte avec lui.
L’étape suivante a été de redonner une nouvelle compréhension à cet épisode du film de sa vie imprimé dans sa mémoire émotionnelle pour pardonner et se libérer de ce poids devenu si lourd à porter aujourd’hui…

Depuis quelques jours monsieur E. accepte de se laisser laver par les soignantes qui, sensibilisées à cette blessure ancienne, sont particulièrement attentives au respect de son intégrité. C’est avec beaucoup de tact et de douceur qu’elles parviennent à lui faire prendre une douche de temps en temps… sans gouttes neuroleptiques apéritives !
Son eczéma qui s’amplifiait en période de « crise de refus » et qui, probablement était un signal du corps qui disait « ne me touchez pas », a lui aussi régressé significativement…

Voici deux exemples où la métamédecine® mise au service des souffrances émotionnelles des personnes âgées a pu soulager ces souffrances et entraîner des améliorations du comportement.

En effet, tant que l’on n’est pas conscient de ce qui crée nos souffrances, il est bien difficile de s’en libérer pour vivre en paix et en harmonie et comme dit le vieil adage « mieux vaut tard que jamais ! »

Pour conclure, on peut affirmer que la métamédecine® est un outil privilégié qui permet aux personnes âgées aussi de vivre en conscience et en harmonie.

Solange GOFFIN
Mai 2008

L’application du Feng-shui dans un service gériatrique.

Mercredi 2 avril 2008

Voici quelques années, sensible au bien-être et à l’harmonie en général,je me suis initiée aux prémices du Feng-shui et de la géobiologie.
Les quelques modifications que j’avais apportées à mon domicile ont eu des effets positifs sur ma vie privée et mon environnement.
J’ai alors observé avec plus d’attention les marques d’équilibre – ou de déséquilibre – à l’intérieur de la maison de reposdans laquelle je travaillais une grande partie de mon temps et, modifiant quelques détails, j’ai remarqué une amélioration de l’atmosphère mais aussi des modifications de comportement chez les résidants.

Qu’est-ce que le Feng-Shui ?

Le mot est à la mode! Littéralement, Feng-shui signifie en chinois «vent et eau». Il s’interprète à la fois une protection contre les vents et une meilleure intégration des bienfaits de l’eau.
Il repose sur l’idée – commune à beaucoup de peuples, d’ailleurs – que notre environnement est traversé d’ondes d’énergies.
Les unes, peuvent être favorables et mettent l’homme en accord et en harmonie avec la nature, améliorant ainsi son bien-être et sa santé. Ces ondes sont appelées CHI*.
Les autres ondes, appelées « flèches empoisonnées secrètes de l’environnement » seraient défavorables et mortifères.

Le Feng-shui nous enseigne comment éviter ces lignes d’énergies dangereuses et comment équilibrer
les lignes d’énergies bénéfiques en harmonie avec les forces de la nature qui nous entourent.
Il propose des pistes pour aider l’âme de notre lieu de vie et de travail à «grandir».

POURQUOI LE FENG-SHUI dans les structures de soins ?

«Le Feng-shui est à l’environnement ce que l’acupuncture est au corps ». (Van Minh)

En regardant vivre les patients de notre maison de repos, nous avons constaté différents phénomènes «rationnellement» inexplicables: similitudes dans les pathologies présentées en fin de vie par des résidants ayant occupé la même chambre (notamment des troubles vasculaires au niveau des membres inférieurs, alors que rien ne laissait présager ce type de pathologie), refus de s’alimenter de patients différents occupant successivement la même place
dans le restaurant, fin de vie paisible et en total lâcher prise dans la même chambre qui, d’ailleurs, n’a été occupée que par deux résidants différents en 15 ans!
Nous avons aussi découvert que certains endroits invitent au calme et à la sérénité ou, au contraire, à l’agitation et au désordre…
Il suffisait peut-être de faire appel aux règles fondamentales du Fengshui pour obtenir un changement du ressenti des personnes utilisant ces lieux.

QU’AVONS-NOUS FAIT ?

Laissant s’exprimer les lois de la nature, nous n’avons évidemment rien modifié à la chambre «d’amour», ni à la chambre de «la longévité».
Par contre, nous avons apporté quelques changements dans les autres endroits. Les troubles vasculaires au niveau des jambes ont été désormais évités: une arête saillante du mur qui générait des ondes de forme sur le pied du lit a été corrigée par l’application de pochoirs de lierres, minimisant ainsi l’onde néfaste émise par l’arête murale.

