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La métamédecine au service des souffrances émotionnelles de la personne âgée

Mardi 10 juin 2008

Qu’est la métamédecine® ?

Le mot métamédecine® est formé du préfixe grec « méta » qui signifie «aller au-delà ».
Au-delà du conscient, il y a l’inconscient.
Au-delà de la peur, il y a l’amour.
Au-delà de du connu, il y a l’inconnu.
Au-delà de la mort, il y a la vie.
Au-delà de la souffrance, il y a le bonheur.
Au-delà de la médecine, il y a la métamédecine®.

Comparant l’individu à un iceberg, la médecine serait le soignant de la partie visible de l’iceberg qui traite les symptômes, les douleurs et les anomalies telles les infections, par des traitements sur l’agent causal (tels les virus, les microbes)… La métamédecine® quand à elle, serait le soignant de la partie immergée de l’iceberg, qui traite ce que l’on ne voit pas, ce qui est bien souvent inconnu, de l’ordre de l’inconscient niché dans la mémoire émotionnelle. Elle tente de découvrir ce qui a donné naissance à la maladie, aux troubles, à l’inconfort de vie.
Claudia Rainville docteur en microbiologie médicale est la créatrice de la métamédecine®. Conférencière internationale et psychothérapeute chevronnée, elle a bénéficié des enseignements des plus grands maîtres.
Pour avoir elle-même expérimenté la souffrance et la maladie elle navigue avec aisance au milieu de la plus grande souffrance humaine… Pédagogue hors pair elle partage à ses apprenants ses expériences de vie en toute simplicité et avec beaucoup de compassion pour l’humain.

La métamédecine® ne fait pas de diagnostic, ne prescrit pas de médicament et ne propose aucun traitement.
Elle axe son intervention sur le domaine émotionnel en aidant les personnes qui le désirent à se libérer d’émotions qui les font souffrir par le biais du développement de désordres d’ordre psychosomatiques.

La médecine traditionnelle n’hésite pas à reconnaître que 80% des maladies sont d’origine psychosomatique. C’est sur cette facette de la maladie que la métamédecine® intervient.

Ces deux approches sont complémentaires. En rejeter une par rapport à l’autre reviendrait à sacrifier un hémisphère de notre cerveau au profit de l’autre.

La spécificité de l’approche de le métamédecine® est qu’elle travaille de façon inductive, sans donner d’interprétation à ce que vit la personne mais en l’aidant à découvrir d’elle-même, à son rythme ce qui, au-delà de son conscient, lui crée de la souffrance.

Cette approche thérapeutique amène les individus à se reconnecter avec des émotions profondément enfouies qui, crues oubliées, dirigent encore leur comportement de vie depuis de très longues années. La personne est invitée à aller « retrouver  son enfant intérieur » qui est (ou à cru être) blessé, à accueillir cette part de soi blessée pour, tel un petit enfant, la rassurer, l’apaiser, la guérir et l’aider à grandir. Le thérapeute, en aidant au déroulement de ce processus, amène la personne à se guérir elle-même des maux, qu’elle a pu mettre en place en remplacement des mots, dans sa psyché et/ou dans son corps.

J’ai effectué de nombreux stages de métamédecine® et suis devenue aujourd’hui « personne ressource ». Dans mon travail quotidien, j’ai tenté d’expérimenter ces principes auprès des personnes âgées. je me suis demandé comment cette approche pouvait être d’une utilité thérapeutique chez les personnes âgées et en particulier institutionnalisées.
Comment la métamédecine® peut aider ces personnes à se délester de ces poids qu’elles traînent parfois depuis si longtemps.

J’ai pu expérimenter cette approche auprès de personnes souffrant de mal être profond et ayant encore toutes leurs facultés mentales.

Des personnes traînant un mal de vivre, souvent réactivé par le placement en institution, ont pu découvrir que ce mal profond était lié à une émotion forte déjà vécue par le passé et souvent occultée.

Je vous partage deux expériences relevées parmi d’autres.

Madame J. née en 1920, se trouve régulièrement confrontée à un terriblement état de tristesse et de colère pour « des détails de rien du tout » dit elle.
Aujourd’hui elle a 88 ans, placée en maison de repos, elle semble satisfaite de ce placement car dit-elle : « C’est moi qui ai décidé de me placer après avoir mûrement réfléchi à la question, c’est une aubaine de pouvoir m’offrir ce luxe, je n’aurais jamais voulu être à la charge de mes enfants… Je suis en bonne santé, à part ces vieux genoux qui me font souffrir trop souvent ».
Et pourtant, elle se sent souvent triste, très triste et à la question de savoir si c’est le fait de vieillir qui la perturbe elle répond : « Oh, non, ce n’est pas vieillir qui me rend triste car je suis encore bien pour mon âge et je ne me sens pas vieille du tout » !
Bien qu’entourée affectueusement par ses deux filles et ses trois arrières petits enfants, elle se met parfois en colère sans raisons apparentes, le personnel la qualifie de lunatique, de soupe au lait et d’éternelle insatisfaite tant elle sait parfois se montrer exécrable avec son entourage !
Madame J. surfe ainsi entre des accès de colère incompréhensibles et de profonds moments de grande tristesse…Serait-ce un début de démence  ou simplement les aléas du grand âge avec ses ambivalences de sentiments ? La question est posée ! Au médecin d’en décider…