La table du restaurant invite désormais à la convivialité: nous avons ôté le superbe trophée de chasse qui la surplombait et dégageait une énergie des plus mortifères. Nous avons également, dans les chambres, proposé d’ôter certains objets – et notamment des objets amenés par les résidants – qui pouvaient faire chuter l’énergie.
Nous en avons apporté d’autres, cadres, bouquets de fleurs, petites tables,points lumineux; permettant une meilleure circulation de l’énergie, ils ont amélioré le ressenti des personnes utilisant les lieux.
C’est ainsi que chaque fois que nous recevions une visite dans la maison de repos, nous constations avec plaisir que, spontanément, les visiteurs s’accordaient à dire «Dès l’entrée dans le bâtiment, on ressent quelque chose d’apaisant, d’agréable, il se dégage une atmosphère de sérénité que l’on ne peut pas expliquer»…

Tout ceci peut paraître «étrange», et, pourtant, force est de constater que l’application de quelques grands principes de base de Feng-shui a influencé l’énergie vitale et amélioré la qualité de vie sur notre lieu de travail.

Dans un sevice pour personnes âgées,quelle serait la chambre feng-shui idéale?
Essayons, en nous appuyant sur nos lectures et notre expérience, d’imaginer la chambre «Feng-shui» idéale.
L’entrée dans la chambre est séparée du lieu de vie par un espace «sas» style petit hall d’entrée, de manière à ne pas «surprendre» le résidant en pénétrant directement dans son espace vital en laissant le temps de quelques pas aux visiteurs pour s’annoncer…
Une grande baie vitrée «habillée» de voilages et/ou de rideaux de couleurs agréables (comme des tons de rouge, orange, jaune, vert): ils laissent entrer la lumière naturelle et l’énergie solaire mais gardent, d’autre part, le «chi» le plus possible dans la chambre. Une boule de cristal pourra être suspendue devant la fenêtre pour faire «vibrer» la
lumière sur les murs. Le lit est placé tête au nord et de manière à ce que le patient voie de son lit qui entre dans la chambre et ne soit pas surpris durant son sommeil.
Cependant, la tête du lit ne doit pas être placée contre le mur des sanitaires (lieu où on élimine les déchets et où il y a la moins bonne énergie), ni les pieds du lit vers la porte d’entrée (position du mort que l’on visite!).
Autant que possible, le contact trop proche avec les prises de courant près du lit sera évité.

Une jolie nappe colorée habille la table, créant une atmosphère conviviale, accueillante et plus personnalisée.
Des petites plantes vertes bien nourries garnissent les appuis de fenêtre.

Des décorations faciles à l’entretien ornent les murs: photos rappelant des souvenirs «heureux» comme des visages d’enfants, plutôt que des photos d’ancêtres à la mine sévère et aux regards perçants dont les résidents ne gardent pas toujours un souvenir heureux !
Les arêtes de mur saillantes et menaçantes, dirigées vers le corps du résidant, sont corrigées par des applications de guirlandes de lierres peints au pochoir. On bannit les armes, les sabres ou les épées suspendues au-dessus du lit.
On évitera également de laisser les chaises percées avec des excréments dans la chambre et surtout pas à la tête du patient, même pour la nuit.

On bannit les fleurs séchées, les animaux empaillés, les décors de chasse ou encore les images de la passion du Christ ensanglanté… tout ce qui, dans l’inconscient collectif, éveille des sentiments de souffrance ou de mort.
Afin de vivifier la chambre, le soir, on laisse plusieurs points d’éclairage indirects, particulièrement dans les petits coins sombres.
Un aquarium avec quelques poissons rouges sera toujours intéressant dans l’apport d’énergie vitale d’une chambre, à condition qu’il soit très bien entretenu.

LES REMEDES DU FENG-SHUI

Il existe des «remèdes» fondamentaux pour corriger certaines situations qui ne sont pas harmonieuses ou qui créent des obstacles à la fluidité du «chi» et au bien-être.
Ces remèdes peuvent être utilisés à l’intérieur comme à l’extérieur d’un bâtiment.
On peut citer: les objets brillants, les sons, les choses vivantes, les objets mobiles, les objets inertes, les appareils électriques, les couleurs.

1. Les objets brillants ou réfléchissants

A. Les miroirs

Surnommés «l’aspirine du Fengshui», les miroirs sont utilisés à l’intérieur, dans des endroits exigus, pour favoriser la circulation du «chi», en créant une impression de grandeur, d’espace et de luminosité.

A l’extérieur, ils servent soit à détourner de la maison le «chi» menaçant (funérarium, grand route à voie rapide), soit à refléter vers l’intérieur une belle vue comme un massif de fleurs ou un plan d’eau attirant le «chi» positif de la beauté du paysage.

B. Les boules de cristal à facettes

Les cristaux ont la propriété d’activer l’énergie.
Suspendue devant une fenêtre orientée à l’ouest, une boule de cristal capte les rayons du soleil pour les refléter en un arc-en-ciel vivifiant dans la pièce. On les utilise aussi pour freiner l’énergie dans un couloir trop long ou encore pour émousser l’angle d’un mur. Sources de force et d’énergie positive, les boules de cristal donneraient aux habitants le don de clairvoyance et d’optimisme.