C’est devant ce « tableau » que je rencontre madame J…
Je l’écoute avec compassion et empathie, présente à elle, sans jugement, sans interprétation. Ensuite, comme à la fin de chacune de nos rencontres elle se lâche dans un profond soupir, son regard déconnecté du mien, comme plongée dans le vague.
« Voilà…Chaque fois que je suis un peu contrariée, je me retrouve dans cette colère contre tous et puis je ressens une grande détresse qui ne me quitte pas facilement, je pleure beaucoup…Je n’étais pas comme cela avant, moi si douce, calme, gentille, toujours d’accord avec tout le monde » dit elle.
Nous nous revoyons plusieurs fois et lorsque le lien de confiance fut créé, nous découvrons que ces émotions se sont déjà manifestées par le passé avec la même intensité !
Avec l’aide des clés de la métamédecine®, la vieille dame se reconnecte à ce moment de vie où cela avait été très dur et si douloureux pour elle.
Après un moment de relaxation, nous « retournons » au moment de la libération en 1945, elle visualise le retour des soldats sur la place du village cherchant désespérément son amoureux parti depuis 4 ans… Elle réalise combien aujourd’hui, 63 ans plus tard, elle a gardé en elle cette colère envers ce fiancé jamais revenu d’Allemagne après la guerre, combien elle lui en veut encore du fond de ses tripes ne n’être pas revenu et de l’avoir abandonnée et laissée seule sans aucune nouvelle avec tout cet amour qu’elle avait à lui donner! Cette tristesse ravalée à l’époque et gardée enfouie durant de nombreuses années est aujourd’hui régulièrement « ravivée » par des détails de la vie courante repoussant sur le  bouton « abandon » !
Elle a pu faire le chemin : Retrouver ce fiancé, lui dire tout ce qui la meurtrit depuis tout ce temps pour enfin lui pardonner et le laisser partir…
Madame J. m’a dit avoir ressenti au plus profond d’elle-même presque instantanément, combien elle avait porté ce poids en elle toutes ces années, combien elle avait enfoui ces émotions de tristesse et de colère et combien aujourd’hui, elle éprouve le besoin vital de s’en libérer.
Garder toutes ces émotions risque d’entraîner la personne dans un de glissement dépressif si dangereux chez les personnes de cet âge.
Un vieil adage dit que ce qui est dit fleurit…et ce qui n’est pas dit pourrit !
Aujourd’hui, ses filles me rapportent que depuis peu, leur maman a changé :  «Maman se met moins souvent en colère pour des riens, elle nous semble moins triste et elle a même demandé une photo de son petit fils para commando pour garnir sa chambre (!) … Je ne comprends pas, maman qui était si « anti-armée » elle qui n’avait jamais approuvé, Dieu sait pourquoi, que son petit fils soit militaire de carrière voilà maintenant qu’elle voulait une photo de lui et en uniforme militaire en plus … Comme on change en vieillissant, hein, madame! »

J’ignore si on change…ce qui change, c’est « le film imprimé dans la mémoire émotionnelle » il change en lui donnant une nouvelle compréhension !
Et qui sait ? Peut-être que ses vieux « je-nous » se feront sentir eux aussi moins douloureux à l’avenir !

Laissez moi vous partager encore l’histoire de monsieur E. :
Veuf, sans enfant, institutionnalisé depuis de nombreuses années. Toujours calme, gentil, serviable et attentionné il est apprécié de tout le monde. Il ne souffre d’aucune pathologie particulière, à part un vieil eczéma suintant au niveau des mains et du front.
Il présente depuis quelques semaines un comportement un peu « déplacé » à l’égard des jeunes soignantes qui viennent faire sa toilette. Il est méprisant parfois insultant, il dit qu’elles n’ont que des idées vicieuses à son égard et que derrière son dos, elles rient de lui… il refuse qu’on le lave et promet qu’il se plaindra à son médecin. Le médecin émettra l’hypothèse d’un début de syndrome démentiel sénile et lui administrera quelques petites gouttes pour le calmer avant de faire sa toilette.

Sensibilisée par cet « évènement », je propose de rencontrer monsieur E. avant de mettre en place ce traitement de neuroleptiques, ce qui m’est accordé sans grande conviction « Quel est l’intérêt d’aller parler avec un vieux qui commence à perdre ses bois et têtu de surcroît…Mais, si cela peut lui faire du bien et se réconcilier avec les tabliers blancs…pourquoi pas » ?

Après avoir écouté ses revendications avec beaucoup de compréhension et de respect, monsieur E. m’a confié qu’il ne supporte pas être touché car à son âge il trouve que c’est franchement dégradant !
Ensemble et avec les clés de la métamédecine®, nous relions ce ressenti, qui lui faisait dire et poser des actes regrettables auprès du personnel de soins, à une équation qu’il avait gravé dans sa mémoire émotionnelle alors qu’il était petit garçon et qui ressemblait un peu à : Bain en public = dégradant.

Il se souvient d’une situation dégradante où, à l’âge de 7 ans, sa mère l’obligeait régulièrement à se laisser laver nu dans la grande bassine en zinc devant le poêle et cela devant ses frères et sœurs passés au bain avant lui… Il me confia qu’il se sentait à chaque fois dégradé et humilié car les grands se moquaient de son « petit kiki ». Mais la plus grande frustration dont il se souvienne qui lui fait monter de la colère encore aujourd’hui : c’est que sa mère, au lieu de le défendre, l’exhibait de plus belle pour faire rire la fratrie. Elle lui écartait de force ses petites mains qui tentaient de cacher son intimité et lui mettait du savon dans les yeux… Ses pleurs et ses pertes d’équilibre dans l’eau faisaient rire de plus belle les aînés !
« Je me souviens, dit il, avec une voix remplie d’émotion, que si j’avais osé émettre le moindre signe de rébellion, j’aurais été battu et grandement secoué » !

Il me confie encore, les larmes plein la voix, qu’il n’a pas pu avoir d’enfant et que, depuis toujours, sans même passer d’examen médicaux, il avait eu l’intime conviction que c’était lui qui ne savait pas en avoir !

Aujourd’hui, à 92 ans, confronté à ces regards de femmes sur son anatomie, il reconnecte inconsciemment cette blessure enfouie au fond de lui comme un mécanisme automatique.

Grâce aux clés de la métamédecine®, nous avons pu aller retrouver ce petit garçon dans la bassine, humilié devant ses frères et sœurs, et leur dire TOUT ce qui lui tenait à coeur et surtout dire à la maman combien il était en colère et déçu d’elle d’avoir agi de la sorte avec lui.
L’étape suivante a été de redonner une nouvelle compréhension à cet épisode du film de sa vie imprimé dans sa mémoire émotionnelle pour pardonner et se libérer de ce poids devenu si lourd à porter aujourd’hui…

Depuis quelques jours monsieur E. accepte de se laisser laver par les soignantes qui, sensibilisées à cette blessure ancienne, sont particulièrement attentives au respect de son intégrité. C’est avec beaucoup de tact et de douceur qu’elles parviennent à lui faire prendre une douche de temps en temps… sans gouttes neuroleptiques apéritives !
Son eczéma qui s’amplifiait en période de « crise de refus » et qui, probablement était un signal du corps qui disait « ne me touchez pas », a lui aussi régressé significativement…

Voici deux exemples où la métamédecine® mise au service des souffrances émotionnelles des personnes âgées a pu soulager ces souffrances et entraîner des améliorations du comportement.

En effet, tant que l’on n’est pas conscient de ce qui crée nos souffrances, il est bien difficile de s’en libérer pour vivre en paix et en harmonie et comme dit le vieil adage « mieux vaut tard que jamais ! »

Pour conclure, on peut affirmer que la métamédecine® est un outil privilégié qui permet aux personnes âgées aussi de vivre en conscience et en harmonie.

Solange GOFFIN
Mai 2008

Clown Thérapie

Mardi 11 mars 2008

Une aventure clownesque !

Il y a quelques années, attirée par ce jeu de mot « le clown gai rit », je me suis inscrite à un atelier de clown-thérapie.
Il s’agissait d’un stage résidentiel d’une semaine en juillet, dans un cloître près de Malmédy.

L’idée d’apprendre de nouvelles « méthodes » relationnelles me séduisait beaucoup.
D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours eu une réputation de clown et mes punitions scolaires étaient très souvent motivées par le fait que je « faisais le clown » en classe !
Quelques décennies plus tard, mon tempérament clownesque n’ayant pas beaucoup changé ce stage était pour moi une aubaine : j’allais enfin pouvoir faire le clown dans ma vie professionnelle de manière autorisée !

Dés mon arrivée au cloître, un vendredi soir, tout me semblait gris : il pleuvait, le bâtiment me paraissait austère et les chambrettes peu accueillantes. De plus j’étais rongée par une grosse culpabilité d’avoir abandonné pour une semaine, mari, enfants, maison et boulot !

Après un maigre repas, le groupe de personnes inscrites au stage s’est retrouvé dans la chapelle aménagée en salle de travail.
Assis en cercle sur des petits tapis ronds, chaque personne était invitée à se présenter, expliquer ses motivations à sa venue au stage et « déposer » au groupe ce qu’elle souhaitait… C’est après deux heures de présentations, de partages et de dépôts d’émotions diverses, que j’ai vraiment pris conscience que j’avais des ischions, je ne pensais qu’à cela !