C. Les éclairages

Les éclairages sont très utilisés en Feng-shui car ce sont des remèdes efficaces.
Dans n’importe quel environnement, la lumière est un atout important dans la diffusion de l’énergie car elle représente le soleil et enrichit le «chi» intérieur des habitations.
A l’extérieur, l’éclairage permet, par exemple, de corriger le «morceau manquant» d’une maison construite en L.

2. L’utilisation des sons: carillons, clochettes…

Les carillons éoliens ont la faculté de ralentir le courant du «chi».
On les utilise plus particulièrement dans les endroits où l’énergie «file», comme les longs couloirs, les pièces très hautes… afin d’éviter de laisser cette énergie se disperser.
Des carillons suspendus à une porte d’entrée protègent symboliquement des intrusions malsaines dans la maison.

3. Les choses vivantes

A. Les plantes, les fleurs…

Elles représentent la nature et symbolisent la vie, la croissance: elles répandent le «chi» nourrissant dans la pièce, à condition d’être bien entretenues, vertes, dans une eau claire et propre, elles attirent l’énergie vitale.
Pour résoudre des problèmes de déséquilibre, on les place devant des angles trop vifs, dans des endroits non occupés où domine le vide.

B. Les aquariums, les poissons…

Ils sont la représentation réduite de la source vitale de la mer,de l’eau,source de vie.
Un aquarium bien entretenu, avec une petite pompe ou des jets d’eau, génère de l’énergie positive.

4. Les objets mobiles

Les objets actionnés par le vent ont la faculté de faire circuler l’énergie et stimuler ainsi le «chi». On pensera aux mobiles ou, encore, aux moulins à vent comme objets de décoration.

5. Les objets lourds

L’utilisation d’un objet lourd peut donner «plus de poids» à une ambiance, comme par exemple mettre un éléphant en pierre à l’endroit où règne la sérénité peut entretenir et renforcer l’atmosphère de cet l’endroit.

6. L’électricité

Dans les locaux de vie, la radio et la télévision introduisent la vie par les vibrations des sons. Tout objet fonctionnant à l’électricité utilise des vibrations universelles qui créent et favorisent une circulation active du «chi».

7. Les couleurs

L’emploi judicieux des couleurs peut améliorer certains aspects de la vie.
Le blanc sera être évité car pour les chinois, c’est la couleur du deuil…
Le jaune, couleur du soleil, est symbole de longévité…
Le vert, couleur du printemps, représente la croissance, la fraîcheur, la tranquillité…
Le rouge, couleur de l’amour, représente la prospérité.

CONCLUSION

Mis à part le phénomène de mode que sous-tend le mot «Feng-shui», il faut reconnaître qu’à partir du moment où l’on oeuvre avec enthousiasme pour une décoration belle et harmonieuse, l’ordre et la propreté de notre lieu de vie,on contribue inévitablement à l’équilibre des forces vitales.

Aérer. Parfumer d’effluves de fleurs. Laisser entrer les arômes des mets cuisinés. Ranger. Placer les bons objets aux bons endroits. Choisir des couleurs vivifiantes. Eviter de laisser à vue ce qui rappelle la maladie (chaises roulantes, brancards, chariots de pansements ou à médicaments, odeurs de fèces ou de désinfectant).
Voilà autant de pistes de réussite pour contribuer à grandir «l’âme de la maison».

L’amélioration du «chi» par petites touches correctives sera aussi bénéfique que précieuse à l’épanouissement de chacun: les résidants, le personnel, les visiteurs et nous-mêmes.

Solange Goffin

Clown Thérapie

Mardi 11 mars 2008

Une aventure clownesque !

Il y a quelques années, attirée par ce jeu de mot « le clown gai rit », je me suis inscrite à un atelier de clown-thérapie.
Il s’agissait d’un stage résidentiel d’une semaine en juillet, dans un cloître près de Malmédy.

L’idée d’apprendre de nouvelles « méthodes » relationnelles me séduisait beaucoup.
D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours eu une réputation de clown et mes punitions scolaires étaient très souvent motivées par le fait que je « faisais le clown » en classe !
Quelques décennies plus tard, mon tempérament clownesque n’ayant pas beaucoup changé ce stage était pour moi une aubaine : j’allais enfin pouvoir faire le clown dans ma vie professionnelle de manière autorisée !

Dés mon arrivée au cloître, un vendredi soir, tout me semblait gris : il pleuvait, le bâtiment me paraissait austère et les chambrettes peu accueillantes. De plus j’étais rongée par une grosse culpabilité d’avoir abandonné pour une semaine, mari, enfants, maison et boulot !