Tout cela me semblait étrange, moi qui était venue pour apprendre de « nouvelles méthodes » je ne comprenais pas très bien pourquoi il fallait tant parler de soi!
Il m’intéressait surtout de savoir quel « certificat », « attestation », voir « diplôme » me serait remis en fin de stage et comment étaient organisées les « évaluations »… Est-ce que j’allais pouvoir faire le clown dans mon service dès la semaine suivante ?
En effet, en tant qu’infirmière responsable habituée à tout bien gérer, j’avais déjà programmé d’aller m’acheter un beau costume bariolé !
Il ne m’importait guère de « déposer » quoi que ce soit, puisque je n’avais pas de problème, mais bien de connaître le QQCQ de ce groupe particulier (entendez : Qui fait Quoi ? Comment ? Quand ?)
Excédée par toutes les larmes, les colères, et les dépôts de misères des autres participants, j’ai demandé au thérapeute de me dire clairement quelles seraient les nouvelles compétences que je pourrais appliquer dès la fin du stage ?
Et là avec beaucoup d’empathie et de respect j’ai reçu ma première douche froide en entend le thérapeute me répondre gentiment: « ici, il n’y a pas de « méthodes », « de recettes », de « compétences » ni de « savoir-faire » ou encore de « techniques » il y a juste à apprendre à « être » ! « Accueillir ce qui vient, comme ça devient, laisser l’effet se faire » ! Trop perturbée que pour bien entendre, j’avais compris : « laisser les fesses faire »… Cela me semblait vraiment trop compliqué ! Le cœur rempli de rancœur, des larmes de colère dans la voix, j’ai quand même insisté : « Oui, mais… Je ne comprends pas ! Quand est ce que je serai clown thérapeute alors, si ce n’est pas à la fin du stage ? Et le thérapeute de me répondre avec plein de compassion et de tendresse dans le regard : « Est ce que dans une dizaine d’année cela te conviendrait-il? »
C’est à ce moment très précis que je n’ai plus eu besoin de mots pour déposer moi aussi mes larmes, ma tristesse si profondément enfouie, que j’étais étonnée d’en avoir en moi ! Moi, si forte, sachant toujours tout gérer, tout diriger, dominer…j’étais là, assise par terre sur un petit tapis rouge pleurant je ne savais même pas pourquoi ! Deux heures seulement s’étaient écoulées et en reprenant conscience que j’étais venue pour une semaine, une incroyable envie de fuir m’envahissait !

Une semaine plus tard, j’ai échangé mon nez rosé (névrosé) contre un beau nez rouge ! Quelle aventure jusqu’à ce nouveau nez ! Rentrée chez moi, je ne pouvais que sourire lorsqu’on me demandait «Et alors, quand est ce que tu nous fais le clown ? »

Quelques années plus tard….
Comme « je n’avais pas de problème ni de « misères » à déposer », j’ai juste fait deux années de groupe régulier de clown thérapies, un cursus complet de formation au Clown Relationnel®, quelques séminaires et autres stages intensifs !

L’approche Clown relationnel® est un mode de relation qui s’inscrit dans le courant de l’Art thérapie et des soins relationnels, il s’agit d’un art de la rencontre. Un art à la fois simple et complexe, car une fois encore sans recette, abécédaire, méthode ou technique. Il n’existe aucun mode d’emploi, tout se vit dans l’instant, dans la sensation.

Etre clown…

Clown | thérapie | Solange Goffin

Se mettre « en état d’être clown » c’est s’ouvrir pleinement aux émotions dans la sensation, les amplifier et les partager pour trouver la porte d’entrée de l’Etre essentiel de l’autre.
Le clown, avec le plus petit masque du monde va oser les rires, les pleurs, les colères, les peurs au-delà des tabous, des conventions et des règles.
Il va se laisser « toucher » et laisser grandir l’état émotionnel du moment avec ce qui vient comme il vient et comme il devient.
Cette rencontre relationnelle se fait sans projet, c’est le principe de la non productivité, on n’attend aucun résultat, rien n’est programmé. L’autre sera sujet et non l’objet d’un projet ou encore d’une technique.

Aujourd’hui, si je ne devais retenir qu’une leçon de cette merveilleuse expérience ce serait : la conscience de la différence entre « faire le clown » et « être clown ». C’est cet apprentissage qui m’a rendu « vivante » présente à moi et à mes sensations. Cà n’est qu’à cette condition, de présence à moi dans l’instant, que je peux me rendre disponible à l’autre dans la relation.

Je remercie Christian Moffart* et Françoise Camus* d’avoir créé cette approche relationnelle singulière et humanisante.
Grâce à cette approche, nombreux soignants devenus apaisés sont à leur tour apaisants et vivifiants dans leur accompagnement de soins. Preuve en est que l’on ne fait pas l’économie de s’occuper de soi pour pouvoir s’occuper de l’autre !

Solange Goffin.

*Christian Moffart et *Françoise Camus sont les créateurs liégeois de l’Institut du Clown Relationnel® et de la Clown Thérapie.
Avenue des Cotteaux, 94 à 4000 Liège

L’aromathérapie | une vieille histoire naturelle…

Dimanche 2 mars 2008

L’histoire de la cohabitation des antilopes et des acacias est assez interpellante. Pour protéger des antilopes de leurs prédateurs, les scientifiques leur avaient créé une réserve naturelle entourée d’une clôture. Mais au lieu de les sécuriser, ils se sont rapidement aperçus que ces antilopes « protégées » mouraient dans des circonstances assez mystérieuses. Les autopsies ont démontré que les acacias de la réserve s’étaient mis à sécréter une toxine qui tuait les antilopes qui mangeaient leurs feuilles. Ainsi, tant que leur propre survie n’était pas menacée, les acacias acceptaient de « partager » leurs feuilles avec les antilopes. Mais lorsque les clôtures réduisaient le nombre d’acacias disponibles pour réaliser un « partage » équitable, cette symbiose entre le monde végétal et le monde animal se transformait en un système de défense qui devait éliminer le compagnon co-habitant… devenu prédateur.
Cette histoire, bien réelle, nous fait prendre conscience qu’il ne faut pas trop séparer les végétaux des animaux. Mais plutôt les considérer comme faisant partie d’un ensemble naturel ou comme une symbiose d’intérêts communs. C’est ainsi que l’on retrouvera chez les végétaux des remèdes pour répondre à des agressions du milieu environnant. Un des exemples les plus parlants est probablement celui des fleurs de lavande aspic qui servent d’antidote au venin des serpents que l’on trouve dans la région méditerranéenne où poussent ces fleurs au parfum si prisé. On ne s’étonnera donc pas que les fleurs de cette lavande soient aussi utilisées avec succès contre les piqûres d’insectes et les brûlures. Dans toutes les cultures, on retrouve des « remèdes » issus de la nature environnante. Notre pharmacie n’était-elle pas aussi, à ses origines, basée sur des extraits de plantes ? L’aromathérapie semble, tout comme notre bonne vieille pharmacie, remonter à la nuit des temps : en effet, les huiles essentielles étaient déjà utilisées à l’époque des pharaons.

Bien que certaines huiles soient à utiliser avec précaution et demandent dans ce cas un minimum d’information voire de formation, la grande majorité des huiles sont sans danger et d’utilisation très simple. On pourra aisément se référer aux nombreux ouvrages de vulgarisation que l’on trouve dans les librairies et les magasins spécialisés. Pour une utilisation plus précise, il existe des séminaires souvent proposés par les fabricants et fournisseurs d’huiles essentielles. Ces formations, réparties sur quelques week-end, offrent une utilisation plus pointue qui permettra de sortir des sentiers battus réservés au grand public.

Le principal avantage des huiles essentielles les plus courantes est qu’elles ne présentent pas d’effets secondaires. De plus, l’utilisation conjointe de plusieurs huiles développe une synergie qui souvent amplifie l’effet recherché - contrairement aux médicaments traditionnels.

Bien qu’en fonction de la provenance des plantes, il existe pas mal de noms aux consonances exotiques, on retrouvera souvent des plantes aux noms « bien de chez nous » déjà utilisées par nos grands-mères pour réaliser des décoctions, des cataplasmes et des tisanes. On ne sera pas étonné de retrouver de la camomille pour calmer les personnes agitées ; de la lavande et du romarin pour combattre l’anxiété ; de la mandarine, du romarin et de la camomille pour les états dépressifs ; de la mandarine et de la camomille pour les insomnies ; de la menthe poivrée, du géranium et de l’arbre à thé pour les problèmes de nez ; ou encore de la lavande pour soulager un zona ;…

Notre démarche n’est bien sûr pas de proposer le remplacement les traitements de la médecine traditionnelle. Mais l’utilisation des huiles essentielles semble démontrer qu’elles peuvent se révéler comme un complément souvent très utile dans beaucoup de traitements courants comme les grippes, les rhumes, le stress, l’anxiété, l’agitation, certaines douleurs musculaires… Et quand les symptômes de ces maladies sont détectés suffisamment tôt, on peut parfois éviter les médications traditionnelles.

Vous avez dit huile essentielle ?

L’essence volatile des plantes aromatiques est obtenue à partir d’une distillation de la partie de la plante qui contient les précieuses glandes sécrétrices (feuilles, fleurs, fruits, racines,…) : on fait passer de la vapeur d’eau (à basse pression) dans une cuve contenant les extraits de la plante. Après condensation, on recueillera l’huile qui flotte sur la partie aqueuse (appelée hydrolat). Pour recueillir toutes les molécules contenues dans la plante, il faut souvent avoir recours à une longue distillation. Car la plupart du temps, les molécules les plus bénéfiques ne passent malheureusement qu’en fin de processus. D’où l’importance dans le choix du fabriquant. Comme le temps de distillation est onéreux, si l’on achète des huiles bon marché, on risque de ne retrouver que le parfum, mais pas les précieuses molécules les plus bénéfiques. Le coût de l’huile est aussi déterminé par la quantité de matériel à récolter pour la distillation. Quand on sait qu’il faut 4 tonnes de pétales de rose (soit 1 ha de rosiers) pour produire 1 kg d’huile de rose, on comprend plus facilement le prix de certaines huiles fort recherchées !