Après un maigre repas, le groupe de personnes inscrites au stage s’est retrouvé dans la chapelle aménagée en salle de travail.
Assis en cercle sur des petits tapis ronds, chaque personne était invitée à se présenter, expliquer ses motivations à sa venue au stage et « déposer » au groupe ce qu’elle souhaitait… C’est après deux heures de présentations, de partages et de dépôts d’émotions diverses, que j’ai vraiment pris conscience que j’avais des ischions, je ne pensais qu’à cela !

Tout cela me semblait étrange, moi qui était venue pour apprendre de « nouvelles méthodes » je ne comprenais pas très bien pourquoi il fallait tant parler de soi!
Il m’intéressait surtout de savoir quel « certificat », « attestation », voir « diplôme » me serait remis en fin de stage et comment étaient organisées les « évaluations »… Est-ce que j’allais pouvoir faire le clown dans mon service dès la semaine suivante ?
En effet, en tant qu’infirmière responsable habituée à tout bien gérer, j’avais déjà programmé d’aller m’acheter un beau costume bariolé !
Il ne m’importait guère de « déposer » quoi que ce soit, puisque je n’avais pas de problème, mais bien de connaître le QQCQ de ce groupe particulier (entendez : Qui fait Quoi ? Comment ? Quand ?)
Excédée par toutes les larmes, les colères, et les dépôts de misères des autres participants, j’ai demandé au thérapeute de me dire clairement quelles seraient les nouvelles compétences que je pourrais appliquer dès la fin du stage ?
Et là avec beaucoup d’empathie et de respect j’ai reçu ma première douche froide en entend le thérapeute me répondre gentiment: « ici, il n’y a pas de « méthodes », « de recettes », de « compétences » ni de « savoir-faire » ou encore de « techniques » il y a juste à apprendre à « être » ! « Accueillir ce qui vient, comme ça devient, laisser l’effet se faire » ! Trop perturbée que pour bien entendre, j’avais compris : « laisser les fesses faire »… Cela me semblait vraiment trop compliqué ! Le cœur rempli de rancœur, des larmes de colère dans la voix, j’ai quand même insisté : « Oui, mais… Je ne comprends pas ! Quand est ce que je serai clown thérapeute alors, si ce n’est pas à la fin du stage ? Et le thérapeute de me répondre avec plein de compassion et de tendresse dans le regard : « Est ce que dans une dizaine d’année cela te conviendrait-il? »
C’est à ce moment très précis que je n’ai plus eu besoin de mots pour déposer moi aussi mes larmes, ma tristesse si profondément enfouie, que j’étais étonnée d’en avoir en moi ! Moi, si forte, sachant toujours tout gérer, tout diriger, dominer…j’étais là, assise par terre sur un petit tapis rouge pleurant je ne savais même pas pourquoi ! Deux heures seulement s’étaient écoulées et en reprenant conscience que j’étais venue pour une semaine, une incroyable envie de fuir m’envahissait !

Une semaine plus tard, j’ai échangé mon nez rosé (névrosé) contre un beau nez rouge ! Quelle aventure jusqu’à ce nouveau nez ! Rentrée chez moi, je ne pouvais que sourire lorsqu’on me demandait «Et alors, quand est ce que tu nous fais le clown ? »

Quelques années plus tard….
Comme « je n’avais pas de problème ni de « misères » à déposer », j’ai juste fait deux années de groupe régulier de clown thérapies, un cursus complet de formation au Clown Relationnel®, quelques séminaires et autres stages intensifs !

L’approche Clown relationnel® est un mode de relation qui s’inscrit dans le courant de l’Art thérapie et des soins relationnels, il s’agit d’un art de la rencontre. Un art à la fois simple et complexe, car une fois encore sans recette, abécédaire, méthode ou technique. Il n’existe aucun mode d’emploi, tout se vit dans l’instant, dans la sensation.

Etre clown…

Clown | thérapie | Solange Goffin

Se mettre « en état d’être clown » c’est s’ouvrir pleinement aux émotions dans la sensation, les amplifier et les partager pour trouver la porte d’entrée de l’Etre essentiel de l’autre.
Le clown, avec le plus petit masque du monde va oser les rires, les pleurs, les colères, les peurs au-delà des tabous, des conventions et des règles.
Il va se laisser « toucher » et laisser grandir l’état émotionnel du moment avec ce qui vient comme il vient et comme il devient.
Cette rencontre relationnelle se fait sans projet, c’est le principe de la non productivité, on n’attend aucun résultat, rien n’est programmé. L’autre sera sujet et non l’objet d’un projet ou encore d’une technique.