Vers une reconnaissance scientifique ?

Des études scientifiques en cours démontrent que les huiles essentielles donnent de très bons résultats dans la guérison de nombreuses affections. Les récentes législations réglementant l’usage d’antibiotiques dans les élevages ont ouvert des portes à de nouveaux procédés de stérilisation. Et les huiles essentielles donnent des résultats parfois supérieurs aux antibiotiques traditionnels, qui, suite à la multi résistance de certains germes, commencent tout doucement à devenir inefficaces.

Les dernières techniques d’analyse chimique telles que spectrométrie de masse, chromatographie, résonance magnétique, ont permis une définition très fine du contenu des différentes huiles. On a pu ainsi répertorier les nombreuses molécules qu’elles contiennent et mieux comprendre le mode d’action des huiles. En fonction des différents constituants, on définira si une huile contient des éléments dermocaustiques, photosensibilisants, toxiques, etc.
En 1975, Pierre FRANCHOMME a développé la notion d’huile essentielle chémotypée, afin de définir précisément la nature des sous-espèces et des variétés des plantes aromatiques en fonction de leurs différents constituants. Pour une même espèce de plante, on retrouvera ainsi différents chémotypes en fonction de sa localisation géographique et donc du terrain sur lequel pousse cette plante. On différentiera par exemple sur le flacon : le thym vulgaire CT linalol du thym vulgaire CT géraniol ou encore du thym vulgaire CT thymol (CT signifiant chémotype).
Le chimiste et le biologiste y retrouveront facilement les différents constituants : les phénols, très utiles dans les maladies infectieuses (bactériennes, virales et parasitaires) ; les esters, comme calmants, sédatifs et anti-inflammatoires ; les terpènes, comme molécules décongestionnantes et expectorantes ; les lactones comme molécules cholérétiques ; etc.

Faciles à utiliser ?

Les huiles essentielles peuvent être appliquées directement sur la peau, en massant la partie concernée ou l’endroit le mieux approprié pour sa diffusion dans le corps. Le massage de certains points ou de certains méridiens d’acupuncture permet parfois d’amplifier leur mode d’action. Toutefois, on veillera à toujours vérifier si l’huile peut être appliquée pure ou si elle doit préalablement être diluée dans une huile végétale appropriée. On évitera un contact direct avec les muqueuses et les yeux.
On peut aussi profiter des huiles essentielles dans le bain. Il faudra dans ce cas toujours utiliser un produit dispersant – c’est bien connu, l’eau et l’huile ne se mélangent pas ! Bien qu’il existe des produits commercialisés à cet effet, il est possible d’utiliser du jus de citron ou des sels de mer.
Les huiles peuvent aussi être dispersées dans l’air ambiant au moyen d’un diffuseur. Cette méthode est souvent utilisée en prévention et donne de très bons résultats pour éviter le stress, l’anxiété, l’insomnie,… Elle est particulièrement efficace dans le traitement des affections ORL. On veillera à n’utiliser que des diffuseurs basés sur un système de pompe. Ces types de diffuseurs (qui présentent malheureusement un léger bruit) offrent l’avantage de ne pas dénaturer les molécules aromatiques – contrairement aux procédés de diffusion basés sur la chaleur. Toutefois, il semble que l’encens ne perde pas de ses propriétés s’il est chauffé car l’utilisation idéale de cette huile est d’en verser quelques gouttes sur des braises incandescentes.

L’art-Oma-Thérapie dans la relation à la personne âgée…

De fréquentes réflexions « d’inappétence» des personnes âgées telles que : « La nourriture n’a pas de goût… » ; « Je n’ai plus de goût à rien… » ; « Tout me semble fade… » ; « Il me manque du sel dans ma vie… » ; « J’ai tout perdu, jusqu’au goût du pain… » nous montrent bien l’importance de nos sens.
La notion de goût et de dégoût par les odeurs a également toute son importance, depuis ces armoires imbibées de naphtaline jusqu’à l’arrosage d’eau de Cologne lors des soins d’hygiène… Mais aussi les odeurs que produisent les maladies (escarres, plaies…) ou encore les odeurs produites par les personnes elles-mêmes (éructations, gaz…). On l’a compris, les odeurs occupent une place importante et naturelle dans la communication et la relation à l’autre !
De la naissance à la mort, l’homme est capable de « fixer et conserver » ce qu’il SENT : sensations tactiles, auditives, olfactives, gustatives…. Et ce qu’il RESSENT : émotions : joie, douleur, tristesse, colère, amour. Et ce, jusqu’à son dernier souffle.
C’est en revenant au corps et à ses sensations que nous pouvons toucher aux racines même de l’être et de sa mémoire dont l’absence de sens enlèverait tout sens à la vie.

Une odeur peut déclencher une émotion sans que nous ayons conceptualisé quoi que ce soit. Ce mécanisme classique est très bien illustré par « la madeleine de Proust » où Marcel Proust, après avoir trempé une madeleine dans son thé, est ramené par cette dégustation au souvenir de sa tante Léonie… Ce qui lui aurait valu quelques chapitres de son œuvre «A la recherche du temps perdu ».

Si l’utilisation des huiles essentielles dans nos soins relationnels aux personnes âgées ne requiert pas de « compétences de soignants » particulières elles demandent néanmoins une certaine rigueur dans leur utilisation.

En effet, en plus de l’aspect stimulations olfactives dans un but d’atelier de réminiscence ou en thérapie Snoezelen qui apporte confort et réconfort psychologique, les huiles essentielles peuvent revêtir des aspects plus « thérapeutiques » à manipuler avec prudence et donc connaissance.

Certaines associations d’huiles essentielles ont aussi toute leur importance en soins palliatifs et en fin de vie. On pourra les associer dans les thérapies de massage et ainsi faciliter le « passage ».

En maison de repos, la diffusion d’huiles essentielles dans l’air ambiant peut offrir certains avantages : on peut ainsi créer en fonction des besoins, une ambiance relaxante ou calmante (à base de produits naturels et non agressifs), tout en éliminant les mauvaises odeurs que nous essayons trop souvent de camoufler avec des produits chimiques de synthèse.

Depuis la nuit des temps, soigner est un ensemble de gestes et d’attitudes posées qui apaisent, accompagnent, assistent en offrant spontanément ce qui nous semble faire du bien à l’autre : souffler sur une brûlure, frotter l’endroit douloureux, sécher une larme, éponger un front en sueur, masser un ventre tendu… Autant d’attitudes que l’on a en nous sans être soignant « qualifié », car soigner reste le premier art de la vie : être attentif au soucis de l’autre et lui apporter confort et réconfort.

P. BOTTE et S. GOFFIN

L’alimentation « émotionnelle » de la personne âgée par l’approche snoezelen

Dimanche 2 mars 2008

Lors de notre balade dans l’univers diététique ( le mot diététique qui vient du grec « diaïta » qui signifie « art de vivre »), nous avons tenté d’apporter des réponses à plusieurs questions. Nous nous sommes demandés pourquoi certaines personnes âgées refusent de manger, ensuite, lorsqu’elles mangent, comment équilibrer leur alimentation et lorsqu’elles sont au régime, comment gérer cette alimentation particulière. Enfin, la prise en charge spécifique du patient dément au sein d’une structure « cantous » nous a fait découvrir qu’il existe, au-delà du plateau repas traditionnel, une autre prise en charge du patient désorienté.Je crois aujourd’hui profondément que le patient âgé a aussi besoin de se nourrir émotionnellement. C’est la raison pour laquelle je propose ici quelques pistes pour une diététique de l’émotion qui permet au patient âgé de vivre dans une institution sans être déconnecté de ses sensations, de sa mémoire. C’est, à mon sens, en développant cette diététique particulière que l’on évitera les pièges de l’insidieuse maltraitance dont sont parfois la proie les institutions de soins.

De même, chez les résidents désorientés, la communication verbale n’existe plus ou est, la plupart du temps, très pauvre. Ces patients ont d’autant plus besoin de s’exprimer par le langage du corps à travers des moments de perception et de relation de vie authentique.

Dans notre maison de repos, nous avons organisé différents espaces et activités de soins destinés à nourrir émotionnellement nos résidents. Nous nous sommes appuyés pour cela sur les techniques du snoezelen.

Le terme « snoezelen » est la contraction de deux mots néerlandais : « snuffelen » qui signifie renifler et « doezelen » voulant dire somnoler. Ces mots suggèrent un état de langueur et une sensation de bien-être.

Au départ, le snoezelen était une technique d’approche de la personne handicapée mentale. Le concept s’est aujourd’hui étendu : il s’adresse aux personnes démentes et en traitement psychiatrique.

Chez nous, il est proposé à tous les résidents qui le souhaitent mais plus particulièrement aux patients en perte d’autonomie verbale.

1. Le local snoezelen

L’activité « snoezelen » est individuelle et proposée par une animatrice formée en snoezelen-thérapie. Les séances se pratiquent dans un local ou un espace aménagé de divers objets et instruments pouvant stimuler la vue, l’odorat, le goût, le toucher, l’ouïe. Il règne une atmosphère de détente apportée par de la musique douce et un éclairage tamisé.

Voici comment se présente le local snoezelen au sein de notre maison de repos.

La pièce de petites dimensions est meublée d’un fauteuil relax très moelleux, au dossier duquel des enceintes acoustiques orientent la musique le plus près possible des oreilles du résident.

Le local est peint en blanc. Une boule à facettes (type discothèque) dépose sur les murs et le plafond de petites bulles mouvantes. Des étoiles fluorescentes donnent au local une atmosphère presque céleste et féerique.
De plus, une colonne à bulles à variations de couleurs ainsi que des jeux de lumières d’intensité et de couleurs différentes permettent de stimuler la vue.