Aujourd’hui, si je ne devais retenir qu’une leçon de cette merveilleuse expérience ce serait : la conscience de la différence entre « faire le clown » et « être clown ». C’est cet apprentissage qui m’a rendu « vivante » présente à moi et à mes sensations. Cà n’est qu’à cette condition, de présence à moi dans l’instant, que je peux me rendre disponible à l’autre dans la relation.

Je remercie Christian Moffart* et Françoise Camus* d’avoir créé cette approche relationnelle singulière et humanisante.
Grâce à cette approche, nombreux soignants devenus apaisés sont à leur tour apaisants et vivifiants dans leur accompagnement de soins. Preuve en est que l’on ne fait pas l’économie de s’occuper de soi pour pouvoir s’occuper de l’autre !

Solange Goffin.

*Christian Moffart et *Françoise Camus sont les créateurs liégeois de l’Institut du Clown Relationnel® et de la Clown Thérapie.
Avenue des Cotteaux, 94 à 4000 Liège

Analyse transactionnelle | A.T | outil de communication dans la relation de soins .

Dimanche 2 mars 2008

Nageant à longueur de journée dans les eaux troubles de la communication, je me suis rendu compte combien il est nécessaire d’être informé, voire aidé, dans la gestion des échanges relationnels que nous entretenons avec le personnel (infirmières | aides soignantes…), les résidents et les familles qui nous entourent. Ces gens, avec qui nous passons une partie importante de notre temps, ont
des modes de fonctionnement qui ne correspondent pas toujours aux nôtres. Il est intéressant de (re)connaître quels mécanismes sont mis en place par l’autre pour communiquer avec nous. La méconnaissance de ces mécanismes peut en effet nous entraîner dans des « jeux psychologiques » d’où il est difficile de « sortir ».
Ces jeux sont d’importants destructeurs d’énergie et ont l’étrange pouvoir de nous réduire à l’état d’éponge ou de citron pressé, de façon insidieuse et parfois pour longtemps…

Plusieurs formations en analyse transactionnelle m’ont permis d’avoir un regard plus clair sur mon propre mode de fonctionnement dans la communication avec les autres. Je comprends mieux les dispositifs et les jeux de manipulation mis en place dans la relation.
L’analyse transactionnelle donne ces outils de connaissance de soi qui permettent de prendre de la hauteur pour analyser ce qui se passe dans la relation et décider ainsi librement d’entrer ou non dans ces jeux.

Définition

transactions

Les relations entre les individus sont la somme d’échanges, de marchandages, de négociations que l’on appelle aussi «transactions ».
L’analyse transactionnelle observe et étudie ces transactions. Elle a été mise au point par le psychologue américain Eric Berne.
Elle repose sur le principe que la personne est constituée de trois états.
Elle met en évidence le fonctionnement du comportement et des relations interpersonnelles.

L’A.T. permet d’éviter les conflits par une communication efficace et fertile entre les intervenants. Elle utilise un modèle en trois parties qui représente le fondement de l’analyse: LE DIAGRAMME DES ETATS DU MOI.

Trois état du Moi

L’état du Moi-parent (P) est l’état dans lequel on se trouve lorsque l’on se comporte, ressent et pense «en parents » (persécuteur, sauveur, normatif, donnant). Il s’agit surtout des comportements de nos parents (ou figure parentale ex: professeur ….) adoptés et rejoués par nous dans notre vie d’aujourd’hui.

L’état du Moi-adulte (A) est l’état dans lequel on se trouve lorsque l’on se comporte, ressent et pense en utilisant nos propres ressources d’adulte c’est-à-dire notre raison, notre rationalité …

L’état du Moi-enfant (E) est l’état dans lequel on se trouve lorsque l’on se comporte, ressent, et pense «en enfant » (rebelle, soumis, libre, adapté). Il s’agit surtout de sentiments, pensées ou comportements que l’on utilisait lorsque l’on était nous-mêmes enfants.
C’est le siège des émotions (joie, tristesse, colère, peur).

Lorsque nous avons pris conscience de notre fonctionnement, nous pouvons choisir de communiquer à partir de n’importe quel état du moi. L’interlocuteur peut à son tour, répondre de n’importe quel «état du moi ». C’est cet échange de communication qu’Eric Berne nomme transaction. Schématiquement, cette transaction est représentée par une flèche marquant le sens de la relation en partant de l’état du Moi utilisé par l’intervenant.

Les trois états du Moi dans la transaction.

Certaines transactions sont bonnes, d’autres « moins ».

1. Les transactions parallèles.

Une transaction est dite parallèle quand les états du Moi des intervenants s’échangent de façon naturelle ou attendue. Les flèches sont parallèles, partant du même état du Moi et la transaction est complémentaire. Ces transactions peuvent être agréables ou non, positives ou négatives et peuvent durer longtemps soit parce qu’elles répondent bien à la demande de l’intervenant (qui atteint son but), soit parce que les personnes tournent en rond (et que, inconsciemment cela les arrange bien).

Exemples :


analyse transactionnelle | parallèle


analyse transactionnelle | parallèles | 2


analyse transactionnelle | parallèles | 3

2. Les transactions croisées

Une transaction est dite croisée quand les états du Moi des intervenants s’échangent de façon inattendue, inespérée ou surprenante. Le croisement peut être positif ou négatif selon l’état positif ou négatif du Moi utilisé.

Exemples :


analyse transactionnelle | croisées | 1


analyse | transactionnelle | croisées | 2


analyse | transactionnelle | croisées | 3

3. Les transactions cachées.

Une transaction peut en cacher une autre… La transaction visible est exprimée mais elle cache une transaction invisible (représentée ci-dessous par une flèche discontinue) qui relève elle, du vécu ou du ressenti intérieur de la personne et qui n’est pas exprimée. Il existe un grand nombre de combinaisons de transactions cachées.

Exemples :


analyse | transactionnelle | cachées | 1


analyse | transactionnelle | cachées | 2


analyse | transactionnelle | cachées | 3

4. Les transactions tangentielles.

L’interlocuteur ne répond pas clairement, voire tout à fait hors propos pour éviter le problème : c’est la transaction de la fuite.

Exemple:

On observe que :

- Tant que la transaction demeure parallèle, la communication dure.
- Dès que la transaction se croise, la communication initiale s’interrompt et change de type.
- La transaction cachée permet les jeux de la communication.

Remarque :

Il est intéressant d’utiliser les transactions parallèles lors des premiers contacts interpersonnels mais elles peuvent devenir routinières et bloquer ou verrouiller rapidement toute communication.
Il est bon de croiser au plus vite une transaction infructueuse mais si la réponse est inattendue et surprend, il vaut mieux ne pas rester dans le verrouillage et continuer à croiser de nouveau.
On peut obtenir des réponses qui nous conviennent bien et d’autres pas du tout.

Dans ce cas, il est préférable de ne pas entrer dans le jeu et rompre la transaction infructueuse en demandant l’heure à une autre personne !

Les signes de reconnaissance.

Lorsque des personnes sont dans une transaction, elles s’envoient mutuellement des signaux, verbaux ou non, au travers desquels elles se « reconnaissent ». Ces signes de reconnaissance que l’on reçoit nous permettent de savoir que nous existons pour les autres.
Les signes de reconnaissance peuvent être positifs: «c’est très bien ce que vous faites, je vous félicite… » (et on lève un pouce en l’air!) ou négatifs: « vous vous êtes encore trompé, vous êtes vraiment nul… » (avec ici, le pouce dirigé vers le bas!)
Les signes de reconnaissance sont vitaux: ils permettent aux personnes de maintenir leur niveau de confort tant physique que psychologique car elles ne se sentent pas seules : cela satisfait le besoin d’exister.

Chaque individu a besoin d’exister et d’être reconnu. Il sera donc toujours à la recherche de signes de reconnaissance. S’il n’en reçoit pas de positifs, il en recherchera à tout prix, même parfois, des négatifs. Ces derniers sont tout aussi importants que les positifs puisqu’ils ont au moins le mérite d’être.
Cela nous permet de mieux comprendre le «fonctionnement » de ces gens qui nous donnent l’impression de «toujours tout faire pour se faire engueuler » !

Conclusion

L’analyse transactionnelle est un outil précieux en maison de repos.

Dans nos relations avec les résidents, nous pouvons parfois être entraînés dans une transaction Parent-Enfant. Si certaines personnes âgées y trouvent un confort, d’autres se rebellent.
Cette façon de se comporter est souvent rencontrée dans les relations que le personnel entretient avec les patients souffrant de démence. En effet, le comportement des résidents confus peut rappeler le «Moi enfant » et nous faire entrer dans une transaction Parent-Enfant. C’est ce genre de relation qui amène à entretenir des comportements infantilisants avec les personnes dépendantes.
Nous devons être attentifs à maintenir une relation Adulte-Adulte chaque fois que nous trouvons une opportunité y compris et peut-être surtout avec les patients confus et désorientés.