Différents panneaux tactiles réalisés à l’ergothérapie par les résidents, quelques peluches traînant cà et là, des sacs de noix, d’ouate, de graines…stimulent le toucher tandis qu’une collection importante de senteurs (lavande, vanille, cannelle, mais aussi poivre, ail, oignon, eau de javel, savon de Marseille) ..titilleront l’odorat.

Un pédiluve, des huiles essentielles, des laits de massage corporel permettent un toucher relationnel invitant au bien-être et à la redécouverte du schéma corporel.

Devant les résultats obtenus par ce local snoezelen, nous avons décidé d’adopter ces mêmes principes dans un espace ouvert.

2. L’espace snoezelen ouvert

Au-delà du local snoezelen , nous avons créé au sein du cantous un espace snoezelen ouvert et libre d’accès à tout moment, de façon autonome ou accompagnée, par les résidents qui déambulent en quête de « perceptions »… Il s’agit ici d’un bout de couloir aménagé en parcours de découvertes tactiles. Le patient traverse des rideaux de portes de différentes textures colorées (fleurs en tissu, en papier, perles en plastique, en bois, décors en bouchons…). Au cours de sa promenade, il peut effleurer sur les murs, à hauteur de mains, des panneaux sensoriels amovibles (papier émeri, éponge, paille en plastique, capsules de bouteilles en métal, ouate…). L’espace débouche sur une « coiffeuse » avec un grand miroir, où le patient peut essayer des chapeaux, des écharpes, des gants, des bijoux, des perruques, du maquillage, emprunter une sacoche, un cabat, une poupée…Emerveillement des souvenirs d’enfance…

3. La pièce d’eau « snoezelen »

Après la réalisation du local et de l’espace ouvert « snoezelen »nous avons transformé la salle de bains en pièce d’eau « snoezelen »…

La décoration a été repensée pour que le bain soit davantage un moment de détente et de bien-être : la pièce a été divisée en deux par un rideau au décor marin, qui isole ainsi l’espace bain de la porte d’entrée.
La baignoire est équipée d’un bain à bulles permettant des massages de différentes intensités à différents endroits du corps. Une chaîne hifi diffuse une musique de fond tout en douceur tandis que des projecteurs à bain d’huiles répandent leurs décors psychédéliques sur les carrelages blancs.
Des petites colonnes d’eau garnies de poissons multicolores encadrent la baignoire. La lumière du jour est filtrée par un jeu de superposition de voilages aux couleurs tendres.
Dans ce local on jouera plus particulièrement avec les senteurs : huiles parfumées, encens d’ambiance…

4. La formation du personnel à l’esprit snoezelen

Très vite, nous nous sommes rendu compte qu’il était important de sensibiliser l’ensemble du personnel à « la philosophie snoezelen » afin que chacun puisse l’appliquer dans son travail de chaque instant.
Il est clair que dans cette perspective de nombreuses situations doivent être revisitées. Par exemple, les frictions de siège étaient effectuées de façon vigoureuse toujours dans le même sens, avec une méthode et une énergie sans faille. Aujourd’hui, on massera les fesses en douceur et on profitera de ce moment pour allonger le massage par un effleurement des lombes, si bienvenu chez les patients courbatus.

Les frictions de talons seront, elles aussi, étendues au pied tout entier et plus particulièrement aux orteils, qui, s’ils n’ont pas besoin d’être frictionnés ont surtout besoin d’être relaxés….

Le massage des mains et du visage aura un effet anxiolytique chez les personnes insomniaques.
Des attitudes de soins telles que faire humer l’eau de Cologne avant de la répandre dans le dos, faire apprécier la douceur du savon sur la peau, le ruissellement de l’eau chaude sur les jambes, masser un peu le cuir chevelu avec la pulpe des doigts au cours du coiffage, permettent d’avoir une relation plus proche avec le patient que l’on soigne.

Au moment du repas, la règle des trois petits tas respectée pour les régimes mixés (séparer viande, légumes, pommes de terre), chaque instant peut devenir un moment de découverte avec le patient: c’est chaud : c’est le potage, c’est froid : c’est le dessert, c’est sucré, c’est salé, c’est doux, c’est fibreux….ce sont autant de sensations à re-découvrir qu’il y a d’aliments, autant d’occasions de travailler sur la réminiscence.
Appliquer le finger-food aux patients qui en ressentent le besoin rendra confiance et revalorisation.

Dans la même perspective, il est aussi important d’enseigner au personnel comment faire pour rester en empathie avec les patients, en gardant parfois simplement le « contact regard », un contact de vérité, d’amour, un contact que l’on donne sans projet, sans rien attendre en retour.

Nous demandons à notre personnel (infirmières | aides soignantes…) de ne jamais oublier que, au delà du savoir et du savoir- faire, il y a surtout le savoir- être que chacun doit développer et valoriser dans sa relation à l’autre et à la personne âgée en particulier.

Je profite de cet espace qui m’est donné pour souhaiter mes vœux les plus chaleureux à tous les collègues gestionnaires, et surtout que l’année nouvelle apporte à chacun « un peu de temps pour soi…. »

Solange GOFFIN