Dans les relations avec le personnel, le style de directeur que nous sommes influencera très fort le type de relations que nous entretenons avec les autres personnes de l’entreprise. L’impact d’une direction autoritaire (relation Parent-Enfant), fondée sur des relations de pouvoir réduira les contacts vrais et les communications saines. Le personnel qui se réfugie dans son Moi-enfant, pourra aller jusqu’à dissimuler les problèmes et mentir pour camoufler ses erreurs. Le pouvoir (Parent) ne peut qu’engendrer ressentiment, hostilité (Enfant) car, pour être efficace, celui-ci exige la crainte et la dépendance de la part des autres et éloigne toute relation amicale.
En s’abstenant d’entrer dans une transaction Parent-Enfant au pouvoir coercitif, on permet à l’autre de satisfaire non seulement ses besoins mais également les nôtres car le pouvoir nuit autant à celui qui le subit qu’à celui qui l’exerce.
Exercer trop de pression sur une équipe de travail entraîne rébellion et résistance, les punitions et les récompenses sont inefficaces comme stimulation de la motivation. Par contre, nous l’avons vu plus haut, les signes de reconnaissance positifs sont aussi utiles que nécessaires. D’autre part, le laxisme, attitude du Moi-Parent (permissif) ne donne que des résultats médiocres et un sentiment de « lâcher prise » inapproprié.

Une participation active et consciente de la part de tous les intervenants dans le processus de communication nous permet d’avoir des relations fructueuses dans les deux sens.
De ces bonnes relations dépendent la réputation de notre entreprise, sa réussite parfois même, sa survie…

S. GOFFIN

Bibliographie :
Guide pratique pour l’encadrement, D. Chalvin et J.L Muller, E.S.F éditeur, Paris, 1995.
Manuel d’analyse transactionnelle, Ian Stewart et Vann Joines, Inter Edition, Paris, 1991

L’alimentation « émotionnelle » de la personne âgée par l’approche snoezelen

Dimanche 2 mars 2008

Lors de notre balade dans l’univers diététique ( le mot diététique qui vient du grec « diaïta » qui signifie « art de vivre »), nous avons tenté d’apporter des réponses à plusieurs questions. Nous nous sommes demandés pourquoi certaines personnes âgées refusent de manger, ensuite, lorsqu’elles mangent, comment équilibrer leur alimentation et lorsqu’elles sont au régime, comment gérer cette alimentation particulière. Enfin, la prise en charge spécifique du patient dément au sein d’une structure « cantous » nous a fait découvrir qu’il existe, au-delà du plateau repas traditionnel, une autre prise en charge du patient désorienté.Je crois aujourd’hui profondément que le patient âgé a aussi besoin de se nourrir émotionnellement. C’est la raison pour laquelle je propose ici quelques pistes pour une diététique de l’émotion qui permet au patient âgé de vivre dans une institution sans être déconnecté de ses sensations, de sa mémoire. C’est, à mon sens, en développant cette diététique particulière que l’on évitera les pièges de l’insidieuse maltraitance dont sont parfois la proie les institutions de soins.

De même, chez les résidents désorientés, la communication verbale n’existe plus ou est, la plupart du temps, très pauvre. Ces patients ont d’autant plus besoin de s’exprimer par le langage du corps à travers des moments de perception et de relation de vie authentique.

Dans notre maison de repos, nous avons organisé différents espaces et activités de soins destinés à nourrir émotionnellement nos résidents. Nous nous sommes appuyés pour cela sur les techniques du snoezelen.

Le terme « snoezelen » est la contraction de deux mots néerlandais : « snuffelen » qui signifie renifler et « doezelen » voulant dire somnoler. Ces mots suggèrent un état de langueur et une sensation de bien-être.

Au départ, le snoezelen était une technique d’approche de la personne handicapée mentale. Le concept s’est aujourd’hui étendu : il s’adresse aux personnes démentes et en traitement psychiatrique.

Chez nous, il est proposé à tous les résidents qui le souhaitent mais plus particulièrement aux patients en perte d’autonomie verbale.

1. Le local snoezelen

L’activité « snoezelen » est individuelle et proposée par une animatrice formée en snoezelen-thérapie. Les séances se pratiquent dans un local ou un espace aménagé de divers objets et instruments pouvant stimuler la vue, l’odorat, le goût, le toucher, l’ouïe. Il règne une atmosphère de détente apportée par de la musique douce et un éclairage tamisé.

Voici comment se présente le local snoezelen au sein de notre maison de repos.

La pièce de petites dimensions est meublée d’un fauteuil relax très moelleux, au dossier duquel des enceintes acoustiques orientent la musique le plus près possible des oreilles du résident.

Le local est peint en blanc. Une boule à facettes (type discothèque) dépose sur les murs et le plafond de petites bulles mouvantes. Des étoiles fluorescentes donnent au local une atmosphère presque céleste et féerique.
De plus, une colonne à bulles à variations de couleurs ainsi que des jeux de lumières d’intensité et de couleurs différentes permettent de stimuler la vue.

Différents panneaux tactiles réalisés à l’ergothérapie par les résidents, quelques peluches traînant cà et là, des sacs de noix, d’ouate, de graines…stimulent le toucher tandis qu’une collection importante de senteurs (lavande, vanille, cannelle, mais aussi poivre, ail, oignon, eau de javel, savon de Marseille) ..titilleront l’odorat.

Un pédiluve, des huiles essentielles, des laits de massage corporel permettent un toucher relationnel invitant au bien-être et à la redécouverte du schéma corporel.

Devant les résultats obtenus par ce local snoezelen, nous avons décidé d’adopter ces mêmes principes dans un espace ouvert.

2. L’espace snoezelen ouvert

Au-delà du local snoezelen , nous avons créé au sein du cantous un espace snoezelen ouvert et libre d’accès à tout moment, de façon autonome ou accompagnée, par les résidents qui déambulent en quête de « perceptions »… Il s’agit ici d’un bout de couloir aménagé en parcours de découvertes tactiles. Le patient traverse des rideaux de portes de différentes textures colorées (fleurs en tissu, en papier, perles en plastique, en bois, décors en bouchons…). Au cours de sa promenade, il peut effleurer sur les murs, à hauteur de mains, des panneaux sensoriels amovibles (papier émeri, éponge, paille en plastique, capsules de bouteilles en métal, ouate…). L’espace débouche sur une « coiffeuse » avec un grand miroir, où le patient peut essayer des chapeaux, des écharpes, des gants, des bijoux, des perruques, du maquillage, emprunter une sacoche, un cabat, une poupée…Emerveillement des souvenirs d’enfance…

3. La pièce d’eau « snoezelen »

Après la réalisation du local et de l’espace ouvert « snoezelen »nous avons transformé la salle de bains en pièce d’eau « snoezelen »…

La décoration a été repensée pour que le bain soit davantage un moment de détente et de bien-être : la pièce a été divisée en deux par un rideau au décor marin, qui isole ainsi l’espace bain de la porte d’entrée.
La baignoire est équipée d’un bain à bulles permettant des massages de différentes intensités à différents endroits du corps. Une chaîne hifi diffuse une musique de fond tout en douceur tandis que des projecteurs à bain d’huiles répandent leurs décors psychédéliques sur les carrelages blancs.
Des petites colonnes d’eau garnies de poissons multicolores encadrent la baignoire. La lumière du jour est filtrée par un jeu de superposition de voilages aux couleurs tendres.
Dans ce local on jouera plus particulièrement avec les senteurs : huiles parfumées, encens d’ambiance…

4. La formation du personnel à l’esprit snoezelen

Très vite, nous nous sommes rendu compte qu’il était important de sensibiliser l’ensemble du personnel à « la philosophie snoezelen » afin que chacun puisse l’appliquer dans son travail de chaque instant.
Il est clair que dans cette perspective de nombreuses situations doivent être revisitées. Par exemple, les frictions de siège étaient effectuées de façon vigoureuse toujours dans le même sens, avec une méthode et une énergie sans faille. Aujourd’hui, on massera les fesses en douceur et on profitera de ce moment pour allonger le massage par un effleurement des lombes, si bienvenu chez les patients courbatus.

Les frictions de talons seront, elles aussi, étendues au pied tout entier et plus particulièrement aux orteils, qui, s’ils n’ont pas besoin d’être frictionnés ont surtout besoin d’être relaxés….

Le massage des mains et du visage aura un effet anxiolytique chez les personnes insomniaques.
Des attitudes de soins telles que faire humer l’eau de Cologne avant de la répandre dans le dos, faire apprécier la douceur du savon sur la peau, le ruissellement de l’eau chaude sur les jambes, masser un peu le cuir chevelu avec la pulpe des doigts au cours du coiffage, permettent d’avoir une relation plus proche avec le patient que l’on soigne.

Au moment du repas, la règle des trois petits tas respectée pour les régimes mixés (séparer viande, légumes, pommes de terre), chaque instant peut devenir un moment de découverte avec le patient: c’est chaud : c’est le potage, c’est froid : c’est le dessert, c’est sucré, c’est salé, c’est doux, c’est fibreux….ce sont autant de sensations à re-découvrir qu’il y a d’aliments, autant d’occasions de travailler sur la réminiscence.
Appliquer le finger-food aux patients qui en ressentent le besoin rendra confiance et revalorisation.

Dans la même perspective, il est aussi important d’enseigner au personnel comment faire pour rester en empathie avec les patients, en gardant parfois simplement le « contact regard », un contact de vérité, d’amour, un contact que l’on donne sans projet, sans rien attendre en retour.

Nous demandons à notre personnel (infirmières | aides soignantes…) de ne jamais oublier que, au delà du savoir et du savoir- faire, il y a surtout le savoir- être que chacun doit développer et valoriser dans sa relation à l’autre et à la personne âgée en particulier.

Je profite de cet espace qui m’est donné pour souhaiter mes vœux les plus chaleureux à tous les collègues gestionnaires, et surtout que l’année nouvelle apporte à chacun « un peu de temps pour soi…. »

Solange GOFFIN